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Mais une chose fut passée sous silence; alors et plus tard dans mon livre.

Ce n'était pas par amour d'un autre homme que je me libérais; mais j'aimais un autre homme.

Je l'avais choisi de loin, en cette dernière a

Et de loin était venue sa réponse, un soupir mélancolique, un craintif éto

Il y a une branche d'amandier en fleurs sur ma table: et son parfum de miel, la plus inexprimable douceur que mes sens aient éprouvée à travers le printemps, et sa grâce miraculeuse do

Je me vois comme j'étais, pénétrée de soleil, et j'oublie que je ne le savais pas.

Après ce premier cri où mon instinct s'était manifesté, j'avais fait de ce jeune homme lointain et presque inco

J'avais confusément l'intuition qu'il vivait et pleurait pour une femme qui depuis peu l'avait quitté. Et pourtant, de même qu'il ne se dérobait pas à la séduction de ma voix et assistait à cette création de moi-même qui avait quelque chose de fantastique dans sa troublante spontanéité, je continuais par lettre à lui parler comme si, malgré tout, il était mien, comme à celui que le Destin me do

Amour, espoir du miracle! Puissance en toi dormante, perpétuelle attente de son éveil!

Amour, c'est de toi que je m'inspirais et non de la mesquine créature: de ton image à toi, mystérieusement sortie du fond de ma substance: amour, je te regardais, toi que je ne co

Amour, et je t'appris.

J'appris à tendre les mains à la braise enflammée de l'extrême horizon.

J'appris à désirer, à renoncer, à me prodiguer sans demander de compensation, sans jamais recevoir de don qui valût le mien.

Amour, mais tu me trouvais belle, je le savais.

Tu me persuadais que je te méritais.

Avais-je été femme, jusqu'alors! Non, pas même en enfantant, pas même en allaitant mon enfant, je n'étais parvenue à sentir en moi la raison de mon existence et celle du monde. Mon enfant, je l'avais adoré, mais comme une partie de moi, plus arcane, qui m'attachait, oui, encore plus à la terre; mais, m'interrogeant encore, sans mon consentement, sans l'accord de ma volonté avec la volonté de la vie: mon enfant n'était pas un fruit de l'amour, il n'était pas non plus, pauvre petit coeur palpitant de mon coeur, il n'était pas fils de moi toute, il était né de moi avant que je fusse moi-même, née toute, avant que j'eusse vraiment fleuri.

Comme une grande rose au soleil, la femme s'ouvrait, maintenant, et son parfum s'en allait là-bas.

Je mettais dans ma lettre ma journée chaque soir, dans la blanche enveloppe, mon essence.

L'homme éloigné la recevait, la respirait.

Si je regarde et caresse un visage aimé, la vie se suspend en nous et autour de nous. Si je prends dans mes bras celui que j'aime et si je me fonds en lui, la vie qui crie dans notre sang n'est déjà plus de l'un ni de l'autre. Mais si je parle, seule à seul, si j'écris sur une page que verront seulement deux yeux autres que les miens, vraiment je me transmets; quelque chose de moi pour toujours passe en toi, que je ne récupérerai jamais plus, que tu emporteras avec toi dans la mort…

"Aimé, tu es loin, toutes tes heures je ne puis les imaginer, pour ma soif. Regarde, c'est le matin, et je suis dans le jardin, mes nattes sur les épaules, je semble être la soeur de mon enfant; mais dans mes yeux, la nuit ne m'a laissé qu'horreur. Pourtant je ris au petit, je rentre avec lui à la maison, les bras chargés de fleurs et de branches, et dans l'ombre silencieuse, je l'embrasse puis je le fais lire, syllabe par syllabe, je guide ses doigts pour écrire. Les heures passent, l'enfant est las, il va jouer, je reste seule. La poste ne m'apporte rien de toi, aujourd'hui encore. Depuis tant de jours… Pourquoi t'aimé-je? Je me rappelle à peine le timbre de ta voix telle que je l'entendis derrière moi un soir que tu surgis dans le vestibule d'un théâtre et que tu me saluas joyeusement…

"Pourquoi t'aimé-je? J'ignore ton baiser, je n'ai jamais vu au fond de ton regard. Et tu ne 'as jamais dit une parole qui ait pénétré, révélatrice, féconde, dans mon esprit. Mais, vois-tu, tu es libre, tu es jeune, tu as tremblé à mes accents: et j'ai senti, à peine avais-je commencé à te parler, que je pouvais te faire la vie plus forte et plus grande, et peut-être te rendre heureux. Avant, je ne savais pas cela. Je ne savais pas que mon instinct était de do

Amour, espoir du miracle! Puissance en toi dormante, perpétuelle attente de son éveil!

Les oliviers, sous le soleil, sont d'argent et frémissent et brillent: de grandes eaux d'azur s'étalent derrière les branches brunies et un frisson les effleure. Le visage du monde n'a pas changé depuis le temps où j'avais quinze ans et n'aura pas changé dans mille ans: radieux et silencieux, il me regarde plus que je ne le regarde, il me regarde, petite, mais seule, vivante, pour peu d'instants, mais neuve toujours.

J'évoquais pour l'amour la belle adolescente que j'avais été. Et soudain, ma nécessité fut de dire pour la première fois comme cette mie

Lettre nuptiale écrite une nuit de mai, en une chambre d'auberge solitaire; et après qu'elle fut écrite, un vertige m'abattit le front contre la table, je sentis une étrange saveur dans ma bouche et réellement, un filet rouge me sortit des lèvres, tacha le bord des pages… Sang mystérieusement fleuri avec le jet de mon âme, lettre consacrée…

Quand j'eus repris co