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– Il faut pourtant nous expliquer, dit-il; passez dans votre bureau.

Le caissier obéit sans mot dire, presque machinalement, et son patron le suivit, prenant bien soin de refermer la porte derrière lui.

Rien dans ce bureau n’a

Le coffre-fort était ouvert, et sur la tablette supérieure on voyait un certain nombre de rouleaux d’or, oubliés ou dédaignés par les voleurs.

M. Fauvel, sans se do

– Maintenant que nous sommes seuls, Prosper, commença-t-il, n’avez-vous rien à m’apprendre?

Le caissier tressaillit, comme si cette question eût pu l’éto

– Rien, monsieur, dit-il, que je ne vous aie appris.

– Quoi! rien… Vous vous obstinez à soutenir une fable ridicule, absurde, que perso

Jamais Prosper n’avait entendu son patron s’exprimer d’une voix si douce, si paternelle. Une surprise profonde se lisait sur ses traits.

– Répondez, poursuivait M. Fauvel, n’ai-je pas toujours été pour vous comme un père? Dès le premier jour, ma maison vous a été ouverte; je voulais que ma famille fût la vôtre. Longtemps vous avez vécu comme mon fils, entre mes deux fils et ma nièce Madeleine. Mais vous vous êtes lassé de cette vie heureuse. Un jour, il y a un an de cela, vous avez commencé à nous fuir, et depuis…

Les souvenirs de ce passé évoqué par le banquier se présentaient en foule à l’esprit du malheureux caissier; peu à peu il s’attendrissait; à la fin, il fondit en larmes, cachant sa figure entre ses mains.

– On peut tout dire à son père, reprit M. André Fauvel, que l’émotion de Prosper gagnait, ne craignez rien. Un père n’offre pas le pardon, mais l’oubli. Ne sais-je pas les tentations terribles qui, dans une ville comme Paris, peuvent assaillir un jeune homme? Il est de ces convoitises qui brisent les plus solides probités. Il est des heures d’égarement et de vertige où l’on n’est plus soi, où l’on agit comme un fou, comme un forcené, sans avoir, pour ainsi dire, la conscience de ses actes. Parlez, Prosper, parlez.

– Eh! que voulez-vous que je vous dise?

– La vérité. Un homme vraiment ho

– Moi! murmura Prosper, moi!

– Pauvre enfant, dit tristement le banquier, croyez-vous donc que j’ignore votre vie, depuis un an que vous avez déserté mon foyer? Vous ne comprenez donc pas que tous vos confrères vous jalousent, qu’ils ne vous pardo

Prosper essaya un geste de protestation.

– Oui, mon ho

Le banquier s’arrêta comme s’il eût espéré un aveu qui ne vint pas.

– Allons, Prosper, du courage, un bon mouvement!… Je vais me retirer, et vous visiterez de nouveau la caisse; je parierais que, dans votre trouble, vous n’avez pas bien cherché… Ce soir, je reviendrai, et je suis sûr que dans la journée vous aurez retrouvé, sinon les trois cent cinquante mille francs, au moins la majeure partie de cette somme… et ni vous ni moi nous ne nous souviendrons demain de cette fausse alerte.

Déjà M. Fauvel s’était levé et s’avançait vers la porte; Prosper le retint par le bras.

– Votre générosité est inutile, monsieur, dit-il d’un ton amer; n’ayant rien pris, je ne puis rien rendre. J’ai bien cherché, les billets de banque ont été volés.

– Mais par qui, pauvre fou! par qui!

– Sur tout ce qu’il y a de sacré au monde, je jure que ce n’est pas par moi.

Un flot de sang empourpra le front du banquier.

– Misérable! s’écria-t-il, que voulez-vous dire? Ce serait donc par moi?

Prosper baissa la tête et ne répondit pas.

– Ah! c’est ainsi, reprit M. Fauvel, hors d’état de se contenir, vous osez!… Alors, entre vous et moi, monsieur Prosper Bertomy, la justice prononcera. Dieu m’est témoin que j’ai tout fait pour vous sauver. Ne vous en prenez qu’à vous de ce qui va arriver. J’ai fait prier le commissaire de police de vouloir bien venir jusqu’ici; il doit m’attendre dans mon cabinet; dois-je le faire prévenir?

Prosper eut ce geste d’affreuse résignation de l’homme qui s’abando

– Faites!

Le banquier était près de la porte, il l’ouvrit, et après un dernier regard jeté à son caissier, il cria à un garçon de bureau:

– Anselme, priez monsieur le commissaire de police de prendre la peine de descendre.