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XV. Le retour à la ferme

Au bout d’un quart d’heure ils avaient franchi les brandes. Ils trottaient sur la grand’route et la Grise he

– Quand nous sommes arrivés, dit-il, cet homme-là est venu pour parler à ma Marie dans la bergerie où nous avions été tout de suite, pour voir les beaux moutons. Moi, j’étais monté dans la crèche pour jouer et cet homme-là ne me voyait pas. Alors il a dit bonjour à ma Marie et il l’a embrassée.

– Tu t’es laissé embrasser, Marie? dit Germain tout tremblant de colère.

– J’ai cru que c’était une ho

– Et puis alors, reprit Petit-Pierre, qui était fier d’avoir à raconter une aventure, cet homme-là t’a dit quelque chose de vilain, quelque chose que tu m’as dit de ne jamais répéter et de ne pas m’en souvenir: aussi je l’ai oublié bien vite. Cependant, si mon père veut que je lui dise ce que c’était…

– Non, mon Pierre, je ne veux pas l’entendre, et je veux que tu ne t’en souvie

– En ce cas, je vas l’oublier encore, reprit l’enfant. Et puis alors, cet homme-là a eu l’air de se fâcher parce que Marie lui disait qu’elle s’en irait. Il lui a dit qu’il lui do

– Non, mon Pierre et tout ça est la vérité. À présent, Germain, vous rendrez témoignage pour moi, et vous direz à tout le monde de chez nous que si je n’ai pas pu rester là-bas ce n’est pas faute de courage et d’envie de travailler.

– Et toi, Marie, dit Germain, je te prierai de te demander à toi-même si, quand il s’agit de défendre une femme et de punir un insolent, un homme de vingt-huit ans n’est pas trop vieux! Je voudrais un peu savoir si Bastien, ou tout autre joli garçon riche de dix ans de moins que moi, n’aurait pas été écrasé par cet homme-là comme dit Petit-Pierre: qu’en penses-tu?

– Je pense, Germain, que vous m’avez rendu un grand service, et que je vous en remercierai toute ma vie.

– C’est là tout!

– Mon petit père, dit l’enfant, je n’ai pas pensé à dire à la petite Marie ce que je t’avais promis. Je n’ai pas eu le temps, mais je le lui dirai à la maison, et je le dirai aussi à ma grand’mère.

Cette promesse de son enfant do

Heureusement, le petit Pierre dormait quand il arrivèrent à la métairie et Germain le déposa, sans l’éveiller, sur son lit. Puis il entra sur toutes les explications qu’il put do

– Tu n’as pas tort, Germain; ça ne se pouvait pas.

Et ensuite, quand Germain raconta comme quoi il avait été forcé de ramener la petite Marie au plus vite pour la soustraire aux insultes, peut-être aux violences d’un indigne maître, le père Maurice approuva encore de la tête en disant:

– Tu n’as pas eu tort, Germain; ça se devait.

Quand Germain eut achevé son récit et do

– Allons! que la volonté de Dieu soit faite! l’amitié ne se commande pas!

– Venez souper, Germain, dit la belle-mère. Il est malheureux que ça ne se soit pas mieux arrangé; mais, enfin, Dieu ne le voulait pas, à ce qu’il paraît. Il faudra voir ailleurs.

– Oui, ajouta le vieillard, comme dit ma femme, on verra ailleurs.

Il n’y eut pas d’autre bruit à la maison et quand, le lendemain, le petit Pierre se leva avec les alouettes, au point du jour, n’étant plus excité par les événements extraordinaires des jours précédents, il retomba dans l’apathie des petits paysans de son âge, oublia tout ce qui lui avait trotté par la tête et ne songea plus qu’à jouer avec ses frères et à faire l’homme avec les bœufs et les chevaux.

Germain essaya d’oublier aussi, en se replongeant dans le travail; mais il devint si triste et si distrait que tout le monde le remarqua. Il ne parlait pas à la petite Marie, il ne la regardait même pas; et pourtant, si on lui eût demandé dans quel pré elle était et par quel chemin elle avait passé, il n’était point d’heure du jour où il n’eût pu le dire s’il avait voulu répondre. Il n’avait pas osé demander à ses parents de la recueillir à la ferme pendant l’hiver, et pourtant, il savait bien qu’elle devait souffrir de la misère. Mais elle n’en souffrit pas et la mère Guillette ne put jamais comprendre comment sa petite provision de bois ne diminuait point et comment son hangar se trouvait rempli le matin lorsqu’elle l’avait laissé presque vide le soir. Il en fut de même du blé et des pommes de terre. Quelqu’un passait par la lucarne du grenier et vidait un sac sur le plancher sans réveiller perso

La petite Marie comprenait mieux la vérité, mais elle n’osait en parler à Germain de peur de le voir revenir à son idée de mariage, et elle feignait avec lui de ne s’apercevoir de rien.