Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 98 из 102

Mais il comprenait que sur ce seul indice, des diamants introuvables, il ne pouvait s’abando

Heureusement, il pouvait sans peine se procurer d’autres preuves.

Pour commencer, il appela son valet de chambre et lui enjoignit de ne remettre qu’à lui seul, le maître, toutes les lettres qui arriveraient à la maison.

Puis il adressa à un notaire de Saint-Rémy, son correspondant, une dépêche télégraphique détaillée, par laquelle il demandait d’exacts renseignements sur la famille de Lagors et de Raoul en particulier.

Enfin, se conformant aux conseils de la dénonciation anonyme, il courut à la préfecture de police, espérant y trouver une biographie de Clameran.

Mais la police, c’est un bonheur pour beaucoup de gens, est discrète comme la tombe même. Ses secrets, elle les garde pour elle seule, comme un avare garde son trésor. Il faut une injonction du parquet pour faire parler les terribles cartons verts qu’elle garde au fond d’une galerie cadenassée comme un coffre-fort.

On demanda poliment à M. Fauvel quelles raisons le poussaient à s’informer du passé d’un citoyen français; et comme il ne pouvait les déduire, on l’engagea à s’adresser au procureur impérial.

Cette insinuation, il ne pouvait l’accepter. Il avait juré que le secret de ses infortunes resterait entre les trois intéressés. Mortellement offensé, il voulait être le seul juge et l’exécuteur.

Il rentra chez lui plus irrité qu’à son départ, et il trouva la dépêche de Saint-Rémy répondant à la sie

La famille de Lagors, lui disait-on, comme on l’avait dit à M. Verduret, est dans la dernière des détresses, et perso

Cette révélation, c’était la dernière goutte d’eau qui fait verser la coupe. Le banquier pensa qu’il lui était do

– La misérable! s’écria-t-il, fou de douleur et de rage, la misérable! Pour voir plus librement son amant, pour ne jamais le perdre de vue, elle a osé me le présenter sous le nom d’un neveu qui n’a jamais existé. Elle a eu l’inconcevable impudeur de lui ouvrir ma maison, de le faire asseoir au foyer conjugal entre moi et nos fils. Et moi, ho

Il se représentait alors Raoul et sa femme, s’égayant, à leurs rendez-vous, de sa débo

La mort! Il ne voyait que la mort pour punir de telles injures. Mais l’intensité même de son ressentiment lui do

À mon tour de tromper les misérables, se disait-il avec une affreuse satisfaction.

Il fut ce soir-là ce qu’il était toujours. Au dîner, il plaisanta. Seulement lorsque, sur les neuf heures, il vit entrer Clameran, il s’enfuit, craignant de ne pouvoir se contenir, et il ne rentra que très avant dans la nuit.

Le lendemain, il recueillit le fruit de sa prudence.

Parmi les lettres qu’à la distribution de midi lui apporta son valet de chambre, il s’en trouva une qui portait le timbre du Vésinet.

Avec d’infinies précautions, il rompit le cachet et il lut:

Chère tante,

Il est indispensable que je te voie aujourd’hui même, et je t’attends. Je te dirai quelles raisons m’empêchent d’aller chez toi.

Raoul

– Je les tiens donc! s’écria M. Fauvel, frémissant de la joie de la vengeance satisfaite.

Il se croyait si bien vengé, qu’ouvrant un des tiroirs de son bureau, il en tira un revolver dont il fit jouer la batterie.

Certes, il se croyait seul, et cependant il avait un témoin de ses moindres gestes. L’œil collé à la serrure, Nina Gypsy, de retour du Grand-Archange, observait, et les gestes du banquier lui révélaient la vérité.

M. Fauvel avait déposé son revolver sur la cheminée, et il s’occupait à rajuster le cachet de la lettre. L’opération terminée, il sortit pour aller la reporter au concierge, ne voulant pas que sa femme sût que la missive de Raoul avait passé par ses mains.

Il ne fut guère absent que deux minutes, mais, inspirée par l’imminence du danger, Gypsy eut le temps d’entrer dans le cabinet, de courir à la cheminée et d’enlever les balles du revolver.

