Страница 52 из 115
Mais le prince de Faffenheim n'était pas un naïf; il était ce que le docteur Cottard eût appelé «un fin diplomate» et il savait que M. de Norpois n'en était pas un moins fin, ni un homme qui ne se fût pas avisé de lui-même qu'il pourrait être agréable à un candidat en votant pour lui. Le prince, dans ses ambassades et comme ministre des Affaires Étrangères, avait tenu, pour son pays au lieu que ce fût comme maintenant pour lui-même, de ces conversations où on sait d'avance jusqu'où on veut aller et ce qu'on ne vous fera pas dire. Il n'ignorait pas que dans le langage diplomatique causer signifie offrir. Et c'est pour cela qu'il avait fait avoir à M. de Norpois le cordon de Saint-André. Mais s'il eût dû rendre compte à son gouvernement de l'entretien qu'il avait eu après cela avec M. de Norpois, il eût pu énoncer dans sa dépêche:
«J'ai compris que j'avais fait fausse route.» Car dès qu'il avait recommencé à parler Institut, M. de Norpois lui avait redit:
– J'aimerais cela beaucoup, beaucoup pour mes collègues. Ils doivent, je pense, se sentir vraiment honorés que vous ayez pensé à eux. C'est une candidature tout à fait intéressante, un peu en dehors de nos habitudes. Vous savez, l'Académie est très routinière, elle s'effraye de tout ce qui rend un son un peu nouveau. Perso
«Le cordon de Saint-André est une erreur, pensa le prince; les négociations n'ont pas fait un pas; ce n'est pas cela qu'il voulait. Je n'ai pas mis la main sur la bo
C'était un genre de raiso
Et certes on ne peut prétendre que ma grand'mère et ses rares pareils eussent été seuls à ignorer ce genre de calculs. En partie la moye
L'hiver suivant, le prince fut très malade, il guérit, mais son coeur resta irrémédiablement atteint. «Diable! se dit-il, il ne faudrait pas perdre de temps pour l'Institut car, si je suis trop long, je risque de mourir avant d'être nommé. Ce serait vraiment désagréable.»
Il fit sur la politique de ces vingt dernières a
Le même soir, il rencontra M. de Norpois à l'Opéra:
– Mon cher ambassadeur, lui dit-il, vous me disiez ce matin que vous ne saviez pas comment me prouver votre reco
M. de Norpois n'estimait pas moins le tact du prince que le prince le sien. Il comprit immédiatement que ce n'était pas une demande qu'allait lui faire le prince de Faffenheim, mais une offre, et avec une affabilité souriante il se mit en devoir de l'écouter.
– Voilà, vous allez me trouver très indiscret. Il y a deux perso
Avec un sentiment de plaisir inexprimable le prince sentit que la serrure ne résistait pas et qu'enfin cette clef-là y entrait.
– Une telle option est bien inutile, mon cher prince, répondit M. de Norpois; rien ne s'accorde mieux avec l'Institut que le salon dont vous parlez et qui est une véritable pépinière d'académiciens. Je transmettrai votre requête à Mme la marquise de Villeparisis: elle en sera certainement flattée. Quant à aller dîner chez vous, elle sort très peu et ce sera peut-être plus difficile. Mais je vous présenterai et vous plaiderez vous-même votre cause. Il ne faut surtout pas renoncer à l'Académie; je déjeune précisément, de demain en quinze, pour aller ensuite avec lui à une séance importante, chez Leroy-Beaulieu sans lequel on ne peut faire une élection; j'avais déjà laissé tomber devant lui votre nom qu'il co