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– Parlez-moi de cela, monsieur Costejoux, et nous reparlerons de Louise. Je veux d'abord comprendre comment et pourquoi tout vous semble perdu, à vous que j'ai vu si plein d'espoir quand vous disiez et quand vous écriviez: «Encore quelques semaines d'énergie et de rigueur, et puis nous entrerons dans le règne de la justice et de la fraternité.» Avez-vous cru réellement que vous pourriez vous réconcilier avec les timides, après les avoir tant effrayés, et avec les royalistes, après les avoir tant fait souffrir? Moi, je crois que les hommes ne pardo

– Je le sais, reprit-il vivement. Je ne le sais que trop à présent! Les modérés nous haïssent plus mortellement encore que les royalistes, car ceux-ci ne sont point lâches. Ils montrent, au contraire, une audace que l'on croyait avoir vaincue. Costumés ridiculement et affectant, pour se distinguer de nous, des airs efféminés, ils s'intitulent muscadins et jeunesse dorée; à l'heure qu'il est, ils se montrent dans Paris avec de grosses ca

– Hélas! monsieur Costejoux, vous ne raiso

Je vis que je lui faisais de la peine, car il ne dit rien pendant un moment, et puis, tout à coup, il reprit le ton de colère que je lui avais vu prendre à Limoges au milieu de la Terreur.

– Oui! dit-il, c'est notre destinée d'être jugés comme cela! Nous avons assumé sur nous tous les reproches, toutes les malédictions, toutes les hontes de la Révolution. Je le sais, je le sais! Nous serons des infâmes, des bêtes féroces, des tyrans, pour avoir voulu sauver la France. Notre châtiment est commencé! le peuple, à qui nous avons tout sacrifié, pour qui nous avons forcé notre nature jusqu'à être sans scrupule et sans pitié, cette cause sublime à laquelle nous avons immolé nos sentiments d'humanité, notre réputation, et jusqu'à notre conscience légale, c'est là ce qui se tourne contre nous; c'est le peuple qui nous livrera à nos e

– Eh bien, cela vous éto

Il voulait riposter; mais, quand il était fâché, les lèvres lui tremblaient comme aux perso

– Vous voulez me dire, repris-je, que c'est la rage du peuple qui vous a emportés et poussés à la vengeance des longues misères qu'il avait endurées. Je sais, pour l'avoir entendu assez déplorer chez nous, que c'est le peuple de Paris et des grandes villes qui vous pousse et vous mène, parce que vous demeurez dans les villes, vous autres gens d'esprit et de savoir. Vous croyez co