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De la voûte peinte d'étoiles pendaient au bout de grosses chaînes des roues de fer piquées de cierges i

Gui de l'Isle lui apparut soudain dans un brouillard de larmes entre les candélabres de l'autel. Quand le gros évêque ouvrit les bras pour dire la messe, Novelli baissa la tête et ne voulut plus le regarder. Il resta ainsi immobile et muet tout au long du service funèbre, les poings fermés sur ses genoux, le crâne empli du chant des autres, de leurs amen profonds, et de la rumeur déferlante de leurs agenouillements. A la fin de l'office, Gui fit du cardinal un éloge lent et sonore. Il glosa hypocritement sur la piété du défunt et son amour des miséreux, s'attarda entre les phrases pour écouter to

Arnaud Novelli fut enseveli derrière le choeur, sous une dalle sans ornement, ainsi qu'il l'avait désiré. Son neveu resta agenouillé près d'elle, tandis que les gens quittaient l'église sans oser le troubler. Il était apparemment recueilli en prière. En vérité, il ne désirait parler à perso

Il sentit un manteau le frôler. C'était Gui de l'Isle. L'évêque s'accroupit près de lui, le prit par le cou et lui dit:

– Regarde qui est venu saluer ton oncle.

Il leva la tête et vit en face de lui, à l'autre bout de la dalle, le grand corps un peu voûté de Salomon d'Ondes. Novelli se dressa, tremblant, souriant, les yeux à nouveau pleins de larmes, vint vers lui, voulut lui serrer les mains. Mais quand il fut à le toucher, un grand élan le poussa et il étreignit le juif de toutes ses forces, en sanglotant:

– Soyez béni, soyez béni, vous êtes le meilleur homme qui soit au monde.

Salomon le tint aux épaules au bout de ses bras tendus, hocha la tête avec un air de grande affection triste.

– En vérité, maître Novelli, je ne sais trop pourquoi je suis là, lui dit-il. Je vous ai attendu devant la cathédrale, et ne vous voyant pas sortir, je me suis senti appelé, non point par votre Dieu, mais par un pressentiment de peine que je devais souffrir avec vous, ou tenter d'adoucir. Je n'ai rien d'autre à vous offrir que les battements de mon coeur. Je ne sais ce qu'ils valent, mais si vous voulez de moi, je veux bien m'agenouiller en votre compagnie et répéter après vous les prières que vous direz. Ainsi, me semble-t-il, doivent être les vrais amis, l'un épousant le chagrin de l'autre, quand il ne peut le consoler, et espérant avec lui des jours meilleurs.

– Ne vous do

Il lui tourna brusquement le dos et courut vers le portail ensoleillé, au fin bout de la nef. Gui de l'Isle l'appela mais il ne répondit pas et sans se retourner leva le bras pour un signe d'adieu, ou un salut au jour.

– Il est fou, dit l'évêque, pantois.

– Non, répondit Salomon d'Ondes. Il est brisé.