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Un homme entrait dans un immeuble. S'il l'avait abordée, ils auraient pu faire un tour ensemble. Au matin, il l'aurait emmenée à son bureau, la présentant à ses collègues comme une nouvelle stagiaire destinée à le seconder durant un trimestre. Elle le suivrait toute la journée dans le moindre de ses déplacements, et le soir ils décideraient de vivre ensemble. Ils auraient des rapports épisodiques, interrompus de temps en temps par une conversation futile tant il leur semblerait que l'e

Elle cherchait à rentrer chez elle, elle marchait dans des rues qu'elle ne co

Elle s'endormirait jusqu'au soir, à moins qu'elle ne supporte pas de rester étendue et qu'elle rejoigne un immeuble de bureaux proche de son domicile qu'elle aurait remarqué quelques jours plus tôt. Elle réussirait à s'immiscer dans un siège social, elle aurait plusieurs conversations avant qu'on lui demande de s'en aller.

Elle entrerait dans une laverie, elle répondrait aux avances de quelqu'un qui attendrait ses chemises en train de tourner dans le séchoir comme des fantômes. Il l'emmènerait à son domicile. Après le coït, elle essaierait sans succès d'enclencher un dialogue. Puis elle lui proposerait de changer les meubles de place pour passer le temps, d'arracher la moquette et lessiver le parquet qui se trouvait dessous. Il lui demanderait de se rhabiller, de partir.

Elle marcherait dans la rue, scrutant les yeux des gens. Elle serait abordée par des hommes aux figures disgracieuses, et par une femme qui lui demanderait de l'aider à charger une caisse dans son break. Elle l'emmènerait avec elle dans sa petite maison en bordure de la ville. Elle se garerait dans le jardin, elles transbahuteraient la caisse à l'intérieur. Puis elles boiraient un verre ensemble au salon.

Elle lui dirait qu'elle avait eu tort de ne pas se suicider la première fois que cette idée lui avait traversé l'esprit. La femme se sentirait trop lasse d'avoir couru toute la journée pour entendre des paroles à ce point dénuées d'optimisme. Alors elle essaierait de paraître gaie afin qu'elle lui propose malgré tout un autre verre, et peut-être aussi de passer la nuit chez elle. Dès le lendemain, elle chercherait à lui rendre des services pour se faire adopter. Elle l'accompagnerait quand elle ferait ses courses, elle l'aiderait à tondre la pelouse, elle grimperait à sa place dans le cerisier. De surcroît elle prendrait la peine de la faire rire, imitant la voix fluette d'un commerçant ou lui racontant une histoire extraite d'un recueil de blagues.

Mais la femme lui demanderait de s'en aller. Comme elle ne bougerait pas, elle la prendrait par le bras et la mettrait dehors. Elle marcherait le long des grilles des maisons peintes, puis elle trouverait un arrêt de bus. Elle rentrerait chez elle dormir, elle se réveillerait en début d'après-midi. Elle regarderait par la fenêtre, rien ne la distrairait.

Elle sortirait. Elle aurait l'impression d'avoir usé les rues à force d'y marcher, et de co

Elle ferait la co

Le matin, elle les regarderait se lever quand la so

Le plus souvent perso

Le lendemain, elle sortirait et ne rentrerait plus de trois jours. Quand elle reviendrait, elle n'aurait plus qu'un souvenir très pâle de ses marches forcées dans les rues, de ses stations dans les cafés, de ses aventures sans intérêt avec des hommes au coït précipité ou pesant comme une chape. Elle s'étendrait sur son lit, elle se dirait que son cerveau tournait en elle comme un manège, une turbine, et qu'elle allait être projetée d'un instant à l'autre hors de sa tête. Elle s'assoirait, elle se rhabillerait. Elle essaierait de rester chez elle, s'asseyant dans la cuisine, sur le canapé du salon, scrutant les murs comme si elle voyait quelque chose à travers. Elle chercherait à s'attarder encore en s'épilant, en prenant un bain, en retournant quelques minutes dans son lit.

Elle se retrouverait vite dans la rue, allant droit devant elle sans accorder un regard aux têtes des nombreux piétons qui arpenteraient la ville à cette heure de l'après-midi. Quand l'épuisement la gagnerait, elle s'assiérait délicatement dans un square, les yeux ouverts, immobile comme une jeune morte. Plusieurs hommes lui adresseraient la parole, elle ne leur répondrait pas. Quelqu'un la prendrait par le bras, la remettrait debout. Elle lui dirait laissez-moi tranquille, mais il l'emmènerait jusqu'à sa voiture. Elle s'échapperait avant qu'il démarre, elle traverserait une salle de restaurant, elle déboucherait sur une artère aux façades noircies. Elle s'arrêterait essoufflée, puis elle rentrerait chez elle d'un pas amorphe. Une fois la fenêtre ouverte, elle aurait l'impression d'accomplir un acte banal, et elle sauterait.

Elle co

Elle a so

– Monte.

On lui a ouvert. Elle les a trouvés en présence de plusieurs amis. La table basse était parsemée de bouteilles. On lui a fait une place sur le canapé. La conversation était bruyante et elle ne comprenait pas la moitié des phrases. On remplissait souvent son verre. À un moment, elle a vu les invités se lever. Avant de s'en aller, ils ont agité leurs mains devant elle comme pour lui dire au revoir. Elle a entendu la porte se refermer et leurs rires d'ivrognes descendre l'escalier.

– Tu veux qu'on t'appelle un taxi?

– Je peux rester?

– Une autre fois?

Elle s'est quand même étendue sur le canapé, elle a écrasé un petit coussin sur son visage pour s'isoler de la lumière. Elle les entendait parler entre eux, parfois ils s'adressaient à elle et lui disaient de partir. Elle avait peur qu'ils essaient de l'évacuer par la force. Mais en définitive ils ont cédé.

– Bo

Elle a entendu le cliquetis d'un interrupteur et le bruit d'une porte. Ils avaient quitté la pièce. Elle a regardé autour d'elle, les voyants du téléviseur brillaient dans le noir. Elle aurait aimé s'endormir, mais dès qu'elle fermait les yeux tout s'éclairait en elle, il ne restait plus le moindre recoin d'obscurité dans sa conscience.

Elle s'est levée, elle a regardé par la fenêtre. Elle s'est assise dans un fauteuil, en tâto

Elle a cherché leur chambre, elle a collé son oreille contre la porte. Elle a entendu une respiration régulière, presque aussi sonore qu'un ronflement. Elle aurait aimé frapper, entrer, demander des comptes à ces gens qui dormaient, alors qu'elle se trouvait à quelques mètres d'eux, éveillée, seule, et sans la moindre compagnie avec qui échanger des paroles. Elle a do

Puis, elle s'est allongée par terre. Elle avait l'impression de se trouver tout près d'eux, et même de pouvoir les toucher. Elle ne les craignait pas, ils pouvaient l'étouffer ou l'étrangler selon leur désir. Elle accepterait même de partager leur vie, toute la journée humble comme une esclave, et la nuit remisée dans l'armoire de la cuisine comme un ustensile. Le couple finirait par s'en lasser, il irait habiter ailleurs, l'abando