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– Quoi? demanda le priso

– Je dicte.

M. Leblanc prit la plume. Thénardier commença à dicter:

– «Ma fille…»

Le priso

– Mettez «ma chère fille», dit Thénardier. M. Leblanc obéit. Thénardier continua:

– «Viens sur-le-champ…»

Il s’interrompit:

– Vous la tutoyez, n’est-ce pas?

– Qui? demanda M. Leblanc.

– Parbleu! dit Thénardier, la petite, l’Alouette.

M. Leblanc répondit sans la moindre émotion apparente:

– Je ne sais ce que vous voulez dire.

– Allez toujours, fit Thénardier; et il se remit à dicter:

– «Viens sur-le-champ. J’ai absolument besoin de toi. La perso

M. Leblanc avait tout écrit. Thénardier reprit:

– Ah! effacez viens avec confiance ; cela pourrait faire supposer que la chose n’est pas toute simple et que la défiance est possible.

M. Leblanc ratura les trois mots.

– À présent, poursuivit Thénardier, signez. Comment vous appelez-vous?

Le priso

– Pour qui est cette lettre?

– Vous le savez bien, répondit Thénardier. Pour la petite. Je viens de vous le dire.

Il était évident que Thénardier évitait de nommer la jeune fille dont il était question. Il disait «l’Alouette», il disait «la petite», mais il ne prononçait pas le nom. Précaution d’habile homme gardant son secret devant ses complices. Dire le nom, c’eût été leur livrer toute «l’affaire», et leur en apprendre plus qu’ils n’avaient besoin d’en savoir.

Il reprit:

– Signez. Quel est votre nom?

– Urbain Fabre, dit le priso

Thénardier, avec le mouvement d’un chat, précipita sa main dans sa poche et en tira le mouchoir saisi sur M. Leblanc. Il en chercha la marque et l’approcha de la chandelle.

– U.F. C’est cela. Urbain Fabre. Eh bien, signez U.F.

Le priso

– Comme il faut les deux mains pour plier la lettre, do

Cela fait, Thénardier reprit:

– Mettez l’adresse. Mademoiselle Fabre , chez vous. Je sais que vous demeurez pas très loin d’ici, aux environs de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, puisque c’est là que vous allez à la messe tous les jours, mais je ne sais pas dans quelle rue. Je vois que vous comprenez votre situation. Comme vous n’avez pas menti pour votre nom, vous ne mentirez pas pour votre adresse. Mettez-la vous-même.

Le priso

– Mademoiselle Fabre, chez monsieur Urbain Fabre, rue Saint-Dominique-d’Enfer, n° 17.

Thénardier saisit la lettre avec une sorte de convulsion fébrile.

– Ma femme! cria-t-il.

La Thénardier accourut.

– Voici la lettre. Tu sais ce que tu as à faire. Un fiacre est en bas. Pars tout de suite, et reviens idem.

Et s’adressant à l’homme au merlin:

– Toi, puisque tu as ôté ton cache-nez, accompagne la bourgeoise. Tu monteras derrière le fiacre. Tu sais où tu as laissé la maringotte?

– Oui, dit l’homme.

Et, déposant son merlin dans un coin, il suivit la Thénardier.

Comme ils s’en allaient, Thénardier passa sa tête par la porte entrebâillée et cria dans le corridor:

– Surtout ne perds pas la lettre! songe que tu as deux cent mille francs sur toi.

La voix rauque de la Thénardier répondit:

– Sois tranquille. Je l’ai mise dans mon estomac.

Une minute ne s’était pas écoulée qu’on entendit le claquement d’un fouet qui décrut et s’éteignit rapidement.

– Bon! grommela Thénardier. Ils vont bon train. De ce galop-là la bourgeoise sera de retour dans trois quarts d’heure.

Il approcha une chaise de la cheminée et s’assit en croisant les bras et en présentant ses bottes boueuses au réchaud.

– J’ai froid aux pieds, dit-il.

Il ne restait plus dans le bouge avec Thénardier et le priso

La chandelle, où un large champignon s’était formé, éclairait à peine l’immense taudis, le brasier s’était terni, et toutes ces têtes monstrueuses faisaient des ombres difformes sur les murs et au plafond.

On n’entendait d’autre bruit que la respiration paisible du vieillard ivre qui dormait.

Marius attendait, dans une anxiété que tout accroissait. L’énigme était plus impénétrable que jamais. Qu’était-ce que cette «petite» que Thénardier avait aussi nommée l’Alouette? était-ce son «Ursule»? Le priso

– Dans tous les cas, disait-il, si l’Alouette, c’est elle, je le verrai bien, car la Thénardier va l’amener ici. Alors tout sera dit, je do

Près d’une demi-heure passa ainsi. Thénardier paraissait absorbé par une méditation ténébreuse. Le priso

Tout à coup Thénardier apostropha le priso

– Monsieur Fabre, tenez, autant que je vous dise tout de suite.

Ces quelques mots semblaient commencer un éclaircissement. Marius prêta l’oreille. Thénardier continua:

– Mon épouse va revenir, ne vous impatientez pas. Je pense que l’Alouette est véritablement votre fille, et je trouve tout simple que vous la gardiez. Seulement, écoutez un peu. Avec votre lettre, ma femme ira la trouver. J’ai dit à ma femme de s’habiller, comme vous avez vu, de façon que votre demoiselle la suive sans difficulté. Elles monteront toutes deux dans le fiacre avec mon camarade derrière. Il y a quelque part en dehors d’une barrière une maringotte attelée de deux très bons chevaux. On y conduira votre demoiselle. Elle descendra du fiacre. Mon camarade montera avec elle dans la maringotte, et ma femme reviendra ici nous dire: C’est fait. Quant à votre demoiselle, on ne lui fera pas de mal, la maringotte la mènera dans un endroit où elle sera tranquille, et, dès que vous m’aurez do

Le priso

– C’est simple, comme vous voyez, Il n’y aura pas de mal si vous ne voulez pas qu’il y ait du mal. Je vous conte la chose. Je vous préviens pour que vous sachiez.

Il s’arrêta, le priso

– Dès que mon épouse sera revenue et qu’elle m’aura dit: L’Alouette est en route, nous vous lâcherons, et vous serez libre d’aller coucher chez vous. Vous voyez que nous n’avions pas de mauvaises intentions.

Des images épouvantables passèrent devant la pensée de Marius. Quoi! cette jeune fille qu’on enlevait, on n’allait pas la ramener? Un de ces monstres allait l’emporter dans l’ombre? où?… Et si c’était elle! Et il était clair que c’était elle! Marius sentait les battements de son cœur s’arrêter. Que faire? Tirer le coup de pistolet? mettre aux mains de la justice tous ces misérables? Mais l’affreux homme au merlin n’en serait pas moins hors de toute atteinte avec la jeune fille, et Marius songeait à ces mots de Thénardier dont il entrevoyait la signification sanglante: Si vous me faites arrêter, mon camarade do