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Depuis mon accident d'interprète volant, je supporte fort mal les coups sur le nez, et pendant plusieurs jours, je souffris cruellement. Je serais cependant un ingrat si je m'abstenais de reco

Un des pilotes que j'essayais ainsi de convaincre me laissa un souvenir indélébile. Il était le propriétaire d'un Amyot-372 fraîchement arrivé sur le terrain. Je dis «propriétaire», car il était assis dans l'herbe, à côté de son avion, avec l'air d'un fermier soupço

Je n'avais moi-même rien mangé depuis la veille. Au mess des sous-officiers, depuis la débâcle, le menu était particulièrement soigné. On nous servait une vraie cuisine française, digne de nos meilleures traditions, pour nous remonter le moral et calmer nos doutes par ce rappel de nos valeurs permanentes. Mais je n'osais pas quitter le terrain, par crainte de manquer quelque occasion de départ. J'avais surtout soif et j'acceptai avec gratitude le coup de rouge que m'offrit l'équipage d'un Potez-03 assis sur le ciment, à l'ombre d'une aile. Peut-être un peu sous le coup de l'ivresse, je me laissai aller à un de mes discours inspirés. Je parlai de l'Angleterre, porte-avions de la victoire, j'évoquai Guynemer, Jea

Il y avait déjà eu plusieurs bagarres autour du camion et le véhicule ne se déplaçait plus que sous la garde de Sénégalais armés, montés sur la citerne, baïo

Mon nez était bouché par les caillots de sang et j'avais de la peine à respirer. Je n'avais qu'une envie: me coucher dans l'herbe et rester là, sur le dos, sans bouger. La vitalité de ma mère, son extraordinaire volonté, me poussaient cependant en avant et, en vérité, ce n'était pas moi qui errais ainsi d'avion en avion, mais une vieille dame résolue, vêtue de gris, la ca

CHAPITRE XXXII

Je finis cependant par accepter l'opinion générale selon laquelle l'Afrique du Nord allait demeurer en guerre et, comme l'escadre avait enfin reçu l'ordre de rejoindre Meknès, je quittai Mérignac à cinq heures de l'après-midi, et arrivai à la Salanque, au bord de la Méditerranée, à la tombée de la nuit, juste à temps pour apprendre qu'interdiction de décoller était faite à tout avion présent sur le terrain. Une nouvelle autorité contrôlait depuis quelques heures les mouvements aériens sur l'Afrique, et tous les ordres antérieurs étaient considérés comme nuls et non avenus. Je co

Notre Potez avait des moteurs Pétrel, ce qui ne lui do

Nous nous envolâmes quand même. Je savais bien, moi, qu'il ne pouvait rien m'arriver, puisqu'une formidable puissance d'amour veillait sur moi, et aussi, parce que tout mon goût du chef-d'œuvre, ma façon instinctive d'aborder la vie comme une œuvre artistique en élaboration, dont la logique cachée mais immuable, serait toujours, en définitive, celle de la beauté, me poussaient à ordo