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Ais il va sans dire que ma mère s'en est mêlée immédiatement. Ce n’est pas que je l’eusse consultée, loin de là. J'ai même fait tout ce que j'ai pu pour la tenir dans l'ignorance de mon petit projet, pour la chasser loin de mon esprit. En vain: en un clin d'œil, elle fut là, à mes côtés, la ca

Je restai sergent.

A Olympia Hall, à Londres, où les premiers volontaires français étaient réunis, les jeunes filles et les dames de la bo

Je ne parlais pas alors un seul mot d'anglais et mes contacts avec les autochtones furent difficiles; fort heureusement, je parvenais parfois à me faire comprendre par gestes. Les Anglais gesticulent peu, mais on arrive cependant à leur faire comprendre assez bien ce qu'on veut d'eux. L'ignorance d'une langue peut même simplifier à cet égard les rapports en les ramenant à l'essentiel et en vous évitant les entrées en matière inutiles et les chinoiseries.

Je m'étais lié d'amitié, à Olympia Hall, avec un garçon que je nommerai ici Lucien, lequel, après plusieurs jours et nuits de noce particulièrement agitée, devait brusquement se loger une balle dans le cœur. En trois jours et quatre nuits, il avait eu le temps de tomber éperdument amoureux d'une entraîneuse du Wellington, une boîte que la R.A.F. fréquentait assidûment, d'avoir été trompé par elle avec un autre client et d'en avoir conçu un tel chagrin que la mort lui était apparue comme la seule solution. En réalité, la plupart d'entre nous avaient quitté la France et leurs familles dans des circonstances tellement extraordinaires et précipitées, que la réaction nerveuse n'intervenait souvent qu'après plusieurs semaines et d'une manière parfois complètement inattendue. Certains cherchaient alors à s'accrocher à la première bouée qui se présentait et, dans le cas de mon camarade, la bouée ayant immédiatement lâché ou, plus exactement, étant passée au suivant, Lucien avait coulé à pic sous le poids des désespoirs accumulés. J'étais, quant à moi, attaché à une bouée à toute épreuve, à distance il est vrai, mais avec un sentiment de parfaite sécurité, une mère étant après tout quelque chose qui ne vous lâche que rarement. Il m'arrivait cependant alors de boire une bouteille de whisky par nuit, dans un de ces endroits où nous traînions notre impatience et notre frustration. Nous étions exaspérés par la lenteur que l'on mettait à nous do

Je fus prêté à la R.A.F. pour quelques missions de nuit sur Wellington et Blenheim, ce qui permit à la B.B.C. d'a

Je fus ensuite envoyé à Saint-Athan et ce fut au cours d'une permission à Londres, en compagnie de Lucien, que ce dernier, brusquement, après m'avoir téléphoné à l'hôtel pour me dire que tout allait très bien et que le moral était haut, raccrocha le téléphone et alla se tuer. Je lui en voulus beaucoup, sur le moment, mais mes colères ne durent jamais longtemps et lorsque, en compagnie de deux caporaux, je fus chargé d'escorter la caisse jusqu'au petit cimetière militaire de P., je n'y pensais plus.

A Reading, un bombardement venait d'endommager la voie ferrée et nous eûmes à attendre plusieurs heures. Je déposai la caisse à la consigne et, dûment pourvus d'un récépissé, nous allâmes faire un tour en ville. La ville de Reading n'était pas drôle et, pour lutter contre cette atmosphère déprimante, nous dûmes boire un peu plus qu'il ne convenait, si bien qu'en revenant à la gare nous n'étions pas en état de porter la caisse. Je fis appel à deux porteurs, leur confiai le récépissé et leur demandai de placer la caisse dans le fourgon à bagages. Arrivés à destination, dans un black-out complet et n'ayant que trois minutes pour récupérer notre copain, nous nous ruâmes dans le fourgon et eûmes tout juste le temps de nous emparer de la caisse alors que le train commençait déjà à s'ébranler. Après un nouveau parcours d'une heure dans un camion, nous pûmes enfin déposer notre charge au poste de garde du cimetière, l'abando

Nous ne sûmes jamais ce qu'était devenue l'autre caisse, la bo

CHAPITRE XXXVI

Je fus enfin envoyé à l'entraînement à Andover, avec l'escadrille de bombardement qui se préparait à partir pour l'Afrique sous le commandement d'Astier de Villatte. Au-dessus de nos têtes se déroulaient alors les combats historiques où la jeunesse anglaise opposait à un e

L'entraînement fini, nous eûmes droit à quatre jours de permission à Londres avant de nous embarquer pour l'Afrique. Ici se situe un épisode d'une stupidité sans pareille, même dans ma vie de champion. Le deuxième jour de ma permission, au cours d'un bombardement particulièrement violent, je me trouvais en compagnie d'une jeune poétesse de Chelsea au Wellington, où tous les aviateurs alliés se do