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XII Premières escarmouches
À environ cinq milles de Zenda, vis-à-vis de la colline où s’élève le château, s’étend une large zone boisée. Le mouvement du terrain est très rapide, et, tout en haut, se dresse un beau château moderne, qui appartient à un parent éloigné de Fritz, le comte Stanislas von Tarlenheim. Le comte Stanislas, un érudit et un sauvage, habite rarement son château, et, sur la requête de Fritz, il avait sollicité l’ho
Nous formions un groupe avantageux. En dehors de Sapt et de Fritz, j’étais accompagné de dix gentilshommes, qui tous avaient été soigneusement choisis parmi les plus passio
On leur dévoila une partie de la vérité dans le but d’exciter leur indignation contre Michel; on leur conta l’attentat du pavillon, dont j’avais failli être victime. On leur dit aussi qu’on soupço
Mais il suffisait que le roi eût besoin d’eux; ils étaient prêts à obéir. Jeunes, bien nés, bien élevés, dévoués, ils ne demandaient qu’à se battre pour leur souverain.
C’est ainsi que de Strelsau la scène de l’action principale se trouva transportée au château de Tarlenheim et au château de Zenda, qui nous faisait grise mine de l’autre côté de la vallée.
Quant à moi, je faisais les efforts les plus grands pour changer le cours de mes pensées et tendre toute mon énergie vers le but que je m’étais proposé: arracher le roi des mains de son e
Je tablais aussi sur ceci (j’ai su depuis que je ne m’étais pas trompé), que le duc Noir ne pourrait pas croire que j’eusse l’intention d’agir loyalement envers le roi. Il était incapable de comprendre, je ne dirai pas un ho
Michel avait été informé de ma venue, comme bien je l’avais pensé, et, moins d’une heure après mon arrivée, je voyais venir de sa part une sole
Il ne poussa toutefois pas l’audace jusqu’à me députer les trois coquins qui avaient tenté une première fois de m’assassiner. Il choisit les trois autres perso
C’est du moins ce que nous déclara le jeune Rupert avec un sourire insolent qui retroussait sa lèvre supérieure, et en secouant son épaisse chevelure.
«Si mon bon frère a la scarlatine, fis-je, cela doit nous rapprocher encore, augmenter la ressemblance entre nous: en temps ordinaire, il a le teint plus mat. Mais j’espère qu’il n’est pas trop souffrant.
– Non, Sire: il peut s’occuper de ses affaires.
– Mais tous les habitants du château ne sont pas atteints, j’espère? Que devie
Lauengram et Krafstein avaient l’air sombre et mal à l’aise; le sourire du jeune Rupert, au contraire, s’épanouit.
«Il espère bientôt trouver un remède à ses maux, Sire», dit-il en souriant.
J’éclatai de rire, car je savais de quel remède rêvait Detchard: il s’appelle «vengeance».
«Vous dînerez avec nous, messieurs», ajoutai-je.
Le jeune Rupert se confondit en excuses: on les attendait au château.
«En ce cas, messieurs, fis-je avec un geste de la main, à notre prochaine rencontre! Je souhaite qu’elle nous permette de faire plus ample co
– Nous supplions Votre Majesté de nous en do
Il passa devant Sapt avec un tel air d’impertinence que je vis le vieux brave serrer les poings et devenir pâle de rage.
Quant à moi, je suis d’avis que, lorsque l’on se mêle des choses, il faut les faire franchement, et que, si coquin il y a, mieux vaut être un franc coquin. Je préférais hautement Rupert Hentzau à ses compagnons à faces patibulaires. Je ne vois pas en quoi cela rend le crime plus noir de l’accomplir avec crânerie, et, si l’on peut dire, avec art.
Le premier soir, au lieu de dîner tranquillement avec les gentilshommes de ma suite, je laissai mes compagnons sous la présidence de Sapt. Je montai à cheval, et me rendis, avec Fritz à Zenda, dans certaine petite auberge de moi co
«Fritz, fis-je comme nous entrions en ville, et que nous approchions de l’auberge, la fille de l’hôtesse est la plus jolie fille que vous puissiez imaginer.
– Comment le savez-vous?
– Je le sais parce que j’y suis allé.
– Quand cela? Depuis…
– Non, avant.
– Vous allez être reco
– Sans aucun doute. Allons, pas d’observations, mon bon ami, et écoutez-moi. Nous sommes deux gentilshommes de la maison du roi: l’un de nous est très souffrant d’une horrible rage de dents; l’autre demandera une chambre, un dîner particulier et, qui plus est, une bo
– Et si elle ne veut pas? objecta Fritz.
– Mon cher, repris-je, si elle ne le fait pas pour vous, elle le fera certainement pour moi.»
Nous arrivions à l’auberge. J’étais si bien emmitouflé qu’on ne me voyait que les yeux. L’hôtesse nous reçut; deux minutes plus tard la petite servante fit son apparition. On commanda le dîner, le vin; je m’étais installé dans le salon particulier. Bientôt Fritz entra.
«Elle vient, dit-il.
– Si elle n’était pas venue, mon cher, j’aurais conçu de grands doutes sur la pénétration et le goût de la comtesse Helga.»
La jeune fille entra. Je lui laissai le temps de poser le vin sur la table: dans son éto