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En tout premier plan, grandeur nature et si proche qu'on le croirait à deux pas de la maison, il y a un sous-officier blessé, chancelant, allemand lui aussi, aveuglé par un hâtif pansement provisoire qui lui ceinture la tête d'une oreille à l'autre, souillé de rouge à l'emplacement des yeux. Du sang a d'ailleurs coulé, sous ce bandeau, sur les ailes du nez jusqu'à la moustache. Sa main droite étendue en avant de son visage, doigts écartés, semble battre l'air devant lui par crainte d'éventuels obstacles. Et pourtant une fillette blonde de treize à quatorze ans, vêtue comme une petite paysa
«C'est Walther, paraît-il, qui aurait exécuté ce truc dément, pour se distraire…
– Dans votre chambre d'enfant, il n'y avait donc pas de fenêtre?
– Si bien sûr!… qui do
Dans les lointains, sur la gauche, on aperçoit plusieurs monuments en ruine rappelant la Grèce ancie
Quant à la présence de ruines grecques signalée par le narrateur au second plan, sur les collines, elle n'était – si j'ai bo
L'évocation de mon cher Friedrich me conduit maintenant à rectifier une incompréhensible erreur (à moins qu'il ne s'agisse une fois encore d'une falsification au dessein peu clair) commise par le prétendu Henri Robin concernant la nature géologique du sol, sur les côtes allemandes de la mer Baltique. Caspar David Friedrich, en effet, a laissé d'i
Celle qui nous occupe à présent et que nous désignons dans nos messages sous le nom de code GG (ou encore 2 G) pourrait être de la pire espèce, l'irréelle légion des filles-fleurs à peine nubiles manipulées par le démon arthuro-wagnérien Klingsor. Tout en m'efforçant de la maintenir sous contrôle, je dois pour la bo
Déjà je me demande si c'est vraiment par hasard qu'elle s'est trouvée sur mon chemin. Je rôdais ce jour-là autour de la maison du père, où je n'avais pas remis les pieds depuis la capitulation. Je savais que Dany était revenu à Berlin mais logeait ailleurs, probablement dans la zone russe, de façon plus ou moins clandestine, et que Jo, sa seconde épouse dont il avait dû se séparer en 1940, venait de réinvestir les lieux avec la bénédiction des services secrets américains. Affublé de fausses moustaches et des larges lunettes noires que je porte en principe par temps trop lumineux (pour protéger mes yeux demeurés fragiles, suite à ma blessure d'octobre 44 en Transsylvanie), avec en outre un chapeau de voyage à larges bords retombant sur le front, je ne risquais pas d'être reco
Levant ensuite mes regards vers le toujours coquet pavillon familial, j'ai constaté avec surprise (comment ne pas l'avoir remarqué en arrivant?) que, juste au-dessus de la porte d'entrée avec son haut judas rectangulaire dont la vitre est protégée par de massives arabesques en fonte, la fenêtre centrale du premier étage était grande ouverte, ce qui n'avait du reste rien d'anormal par cette chaude journée d'automne. Dans l'embrasure béante se tenait un perso
Après avoir donc pris soin de vérifier un détail lexical se rapportant à d'éventuels sous-entendus dans la rédaction de l'enseigne, j'ai relevé la tête vers l'étage supérieur… L'image avait changé. Ça n'était plus ùne effigie de musée Grévin érotique dont les appas juste éclos s'exhibaient à la fenêtre, mais bien une très jeune fille parfaitement vivante qui se contorsio
La scène qui suit cette première apparition demeure, aujourd'hui encore, émouvante et tendre dans mon souvenir. C'était deux jours plus tard, à la nuit tombée. Comme je ne m'embarrassais guère de légalisme à cette époque, peu lointaine en vérité, ni même d'une quelconque sauvegarde des apparences, l'organisation de pseudo-résistants antinazis à laquelle j'appartenais alors n'étant rien d'autre – il faut l'avouer – qu'une mafia criminelle (proxénétisme, drogues frelatées, fabrication de faux documents, ranço
[12] Note 11 – L'imprévisible Guégué, pour une fois, n'invente rien et rapporte sans les déformer quelques renseignements corrects fournis par sa mère. A un détail près, cependant: je n'étais pas du tout venu sur les bords de la Sprée en permissio