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Si Marius avait été familier avec les institutions occultes de Paris, il eût tout de suite reco

Le désappointement de Marius, en voyant entrer un homme autre que celui qu’il attendait, tourna en disgrâce pour le nouveau venu. Il l’examina des pieds à la tête, pendant que le perso

– Que voulez-vous?

L’homme répondit avec un rictus aimable dont le sourire caressant d’un crocodile do

– Il me semble impossible que je n’aie pas déjà eu l’ho

C’est toujours une bo

Marius était attentif au parler de cet homme. Il épiait l’accent et le geste, mais son désappointement croissait; c’était une prononciation nasillarde, absolument différente du son de voix aigre et sec auquel il s’attendait. Il était tout à fait dérouté.

– Je ne co

La réponse était bourrue. Le perso

– Alors, ce sera chez Chateaubriand que j’aurai vu monsieur! Je co

Le front de Marius devint de plus en plus sévère:

– Je n’ai jamais eu l’ho

L’homme, devant la voix plus dure, salua plus bas.

– Monsieur le baron, daignez m’écouter. Il y a en Amérique, dans un pays qui est du côté de Panama, un village appelé la Joya [114] . Ce village se compose d’une seule maison. Une grande maison carrée de trois étages en briques cuites au soleil, chaque côté du carré long de cinq cents pieds, chaque étage en retraite de douze pieds sur l’étage inférieur de façon à laisser devant soi une terrasse qui fait le tour de l’édifice, au centre une cour intérieure où sont les provisions et les munitions, pas de fenêtres, des meurtrières, pas de porte, des échelles, des échelles pour monter du sol à la première terrasse, et de la première à la seconde, et de la seconde à la troisième, des échelles pour descendre dans la cour intérieure, pas de portes aux chambres, des trappes, pas d’escaliers aux chambres, des échelles; le soir on ferme les trappes, on retire les échelles, on braque des tromblons et des carabines aux meurtrières; nul moyen d’entrer; une maison le jour, une citadelle la nuit, huit cents habitants, voilà ce village. Pourquoi tant de précautions? c’est que ce pays est dangereux; il est plein d’anthropophages. Alors pourquoi y va-t-on? c’est que ce pays est merveilleux; on y trouve de l’or.

– Où voulez-vous en venir? interrompit Marius qui du désappointement passait à l’impatience.

– À ceci, monsieur le baron. Je suis un ancien diplomate fatigué. La vieille civilisation m’a mis sur les dents. Je veux essayer des sauvages.

– Après?

– Monsieur le baron, l’égoïsme est la loi du monde. La paysa

– Après? Concluez.

– Je voudrais aller m’établir à la Joya. Nous sommes trois. J’ai mon épouse et ma demoiselle; une fille qui est fort belle. Le voyage est long et cher. Il me faut un peu d’argent.

– En quoi cela me regarde-t-il? demanda Marius.

L’inco

– Est-ce que monsieur le baron n’a pas lu ma lettre?

Cela était à peu près vrai. Le fait est que le contenu de l’épître avait glissé sur Marius. Il avait vu l’écriture plus qu’il n’avait lu la lettre. Il s’en souvenait à peine. Depuis un moment un nouvel éveil venait de lui être do

– Précisez.

L’inco

– Soit, monsieur le baron. Je précise. J’ai un secret à vous vendre.

– Un secret?

– Un secret.

– Qui me concerne?

– Un peu.

– Quel est ce secret?

Marius examinait de plus en plus l’homme, tout en l’écoutant.

– Je commence gratis, dit l’inco

– Parlez.

– Monsieur le baron, vous avez chez vous un voleur et un assassin.

Marius tressaillit.

– Chez moi? non, dit-il.

L’inco

– Assassin et voleur. Remarquez, monsieur le baron, que je ne parle pas ici de faits anciens, arriérés, caducs, qui peuvent être effacés par la prescription devant la loi et par le repentir devant Dieu. Je parle de faits récents, de faits actuels, de faits encore ignorés de la justice à cette heure. Je continue. Cet homme s’est glissé dans votre confiance, et presque dans votre famille, sous un faux nom. Je vais vous dire son nom vrai. Et vous le dire pour rien.

– J’écoute.

– Il s’appelle Jean Valjean.

– Je le sais.

– Je vais vous dire, également pour rien, qui il est.

– Dites.

– C’est un ancien forçat.

– Je le sais.

– Vous le savez depuis que j’ai eu l’ho

– Non. Je le savais auparavant.

Le ton froid de Marius, cette double réplique je le sais , son laconisme réfractaire au dialogue, remuèrent dans l’inco

L’inco

– Je ne me permets pas de démentir monsieur le baron. Dans tous les cas, vous devez voir que je suis renseigné. Maintenant ce que j’ai à vous apprendre n’est co

– Je sais ce secret-là comme je sais les autres, dit Marius.

Le perso

– Monsieur le baron, mettez dix mille francs, et je parle.

– Je vous répète que vous n’avez rien à m’apprendre. Je sais ce que vous voulez me dire.

Il y eut dans l’œil de l’homme un nouvel éclair. Il s’écria:

– Il faut pourtant que je dîne aujourd’hui. C’est un secret extraordinaire, vous dis-je. Monsieur le baron, je vais parler. Je parle. Do

Marius le regarda fixement:

– Je sais votre secret extraordinaire; de même que je savais le nom de Jean Valjean, de même que je sais votre nom.

– Mon nom?

– Oui.

– Ce n’est pas difficile, monsieur le baron. J’ai eu l’ho

– Dier.

– Hein?

– Thénardier.

– Qui ça?

Dans le danger, le porc-épic se hérisse, le scarabée fait le mort, la vieille garde se forme en carré; cet homme se mit à rire.

[113] Habit bien choisi pour un homme que le narrateur avait ainsi défini: «Thénardier était un homme d'État» (II, 3, 2).

[114] Ce lieu sinistre, qui porte un nom si joyeux, se trouve – s'il doit se trouver quelque part – entre Colombie et Venezuela, autrement dit dans la patrie de Bolivar.