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– Comte du Barry, écuyer servant de Sa Majesté.

– Et moi, chevalier d’Assas, cornette au régiment d’Auvergne, en congé régulier, se rendant à Paris, rue Saint-Honoré, à l’enseigne des Trois-Dauphins, où il sera demain et les jours suivants pour y attendre d’être pourfendu par monsieur le comte du Barry!

– C’est bon, chevalier d’Assas! Vous n’attendrez pas longtemps! bégaya le chasseur, ivre de rage. Et vous, madame, vous aurez de mes nouvelles!

– Ce me sera grand ho

Le comte esquissa un geste de menace, tourna bride, et, à fond de train, s’enfonça dans le sous-bois, vers le son des cors…

Pendant cette algarade, le chemineau poudreux, l’homme qui avait dit s’appeler François Damiens, s’était écarté sous une hêtraie. Là, il s’arrêtait, contemplant de loin la jeune fille en rose, et murmurait encore:

– Qu’elle est belle!…

Le chevalier d’Assas mit pied à terre et s’inclina devant Jea

– Madame, dit-il, je vous supplie de faire état de moi; quoi qu’il advie

Et comme il se redressait, il demeura frappé d’admiration, comme si, à cet instant seulement, il eût bien vu quelle adorable créature se trouvait devant lui.

Il fut troublé jusqu’au fond de l’être, et son jeune cœur se mit à battre plus fort.

Et il semblait qu’un génial artiste les eût ainsi campés l’un devant l’autre, si beaux tous les deux, si parfaitement gracieux, pareils à deux biscuits de Saxe, se souriant et s’admirant, lui enivré, elle ingénument coquette, doucement remuée par ce naïf et pur hommage d’un amour qui éclatait avec la fougue imprévue, foudroyante, irrésistible des grandes passions.

Promptement, elle se remit et gazouilla:

– Ah! chevalier… comment vous remercier?…

– Je suis trop remercié, madame… Bénie à jamais est cette minute où je vous ai vue…

– Vous ne vous battrez pas… dites… oh! dites…

– Ah! madame, que me demandez-vous là!… Dussé-je affronter mille morts…

– Oh! si vous alliez être blessé!… Blessé pour moi!…

Et il y avait plus de curiosité gentille que de réelle inquiétude dans son regard pur et moqueur. Mais lui, ah! lui tremblait légèrement. Il était pâle. Des choses inco

Sincère?… Ah! certes. Sincère jusqu’au plus secret de ses fibres!…

Quoi!… Une passion si rapide!… Le savait-il, seulement! Savait-il ce qui se passait dans son âme ardente, fougueuse, prompte à se do

Il bégaya, mesurant à peine ce qu’il disait, éto

– Blessé pour vous!… Que serait une blessure quand mon rêve maintenant sera de mourir pour vous, avec l’intense volupté de savoir… ou d’espérer… que peut-être vous me pleurerez!…

– Taisez-vous! oh! taisez-vous! sourit-elle, émue pourtant…

– Me taire! Lorsqu’une céleste harmonie monte à mes lèvres, lorsque tout chante en moi, que ma tête s’embrase… Oh! pardo

– Taisez-vous, reprit-elle rapidement. Voici qu’on vient… Écoutez, chevalier… nous demeurons, ma mère et moi, à Paris, rue des Bons-Enfants, en face l’hôtel d’Argenson. Et maintenant, partez, de grâce, partez!…

Elle tendit sa main gantée de blanc. Le chevalier la saisit, appuya ses lèvres sur le bout des doigts effilés, et la sensation de ce baiser fut une sensation de vertige.

Lorsqu’il se redressa, il vit Jea

Alors il sauta en selle et rendant la main, bouleversé par l’immense et soudain événement qui venait de se produire dans sa vie, – divin bonheur… ou suprême catastrophe! – il se rua dans un galop insensé, avec l’envie folle de crier, de pleurer, de rire, de chanter…

Jea

Mais les lauriers du bois, les lairons-nous faner?

Non, chacun à son tour ira les ramasser.

De plus en plus le son du cor se rapprochait de l’étang moiré par les brises qui courbaient doucement les roseaux.

Des galops retentissaient sous bois.

Des chevreuils, des faons, des biches s’enfuyaient effarés…

Si la cigale y dort, ne faut pas la blesser;

Le chant du rossignol la viendra réveiller…

Sautez, dansez, embrassez

Celui que vous aimez…

Brusquement, Jea

– Embrassez qui vous aimez! murmura-t-elle. Hélas! où est-il celui que j’aime? Où est le Prince charmant qu’attend mon âme priso

– La chasse! Voici la chasse! cria à ce moment la matrone au teint couperosé… Jea

Et s’adressant à la femme frêle et blonde qui l’accompagnait, à voix basse et rapide:

– Retirons-nous un peu, chère madame du Hausset. Pour ce qui va peut-être se passer ici, nous serions de trop…

– Que va-t-il donc se passer, chère madame Poisson?…

«Madame Poisson» jeta un regard trouble sur sa compagne. Et elle murmura:

– Rien… non, rien… Ne nous montrons pas… attendons… espérons!… Voici la chasse du roi!

Jea

La clairière s’emplissait du bruit des cors so

Et le dix cors, noblement, la tête haute, fendait les eaux…

La foule des chasseurs, maintenant, cernait l’étang; grands seigneurs sanglés, ceinturo

Toute pâlie, Jea

Oh! la pauvre bête! la pauvre bête!…

Le noble dix cors venait droit sur elle, nageant avec une indéfinissable dignité, franchissait la ceinture de roseaux, sortait enfin de l’eau, faisait quelques pas, et s’arrêtait près de Jea

Une poignante tristesse voila les yeux du cerf… Et de ces yeux, deux grosses larmes coulèrent lentement…

– Oh! la pauvre bête! la pauvre bête! balbutiait Jea

Les chasseurs, les cors, les chiens, tout se taisait… C’était la minute sole

– Dampierre, dit une voix, l’hallali!… Du Barry, vous servirez la bête…

Jea

Servir la bête!… c’est-à-dire la tuer au couteau!… Oh! non!… non! Elle ne pourrait voir cette chose affreuse…

– Ah! monsieur, grâce pour lui… ne le tuez pas, monsieur… s’écria-t-elle, toute palpitante d’émoi.

Et comme elle levait les yeux vers le grand seigneur, elle se recula soudain, très pâle, porta la main à son cœur, et, défaillante, murmura:

– Le roi!… le roi!…

En un clin d’œil, Louis XV sauta à bas de son cheval, saisit dans ses bras la jeune fille, en s’écriant:

– Par le ciel! cette jolie enfant s’évanouit.

Jea

– Dansez… sautez… embrassez qui vous… aimez!… Il est venu… celui que j’aime… le prince Charmant… de mon âme priso