Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 97 из 97

– Votre amie! s’écria le roi en tressaillant.

Juliette sentit que le moment dangereux, la période aiguë était arrivée. Comme le duelliste au moment où, ayant battu le fer de son adversaire, il va se fendre à fond, elle prépara tout ce qu’elle avait de force, de sang-froid et de hardiesse dans sa pensée, dans ses attitudes, dans son regard, dans le son de sa voix.

– C’est mon amie, dit-elle sourdement, et voyez s’il faut que je vous aime pour avoir trahi une amie aussi parfaite que Mme d’Étioles… une amie pour qui je do

Ces éloges de la comtesse du Barry à Mme d’Étioles étaient un prodige d’habileté.

Le roi fut doucement ému.

Juliette pleurait maintenant… Et ses larmes la rendaient plus belle encore…

– Je l’ai trahie, reprit-elle, puisque je co

– Vous êtes venue la voir?…

– Oui, Sire!…

– Ici?… Dans cette maison?…

– Oui, Sire!… Elle m’a fait prévenir de l’endroit où elle se trouvait. Je suis accourue. J’ai su l’histoire du carrosse devant la porte de la cartomancie

Et le roi éprouva un vague malaise, un mécontentement contre Jea

– Alors, continua Juliette, quand j’ai su que le roi devait venir ici tôt ou tard, je me suis décidée… mais, je l’avoue à Votre Majesté, jamais je n’eusse osé aller jusqu’au bout, si Jea

Elle s’arrêta, palpitante…

– Eh bien! que vous a-t-elle dit? fit le roi avec une sorte d’impatience, mais en notant toutefois tout ce qu’il y avait de logique, de naturel et de vraisemblable dans le récit de Juliette.

– Elle m’a dit, Sire, que jamais elle ne consentirait à être à Votre Majesté!

Le roi eut un mauvais rire sous lequel il dissimula son dépit.

– Son amour, ajouta Juliette, est trop idéal. Elle veut aimer le roi, mais non lui appartenir… Et puis… peut-être son amour est-il balancé par un sentiment… oh! de simple pitié… qu’elle a pour un pauvre officier… que je ne co

– Mais je le co

– Sire! je n’ai pas dit cela!…

– Oui, mais moi, je le devine!… Passez, madame… continuez… votre récit est plein de charme et d’attrait…

– Que vous dirai-je, Sire! Peut-être mon amour, à moi, est-il moins idéal!… mais je voulais co

– Vous ne mourrez pas! C’est moi qui vous le jure!

Juliette contint la joie furieuse qui montait en elle: ce cri du roi, elle le comprit, c’était la condamnation de Jea

– Sire, reprit-elle alors, Mme d’Étioles m’a dit hier qu’elle comptait retourner à Paris pour quelques jours… En vain lui ai-je objecté – et je faisais un dur sacrifice en lui parlant ainsi – que Votre Majesté viendrait peut-être!… Elle m’a répondu que le roi ne viendrait pas tant qu’elle ne l’appellerait pas!…

– C’est, pardieu, vrai! J’étais un niais!

– Oh! Sire!… Ce n’est pas là ce que pensait ma pauvre amie, je vous le jure!

– Votre amie!… Une intrigante!…

– Non, Sire! non! Une femme qui a sa manière d’aimer, voilà tout!… Et puis, elle a ajouté qu’elle devait absolument voir quelques perso

– Quelques perso

– Je ne sais, Sire!… Toujours est-il que la folie s’est emparé de moi! J’ai guetté le départ de Jea

Nouvelle circonstance qui prouvait au roi la rigoureuse véracité de ce récit!

– Suzon ne voulait pas, mais je lui ai dit que Mme d’Étioles lui en do

À ces mots, Juliette éclata en sanglots…

– Ne pleurez pas, murmura le roi.

– Hélas! Sire… comment ne pas pleurer!… Ah! je vous jure… ce n’est pas la vie que je regrette.

– Et que regrettez-vous donc? fit Louis en enlaçant Juliette de son bras.

– Votre amour!…

– Eh bien… ne regrettez rien… car…

– Sire!… oh! mon Dieu… Louis!… prenez garde!…

– Car je vous aime!… acheva Louis XV.

Juliette se renversa dans ses bras, comme si elle eût été presque mourante… comme si elle n’eût pu supporter l’excès de son bonheur… [1]

[1] L’épisode qui termine ce récit a pour titre LE RIVAL DU ROI (LA MARQUISE DE POMPADOUR Tome II).


Понравилась книга?

Поделитесь впечатлением

Скачать книгу в формате:

Поделиться: