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Livre deuxième – Le grand bourgeois
Chapitre I Quatrevingt-dix ans et trente-deux dents
Rue Boucherat, rue de Normandie et rue de Saintonge, il existe encore quelques anciens habitants qui ont gardé le souvenir d’un bonhomme appelé M. Gillenormand [29] , et qui en parlent avec complaisance. Ce bonhomme était vieux quand ils étaient jeunes. Cette silhouette, pour ceux qui regardent mélancoliquement ce vague fourmillement d’ombres qu’on nomme le passé, n’a pas encore tout à fait disparu du labyrinthe des rues voisines du Temple auxquelles, sous Louis XIV, on a attaché les noms de toutes les provinces de France, absolument comme on a do
M. Gillenormand, lequel était on ne peut plus vivant en 1831, était un de ces hommes devenus curieux à voir uniquement à cause qu’ils ont longtemps vécu, et qui sont étranges parce qu’ils ont jadis ressemblé à tout le monde et que maintenant ils ne ressemblent plus à perso
Chapitre II Tel maître, tel logis
Il demeurait au Marais, rue des Filles-du-Calvaire, n° 6. La maison était à lui. Cette maison a été démolie et rebâtie depuis, et le chiffre en a probablement été changé dans ces révolutions de numérotage que subissent les rues de Paris. Il occupait un vieil et vaste appartement au premier, entre la rue et des jardins, meublé jusqu’aux plafonds de grandes tapisseries des Gobelins et de Beauvais représentant des bergerades; les sujets des plafonds et des pa
Chapitre III Luc-Esprit
À l’âge de seize ans, un soir, à l’Opéra, il avait eu l’ho
Chapitre IV Aspirant centenaire
Il avait eu des prix en son enfance au collège de Moulins où il était né, et il avait été couro
[29] Il est donc né en 1740. Ce perso
[30] Actuel quartier de l'Europe, derrière la gare Saint-Lazare, célèbre, vers 1830, par son parc d'attractions et son bal.
[31] R. Journet signale (Les Misérables , Garnier-Flammarion) que «vers 1845 Hugo a noté des propos assez bizarres de son barbier qui s'appelait Richy. Or, dans la liste des dames qui lui ont accordé à l'époque diverses faveurs, nous trouvons Mme Richy». On rencontrera dans le portrait de M. Gillenormand d'autres traits autobiographiques comme la possibilité de se passer de lunettes, ou la dentition intacte.
[32] La teinture éthérée de perchlorure de fer était utilisée dans le traitement des maladies vénérie