Ainsi, pensait-elle, le péril du premier moment est conjuré, et M. Verduret, que je vais faire prévenir de ce qui se passe, par Cavaillon, aura peut-être le temps d’aviser.

Elle descendit en effet et alla do

Une heure plus tard, Mme Fauvel s’étant habillée, demanda sa voiture et sortit.

M. Fauvel, qui avait, d’avance, envoyé chercher un remise, s’élança sur ses traces.

Mon Dieu!… pensa Nina, si monsieur Verduret n’arrive pas à temps, madame Fauvel et Raoul sont perdus.

24

Le jour où le marquis de Clameran n’avait plus aperçu entre Madeleine et lui d’autre obstacle que Raoul de Lagors, il s’était bien juré qu’il supprimerait l’obstacle.

Le lendemain même, ses mesures étaient prises, et Raoul, en rentrant chez lui, au Vésinet, à pied, après minuit, fut assailli, au détour du petit chemin de la gare, par trois individus qui voulaient absolument, disaient-ils, voir l’heure à sa montre.

D’une force prodigieuse sous ses apparences sveltes, agile, rompu aux exercices du «chausson français» et de la boxe anglaise, Raoul parvint à se débarrasser de ses agresseurs, sans autre dommage qu’une forte égratignure au bras gauche.

Tiré d’affaire, il se promit que désormais il prendrait ses précautions, et que lui, qui jusqu’alors n’avait pas cru aux arrestations nocturnes, serait toujours armé quand il rentrerait.

L’idée, d’ailleurs, ne lui vint pas de soupço

Mais deux jours plus tard, au café qu’il fréquentait, un grand diable d’individu qu’il ne co

Raoul avait voulu se précipiter sur l’insolent et le châtier de main de maître, ses amis l’avaient retenu.

– C’est bien, dit-il alors, soyez chez vous demain matin, monsieur, je vous adresserai deux de mes amis.

Il dit cela, sur le moment, tout frémissant de colère; mais l’insulteur parti, il recouvra tout son sang-froid, réfléchit, et les doutes les plus singuliers assiégèrent son esprit.

Ayant ramassé la carte de cet individu à grandes moustaches, aux allures de bravache, il avait lu:

W. – H. – B. Jacobson

Ancien volontaire de Garibaldi

Ex-officier supérieur des armées du sud

(Italie-Amérique)

30, rue Léonie.

Oh! oh! pensa-t-il, voici un glorieux militaire qui pourrait bien avoir conquis tous ses grades dans une salle d’armes!

Raoul, qui avait beaucoup vu, avait précisément assez retenu pour savoir au juste à quoi s’en tenir sur ces honorables héros qui étalent leurs états de service sur le vélin des cartes de visite.

Ce qui ne l’empêcha pas, l’insulte ayant eu de nombreux témoins, de prier deux jeunes gens de sa société de vouloir bien se transporter le lendemain, de bon matin, chez M. Jacobson, pour régler avec lui les conditions d’une rencontre.

Il fut convenu que ces messieurs viendraient rendre compte à Raoul de l’issue de leur mission, non chez lui, au Vésinet, mais à l’hôtel du Louvre, où il se proposait de coucher.

Tout étant bien arrêté, Raoul sortit. Flairant un piège, il voulait en avoir le cœur net.

Agile et expérimenté, il se mit sur-le-champ en campagne, en quête de renseignements.

Ceux qu’il obtint, non sans quelque peine, ne furent ni brillants, ni surtout rassurants.

M. Jacobson, qui demeurait dans un hôtel de louche apparence, habité surtout par des dames de mœurs plus que légères, lui fut représenté comme un gentleman excentrique, dont l’existence paraissait un problème fort difficile à résoudre.

Il régnait despotiquement, lui apprit-on, dans une table d’hôte, sortait beaucoup, rentrait tard et ne semblait guère avoir d’autre capital que ses états de service, ses talents de société et une notable quantité d’expédients en tous genres.

Dès lors, pensa Raoul, quel but poursuit cet individu en me cherchant querelle? Quel avantage retirera-t-il d’un coup d’épée qu’il me do