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Dans la nuit sonore, on entend ces clameurs sinistres tournoyer parfois assez longtemps au-dessus des maisons; et comme on ne peut rien voir, on ressent malgré soi une sorte de crainte et de malaise sympathique, jusqu’à ce que cette nuée sanglotante se soit perdue dans l’immensité.

Il y a d’autres bruits encore qui sont propres à ce moment de l’a

C’est durant ces nuits-là, nuits voilées et grisâtres, que le chanvreur raconte ses étranges aventures de follets et de lièvres blancs, d’âmes en peine et de sorciers transformés en loups, de sabbat au carrefour et de chouettes prophétesses au cimetière. Je me souviens d’avoir passé ainsi les premières heures de la nuit autour des broyes en mouvement, dont la percussion impitoyable, interrompant le récit du chanvreur à l’endroit le plus terrible, nous faisait passer un frisson glacé dans les veines. Et souvent aussi le bonhomme continuait à parler en broyant; et il y avait quatre à cinq mots perdus: mots effrayants, sans doute, que nous n’osions pas lui faire répéter, et dont l’omission ajoutait un mystère plus affreux aux mystères déjà si sombres de son histoire. C’est en vain que les servantes nous avertissaient qu’il était bien tard pour rester dehors, et que l’heure de dormir était depuis longtemps so

Mais le chanvreur n’est pas plus que le sacristain ado

II. Les livrées

Quand tout le monde fut réuni dans la maison, on ferma avec le plus grand soin les portes et les fenêtres; on alla même barricader la lucarne du grenier; on mit des planches, des tréteaux, des souches et des tables en travers de toutes les issues, comme si on se préparait à soutenir un siège; et il se fit, dans cet intérieur fortifié, un silence d’attente assez sole

Cependant, à mesure qu’ils approchèrent de la maison, ils se ralentirent, se concertèrent et firent silence. Les jeunes filles, enfermées dans le logis, s’étaient ménagé aux fenêtres de petites fentes, par lesquelles elles les virent arriver et se développer en ordre de bataille. Il tombait une pluie fine et froide, qui ajoutait au piquant de la situation, tandis qu’un grand feu pétillait dans l’âtre de la maison. Marie eût voulu abréger les lenteurs inévitables de ce siège en règle; elle n’aimait pas à voir ainsi se morfondre son fiancé mais elle n’avait pas voix au chapitre dans la circonstance, et même elle devait partager ostensiblement la mutine cruauté de ses compagnes.

Quand les deux camps furent ainsi en présence, une décharge d’armes à feu, partie du dehors, mit en grande rumeur tous les chiens des environs. Ceux de la maison se précipitèrent vers la porte en aboyant, croyant qu’il s’agissait d’une attaque réelle, et les petits enfants que leurs mères s’efforçaient en vain de rassurer, se mirent à pleurer et à trembler. Toute cette scène fut si bien jouée qu’un étranger y eût été pris et eût songé peut-être à se mettre en état de défense contre une bande de chauffeurs.

Alors le fossoyeur, barde et orateur du fiancé, se plaça devant la porte et, d’une voix lamentable, engagea avec le chanvreur, placé à la lucarne qui était située au-dessus de la même porte, le dialogue suivant:

Le fossoyeur

– Hélas! mes bo

Le chanvreur

– Qui êtes-vous donc, et pourquoi prenez-vous la licence de nous appeler vos chers paroissiens? Nous ne vous co

Le fossoyeur

– Nous sommes d’ho

Le chanvreur

– Si vos sabots sont fendus, vous pouvez chercher par terre; vous trouverez bien un brin d’oisil (d’osier) pour faire des arcelets (petites lames de fer en forme d’arcs qu’on place sur les sabots fendus pour les consolider).

Le fossoyeur

– Des arcelets d’oisil, ce n’est guère solide. Vous vous moquez de nous, bo

Le chanvreur

– Ah! ah! vous êtes des pèlerins? vous ne nous disiez pas cela. Et de quel pèlerinage arrivez-vous, s’il vous plaît!

Le fossoyeur

– Nous vous dirons cela quand vous nous aurez ouvert la porte, car nous venons de si loin que vous ne voudriez pas le croire.

Le chanvreur

– Quelle bêtise nous contez-vous? Nous ne co

Le fossoyeur

– Hélas! mon pauvre homme, ayez pitié de nous! Nous ne sommes pas des pèlerins, vous l’avez deviné; mais nous sommes de malheureux braco

Le chanvreur

– Et qui nous prouvera que, cette fois-ci, vous soyez ce que vous dites? car voilà déjà un mensonge que vous n’avez pas pu soutenir.

Le fossoyeur

– Si vous voulez nous ouvrir, nous vous montrerons une belle pièce de gibier que nous avons tuée.

Le chanvreur

– Montrez-la tout de suite, car nous sommes en méfiance.

Le fossoyeur

– Eh bien, ouvrez une porte ou une fenêtre, qu’on vous passe la bête.

Le chanvreur

– Oh! que ne

Ici un garçon bouvier, trapu et d’une force herculée

– Oui-da! s’écria le chanvreur, après avoir passé avec précaution un bras dehors pour tâter le rôt; ceci n’est point une caille, ni une perdrix; ce n’est ni un lièvre, ni un lapin; c’est quelque chose comme une oie ou un dindon. Vraiment, vous êtes de beaux chasseurs! et ce gibier-là ne vous a guère fait courir. Allez plus loin, mes drôles! toutes vos menteries sont co

Le fossoyeur

– Hélas! mon Dieu, où irions-nous faire cuire notre gibier? C’est bien peu de chose pour tant de monde que nous sommes; et d’ailleurs, nous n’avons ni feu ni lieu. À cette heure-ci toutes les portes sont fermées, tout le monde est couché; il n’y a que vous qui fassiez la noce dans votre maison, et il faut que vous ayez le cœur bien dur pour nous laisser transir dehors. Ouvrez-nous, braves gens, encore une fois; nous ne vous occasio

Le chanvreur

– Croyez-vous qu’il y ait trop de place chez nous, et que le bois ne nous coûte rien?

Le fossoyeur

– Nous avons là une petite botte de paille pour faire le feu, nous nous en contenterons; do