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Je suppose une société où il sera convenu que l'inceste (admettons ce délit comme tout autre), que l'inceste, dis-je, soit un crime: ceux qui s'y livreront seront malheureux, parce que l'opinion, les lois, le culte, tout viendra glacer leurs plaisirs; ceux qui désireront le commettre, ce mal, et qui ne l'oseront, d'après ces freins, seront également malheureux; ainsi la loi qui proscrira l'inceste n'aura fait que des infortunés. Que dans la société voisine, l'inceste ne soit point un crime, ceux qui ne le désireront pas ne seront point malheureux, et ceux qui le désireront seront heureux. Donc la société qui aura permis cette action conviendra mieux aux hommes que celle qui aura érigé cette même action en crime. Il en est de même de toutes les autres actions maladroitement considérées comme criminelles: en les observant sous ce point de vue, vous faites une foule de malheureux; en les permettant, perso

Telle était la logique infernale des malheureuses passions de Rodin; mais Rosalie plus douce et bien moins corrompue, Rosalie, détestant les horreurs auxquelles elle était soumise, se livrait plus docilement à mes avis: je désirais avec ardeur lui faire remplir ses premiers devoirs de religion; il aurait fallu pour cela mettre un prêtre dans la confidence, et Rodin n'en voulait aucun dans sa maison, il les avait en horreur comme le culte qu'ils professaient: pour rien au monde, il n'en eût souffert un près de sa fille; conduire cette jeune perso

– Ô mademoiselle, lui disais-je un jour en recueillant les larmes de sa componction, l'homme peut-il s'aveugler au point de croire qu'il ne soit pas destiné à une meilleure fin? Ne suffit-il pas qu'il ait été doué du pouvoir et de la faculté de co

De ces premières vérités, je déduisais facilement les autres, et Rosalie, déiste, était bientôt chrétie

Cependant, une telle école, des dangers si permanents, si réels, me firent trembler pour Rosalie, au point que je ne me crus nullement coupable en l'engageant à fuir de cette maison perverse. Il me semblait qu'il y avait un moindre mal à l'arracher du sein de son incestueux père que de l'y laisser au hasard de tous les risques qu'elle y pouvait courir. J'avais déjà touché légèrement cette matière et je n'étais peut-être pas très loin d'y réussir, quand tout à coup Rosalie disparut de la maison, sans qu'il me fût possible de savoir où elle était. Interrogeais-je les femmes de chez Rodin, ou Rodin lui-même, on m'assurait qu'elle était allée passer la belle saison chez une parente, à dix lieues de là. M'informais-je dans le voisinage, d'abord on s'éto

Dès le lendemain, me trouvant seule au logis, j'en parcours soigneusement tous les coins; je crois entendre quelques gémissements au fond d'une cave très obscure… Je m'approche, un tas de bois paraissait boucher une porte étroite et reculée; j'avance en écartant tous les obstacles… de nouveaux sons se font entendre; je crois en démêler l'organe… Je prête mieux l'oreille… je ne doute plus.

– Thérèse! entends-je enfin, ô Thérèse, est-ce toi?

– Oui, chère et tendre amie! m'écriai-je, en reco

Et mes questions multipliées laissent à peine à cette intéressante fille le temps de me répondre. J'apprends enfin que quelques heures avant sa disparition, Rombeau, l'ami, le confrère de Rodin, l'avait examinée nue, et qu'elle avait reçu de son père l'ordre de se prêter, avec ce Rombeau, aux mêmes horreurs que Rodin exigeait chaque jour d'elle; qu'elle avait résisté, mais que Rodin, furieux, l'avait saisie et présentée lui-même aux attentats débordés de son confrère; qu'ensuite, les deux amis s'étaient fort longtemps parlé bas, la laissant toujours nue, et venant par intervalles l'examiner de nouveau, en jouir toujours de cette même manière criminelle, ou la maltraiter en cent façons différentes; que définitivement, après quatre ou cinq heures de cette séance, Rodin lui avait dit qu'il allait l'envoyer à la campagne chez une de ses parentes; mais qu'il fallait partir tout de suite et sans parler à Thérèse, pour des raisons qu'il lui expliquerait le lendemain lui-même dans cette campagne, où il irait aussitôt la rejoindre. Il avait fait entendre à Rosalie qu'il s'agissait d'un mariage pour elle, et que c'était en raison de cela que son ami Rombeau l'avait examinée, afin de voir si elle était en état de devenir mère. Rosalie était effectivement partie sous la conduite d'une vieille femme; elle avait traversé le bourg, dit adieu en passant à plusieurs co