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– Vous viendrez tous les soirs, dit Marius, et Cosette vous attendra.

– Vous êtes bon, monsieur, dit Jean Valjean.

Marius salua Jean Valjean, le bonheur reconduisit jusqu’à la porte le désespoir, et ces deux hommes se quittèrent.

Chapitre II Les obscurités que peut contenir une révélation

Marius était bouleversé.

L’espèce d’éloignement qu’il avait toujours eu pour l’homme près duquel il voyait Cosette, lui était désormais expliqué. Il y avait dans ce perso

Trouver brusquement un tel secret au milieu de son bonheur, cela ressemble à la découverte d’un scorpion dans un nid de tourterelles.

Le bonheur de Marius et de Cosette était-il condamné désormais à ce voisinage? Était-ce là un fait accompli? L’acceptation de cet homme faisait-elle partie du mariage consommé? N’y avait-il plus rien à faire?

Marius avait-il épousé aussi le forçat?

On a beau être couro

Comme il arrive toujours dans les changements à vue de cette espèce, Marius se demandait s’il n’avait pas de reproche à se faire à lui-même? Avait-il manqué de divination? Avait-il manqué de prudence? S’était-il étourdi involontairement? Un peu, peut-être. S’était-il engagé, sans assez de précaution pour éclairer les alentours, dans cette aventure d’amour qui avait abouti à son mariage avec Cosette? Il constatait, – c’est ainsi, par une série de constatations successives de nous-mêmes sur nous-mêmes, que la vie nous amende peu à peu, – il constatait le côté chimérique et visio

Mais ce paradis était compliqué désormais d’un côtoiement infernal.

L’ancien éloignement de Marius pour cet homme, pour ce Fauchelevent devenu Jean Valjean, était à présent mêlé d’horreur.

Dans cette horreur, disons-le, il y avait quelque pitié, et même une certaine surprise.

Ce voleur, ce voleur récidiviste, avait restitué un dépôt. Et quel dépôt? Six cent mille francs. Il était seul dans le secret du dépôt. Il pouvait tout garder, il avait tout rendu.

En outre, il avait révélé de lui-même sa situation. Rien ne l’y obligeait. Si l’on savait qui il était, c’était par lui. Il y avait dans cet aveu plus que l’acceptation de l’humiliation, il y avait l’acceptation du péril. Pour un condamné, un masque n’est pas un masque, c’est un abri. Il avait renoncé à cet abri. Un faux nom, c’est de la sécurité; il avait rejeté ce faux nom. Il pouvait, lui galérien, se cacher à jamais dans une famille ho

Jean Valjean était sincère. Cette sincérité, visible, palpable, irréfragable, évidente même par la douleur qu’elle lui faisait, rendait les informations inutiles et do

Dans le mystérieux bilan de ce Jean Valjean que Marius pensif dressait, il constatait l’actif, il constatait le passif, et il tâchait d’arriver à une balance. Mais tout cela était comme dans un orage. Marius, s’efforçant de se faire une idée nette de cet homme, et poursuivant, pour ainsi dire, Jean Valjean au fond de sa pensée, le perdait et le retrouvait dans une brume fatale.

Le dépôt ho

Si troubles que fussent les souvenirs de Marius, il lui en revenait quelque ombre.

Qu’était-ce décidément que cette aventure du galetas Jondrette? Pourquoi, à l’arrivée de la police, cet homme, au lieu de se plaindre, s’était-il évadé? ici Marius trouvait la réponse. Parce que cet homme était un repris de justice en rupture de ban.

Autre question: Pourquoi cet homme était-il venu dans la barricade? Car à présent Marius revoyait distinctement ce souvenir, reparu dans ces émotions comme l’encre sympathique au feu. Cet homme était dans la barricade. Il n’y combattait pas. Qu’était-il venu y faire? Devant cette question un spectre se dressait, et faisait la réponse. Javert. Marius se rappelait parfaitement à cette heure la funèbre vision de Jean Valjean entraînant hors de la barricade Javert garrotté, et il entendait encore derrière l’angle de la petite rue Mondétour l’affreux coup de pistolet. Il y avait, vraisemblablement, haine entre cet espion et ce galérien. L’un gênait l’autre. Jean Valjean était allé à la barricade pour se venger. Il y était arrivé tard. Il savait probablement que Javert y était priso

Dernière question enfin; mais à celle-ci pas de réponse. Cette question, Marius la sentait comme une tenaille. Comment se faisait-il que l’existence de Jean Valjean eût coudoyé si longtemps celle de Cosette? Qu’était-ce que ce sombre jeu de la providence qui avait mis cet enfant en contact avec cet homme? Y a-t-il donc aussi des chaînes à deux forgées là-haut, et Dieu se plaît-il à accoupler l’ange avec le démon? Un crime et une i