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CHAPITRE XIV
Il courut toute la journée avec le Dignitaire et les principaux membres de la société, de la prison à l’hôpital, et de la demeure des autorités à celle des avocats. Il réussit à faire relâcher quelques-uns de ses compagnons qui avaient été arrêtés sans motifs suffisants. Son activité, son air de franchise et son éloquence naturelle firent une telle impression sur les magistrats qu’ils n’osèrent entraver son zèle. Le lendemain il eut de plus tristes devoirs à remplir: ce fut de rendre les derniers ho
Comme les Gavots quittaient le cimetière, un autre convoi arrivait, et les phalanges e
Le soir de ce triste jour, Pierre alla visiter le Corinthien, et sa joie fut vive en le voyant à moitié rétabli. Grâce aux bons traitements et aux doctes ordo
Il la trouva le soir même. Resté seul avec elle et ses enfants endormis qu’il l’aidait à soigner, il entra en matière naturellement; car elle ne manquait pas de l’interroger chaque soir avec sollicitude sur la situation du Corinthien. Il lui parla de son ami avec la délicatesse qu’il savait mettre dans toutes choses. La Savinie
– Je puis vous parler avec sincérité et me confier à vous comme à un homme au-dessus des autres, mon cher fils Villepreux. Il est bien vrai que j’ai eu pour le Corinthien une amitié plus forte que je ne le devais et que je ne le voulais. Je n’ai rien à lui reprocher, et je n’ai rien de volontaire à me reprocher non plus dans ma conscience. Mais, depuis la mort de Savinien, je suis plus effrayée de cette amitié que je ne l’étais durant sa vie. Il me semble que c’est une grande faute de penser à un autre qu’à lui quand la terre qui le couvre est encore fraîche. Les larmes de mes enfants m’accusent, et je ne cesse de demander pardon à Dieu de ma folie. Mais, puisque nous sommes ici pour nous expliquer, et que votre prochain départ ma force à parler de ces choses-là plus tôt que je n’aurais voulu, je vais tout vous dire. Il m’est venu quelquefois, pendant la vie de Savinien, des idées bien coupables. Certainement j’aurais do
Je fis, comme vous pouvez croire, tout mon possible pour lui ôter cette idée; mais plus il se sentait périr, plus il songeait à fixer mon sort. Enfin, le jour où il reçut les derniers sacrements, il fit venir le Bon-Soutien; et, sur son lit de mort, il mit nos mains ensemble. Romanet promit tout, en pleurant; moi, je pleurais trop pour promettre. Mon Savinien rendit l’âme, me laissant désolée de le perdre et bien triste d’être engagée à un homme que je respecte et que j’aime, mais que je ne voudrais pas prendre pour mari. Cependant je sens que je le dois, que je ne peux rester veuve, que le sort de mes enfants et la dernière volonté de mon mari me commandent de prendre cet homme sage et généreux, qui a mis tout son avoir dans nos mains, et à qui je ne pourrais rendre son bien sans ruiner ma famille. Voilà ma position, maître Pierre; voilà ce qu’il faut dire au Corinthien, afin qu’il ne pense plus à moi, comme moi je vais prie le bon Dieu de ne plus me laisser penser à lui.
– Tout ce que vous m’avez dit est d’une femme vertueuse et d’une bo
Ayant ainsi parlé, Pierre embrassa la Savinie
– Do