Страница 22 из 51
Au milieu de l'inévitable tourbillon, il invoquera les dieux qui ne l'entendront point. Les daimones rient de l'homme arrogant, quand ils le voient enveloppé par l'inextricable ruine, sans qu'il puisse jamais surmonter son malheur. Sa première prospérité s'est enfin brisée contre l'écueil de la justice; il périt non pleuré et oublié!
Allons, héraut! contiens la multitude. Que la trompette Tyrrhènie
Roi Apollôn! commande en ce qui t'appartient. En quoi ces choses te regardent-elles? Que t'importe ceci? Dis-le-moi.
Je viens porter témoignage. Cet homme est mon suppliant, il s'est assis dans ma demeure et je l'ai purifié de ce meurtre; mais je suis en cause aussi, l'ayant excité à tuer sa mère. Toi, Athèna, appelle la cause et ouvre la contestation!
C'est à vous de parler les premières. J'appelle la cause. L'accusateur doit commencer et dire ce dont il s'agit.
Nous sommes nombreuses à la vérité, mais nous parlerons brièvement. Toi, réponds-nous, parole pour parole. Avant tout, dis, as-tu tué ta mère?
Je l'ai tuée, je ne le nie pas.
Dans cette lutte te voilà tombé une fois sur trois!
Tu te vantes avant de m'avoir terrassé.
Réponds encore. Comment l'as-tu tuée?
Je réponds: de ma main je lui ai enfoncé cette épée dans la gorge.
Par qui as-tu été poussé et conseillé?
Par les oracles de ce dieu. Il m'en est témoin ici.
Le divinateur t'a poussé à tuer ta mère?
Jusqu'ici je ne me repens pas de cela.
Condamné, tu parleras autrement.
J'ai bon espoir. Mon père m'aidera du fond de sa tombe.
Tu te fies aux morts, après avoir tué ta mère!
Elle était souillée de deux crimes.
Comment? Dis-le à tes juges.
Elle a tué son mari et elle a tué mon père.
Tu vis, et par sa mort elle a expié ce crime.
Mais, pendant qu'elle vivait, l'avez-vous poursuivie?
Elle n'était pas du sang de l'homme qu'elle a tué.
Et moi, étais-je du sang de ma mère?
Quoi! ne t'a-t-elle point porté sous sa ceinture, ô tueur de ta mère! Renieras-tu le sang très cher de ta mère?
Sois-moi témoin, Apollôn! Ne l'ai-je point tuée légitimement? Car je ne nie pas que je l'aie tuée. Penses-tu que son sang ait été légitimement versé? Parle, afin que je le dise à ceux-ci.
Je vous parlerai, juges vénérables institués par Athèna! Je suis le divinateur, et je ne dirai point de mensonges. Jamais, sûr mon trône fatidique, je n'ai rien dit d'un homme, ou d'une femme, ou d'une ville, que Zeus, père des Olympiens, ne m'ait ordo
Zeus, d'après ce que tu dis, t'avait dicté l'oracle par lequel tu as ordo
Ce n'est point la même chose que de voir une femme égorger un vaillant homme honoré du sceptre, don de Zeus, et qui n'a point été percé de flèches guerrières lancées de loin, comme celles des Amazones. Écoute, Pallas! Écoutez aussi, vous qui siégez pour juger cette cause. A son retour de la guerre d'où il rapportait de nombreuses dépouilles, elle l'a reçu par de flatteuses paroles; et, au moment où, s'étant lavé il allait sortir du bain, elle l'a enveloppé d'un grand voile, et elle l'a frappé tandis qu'il était inextricablement embarrassé. Telle a été la destinée fatale de cet homme très vénérable, du chef des nefs. Je dis que telle elle a été afin que l'esprit de ceux qui jugent cette cause en soit mordu.
Zeus, d'après tes paroles, est plus irrité du meurtre d'un père que de celui d'une mère. Mais, lui-même, il a chargé de chaînes son vieux père Kronos. Pourquoi n'as-tu point opposé ceci à ce que tu as dit? Pour vous, vous l'avez entendu; je vous prends à témoin.
Ô les plus abominables des bêtes détestées des dieux! On peut rompre des chaînes; il y a un remède à cela, et d'i
Comment donc défendras-tu l'i
Je dirai ceci; vois si je parle bien. Ce n'est pas la mère qui engendre celui qu'on nomme son fils; elle n'est que la nourrice du germe récent. C'est celui qui agit qui engendre. La mère reçoit ce germe, et elle le conserve, s'il plaît aux dieux. Voici la preuve de mes paroles: on peut être père sans qu'il y ait de mère. La fille de Zeus Olympien m'en est ici témoin. Elle n'a point été nourrie dans les ténèbres de la matrice, car aucune déesse n'aurait pu produire un tel enfant. Pour moi, Pallas, et entre autres choses, je grandirai ta ville et ton peuple. J'ai envoyé ce suppliant dans ta demeure, afin qu'il te soit dévoué en tout temps. Accepte-le pour allié, ô déesse, lui et ses descendants, et que ceux-ci te gardent éternellement leur foi!
Maintenant c'est à vous de prononcer la sentence par un juste suffrage, car il en a été dit assez.
J'ai lancé ma dernière flèche, et j'attends l'arrêt qui décidera.
Comment faire pour que vous ne me reprochiez rien?
Étrangers, vous avez tout entendu! Respectez votre serment, et prononcez.
Écoutez encore la loi que je fonde, peuple de l'Attique, vous qui êtes les premiers juges du sang versé. Ce tribunal, désormais et pour toujours, jugera le peuple Aigéen. Sur cette colline d'Arès, les Amazones plantèrent autrefois leurs tentes, quand, irritées contre Thèseus, elles assiégèrent la ville récemment fondée et opposèrent des tours à ses hautes tours. Ici, elles firent des sacrifices à Arès, d'où ce nom d'Arèopagos, le rocher, la colline d'Arès. Donc, ici, le respect et la crainte seront toujours présents, le jour et la nuit, à tous les citoyens, tant qu'ils se garderont eux-mêmes d'instituer de nouvelles lois. Si vous souillez une eau limpide par des courants boueux, comment pourrez-vous la boire? Je voudrais persuader aux citoyens chargés du soin de la république d'éviter l'anarchie et la tyra