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Chéri-Bibi n’avait plus la taille du marchand de cacahuètes, mais bien celle de Chéri-Bibi, c’est-à-dire presque celle d’un géant quand M. Dimier, levant la lampe sur lui, l’examina en silence.

–  Je ne suis pas beau! fit Chéri-Bibi.

– Vous êtes atroce! répliqua M. Dimier, sauvez-vous!

– Quoi?

– Je vous dis: sauvez-vous! Repartez par où vous êtes venu, je ne vous ai pas vu, je ne vous dénoncerai pas! Je ne vous co

M. Dimier avait tranquillement déposé sa lampe sur son bureau, s’était assis et s’était mis à feuilleter son dossier.

Chéri-Bibi restait là. Il ne comprenait pas.

– Je vous ai dit de vous en aller! répéta l’autre, agacé.

– M’en aller, mais vous ne m’avez donc pas compris, monsieur le président? Je suis venu pour sauver le Subdamoun!

– J’entends bien! mais je ne dois laisser sauver perso

Il y eut un silence terrible.

– Ce serait mon père, monsieur, que je m’opposerais encore à son évasion ou alors j’aurais do

Chéri-Bibi avait vu le moment où il allait lui crier: «Taisez-vous, c’est mon fils»… mais il pensa, sans doute, que ce ne serait pas là une suffisante recommandation et il garda son secret pour lui.

Il s’assit car la parole du président lui avait cassé les jambes. Le dernier coup de la destinée était trop rude aussi. Si jamais il s’était attendu à cela: Alors, il allait falloir tuer M. Dimier!

Cette nécessité qui lui apparaissait maintenant comme inéluctable, il en lisait les termes en lettres flamboyantes sur le noble front têtu du sublime président de la cour d’assises.

Et Chéri-Bibi se mit à trembler! M. Dimier lui demanda ce qu’il avait à trembler comme ça!

– Monsieur le président, je vais vous dire: le Subdamoun devait s’enfuir par la Tour de l’Ouest. La Tour de l’Ouest est habitée par Talbot. Cela m’eût été agréable d’avoir à supprimer Talbot qui est un méchant homme, mais à l’idée que vous…

Il arrêta, M. Dimier, un peu pâle, releva la tête. Il avait compris.

Il regarda le monstre assis en face de lui et qui continuait de trembler. Les coudes de Chéri-Bibi, ses mains étaient agités de mouvements spasmodiques. Et il se prit à claquer des dents… Cette épouvantable mâchoire avait peur!

Et cependant, toute cette peur était horriblement menaçante.

– J’aurais pu vous dénoncer tout à l’heure, fit-il simplement. Et il allongea rapidement une main décidée vers un bouton de so

– Vous ne saurez jamais, fit le bandit, dont la voix s’était faite la plus tendre qu’il lui était possible, ce qu’il m’en coûte de vous être désagréable, monsieur Dimier, Vous avez écrit un livre que je n’oublierai jamais, vous êtes peut-être le seul homme sur la terre qui ait jamais eu pitié de moi! Un soir que je m’étais évanoui de faiblesse dans la rue, vous vous êtes arrêté pour me faire la charité… Je vous admire et je vous aime! Laissez-moi vous ficeler proprement, vous bâillo

– Assez, monsieur! fit le magistrat. Je n’ai plus rien à vous dire. Et puisque vous ne voulez pas partir, je vais vous dénoncer!

Il se leva, courut à la porte: d’un bond Chéri-Bibi fut sur lui et le renversa.

L’autre cria.

Mais deux mains lui serrèrent la gorge… et comme un bruit de pas se faisait entendre dans l’escalier et qu’il n’avait plus une seconde à perdre, Chéri-Bibi serra fort, très fort.

Chéri-Bibi se releva…

Il venait de tuer M. Dimier.

– Fatalitas! gronda-t-il.

Et il pleurait… Cependant il renifla, essuya ses larmes d’un geste horrible de la manche, secoua ses épaules, s’apprêta à de nouvelles besognes, aspira l’air, fit entendre un han prodigieux… et ouvrit la porte à Hilaire et au Subdamoun qui se précipitèrent dans la pièce.

Il était temps. Une minute de plus et M. Dimier était sauvé et le Subdamoun était perdu. Chéri-Bibi regretta son bavardage. Le corps avait roulé sous le bureau. Chéri-Bibi avait soufflé la lampe. Le Subdamoun ne vit rien. Et Hilaire n’apprit le crime nécessaire que plus tard.

La porte repoussée et verrouillée les séparait maintenant de la horde des gardes civiques qui, conduits par Talbot et l’officier municipal, furieux d’avoir été joués, la bourraient de coups, se transformaient en catapultes et réclamaient des haches!

Dans l’ombre, le Subdamoun, qui ne comprenait pas grand-chose à ce qui se passait, se laissa attacher à une corde par une sorte de géant bizarre qui, penché sur lui, le maniait avec une grande douceur.

M. Hilaire lui ordo

À la lueur d’un rayon de lune, l’ombre inquiétante du géant disparut dans la vaste cheminée, grimpant comme un chimpanzé le long de la corde.

Alors, le commandant comprit qu’arrivé sur le toit, son singulier sauveur allait le hisser par la cheminée, comme un colis.

Les coups à la porte se faisaient terriblement furieux. La porte semblait prête à céder. En même temps que l’on entendait des clameurs de sauvages à l’adresse du commandant, des cris de mort destinés à M. Hilaire s’élevaient dans une cacophonie terrifiante.

Le Subdamoun, qui était le courage et l’ho

Il sortit un petit couteau de sa poche, coupa la corde qui le liait et déclara qu’il ne consentirait à prendre le chemin de la cheminée que lorsque l’héroïque M. Hilaire, à qui il devait la vie, aurait sauvé d’abord la sie

M. Hilaire, naturellement, se prit à jurer comme un païen.

– Monsieur! exprima ensuite M. Hilaire, on ne me le pardo

– Qui: on? demanda le Subdamoun.

– L’homme qui est là-haut, répondit simplement M. Hilaire, en essayant d’attacher le Subdamoun.