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Il s’était avancé, le revolver toujours braqué sur le jeune homme, et il parlait sourdement, en martelant ses syllabes, avec un accent d’une incroyable énergie. L’œil était dur, le sourire cruel. Beautrelet frisso

– Et après ? dit-il, la voix étranglée.

– Après ? rien… Tu seras libre…

Un silence. Brédoux reprit :

– Plus qu’une minute. Il faut te décider. Allons, mon bonhomme, pas de bêtises… Nous sommes les plus forts, toujours et partout… Vite, le papier…

Isidore ne bronchait pas, livide, terrifié, maître de lui pourtant, et le cerveau lucide, dans la débâcle de ses nerfs. À vingt centimètres de ses yeux, le petit trou noir du revolver s’ouvrait. Le doigt replié pesait visiblement sur la détente. Il suffisait d’un effort encore…

– Le papier, répéta Brédoux… Sinon…

– Le voici, dit Beautrelet.

Il tira de sa poche son portefeuille et le tendit au greffier qui s’en empara.

– Parfait ! Nous sommes raiso

Il rentra son revolver et tourna l’espagnolette de la fenêtre. Du bruit réso

– Adieu, fit-il, de nouveau… il n’est que temps.

Mais une idée l’arrêta. D’un geste il vérifia le portefeuille.

– To

Il sauta dans la pièce. Deux coups de feu retentirent. Isidore à son tour avait saisi son pistolet et il tirait.

– Raté, mon bonhomme, hurla Brédoux, ta main tremble… tu as peur…

Ils s’empoignèrent à bras-le-corps et roulèrent sur le parquet. À la porte on frappait à coups redoublés.

Isidore faiblit, tout de suite dominé par son adversaire. C’était la fin. Une main se leva au-dessus de lui, armée d’un couteau, et s’abattit. Une violente douleur lui brûla l’épaule. Il lâcha prise.

Il eut l’impression qu’on fouillait dans la poche intérieure de son veston et qu’on saisissait le document. Puis, à travers le voile baissé de ses paupières, il devina l’homme qui franchissait le rebord de la fenêtre…

Les mêmes journaux qui, le lendemain matin, relataient les derniers épisodes survenus au château d’Ambrumésy, le truquage de la chapelle, la découverte du cadavre d’Arsène Lupin et du cadavre de Raymonde, et enfin le meurtre de Beautrelet par Brédoux, greffier du juge d’instruction, les mêmes journaux a

La disparition de Ganimard, et l’enlèvement, en plein jour, au cœur de Londres, alors qu’il allait prendre le train pour Douvres, l’enlèvement d’Herlock Sholmès.

Ainsi donc, la bande de Lupin, un instant désorganisée par l’extraordinaire ingéniosité d’un gamin de dix-sept ans, reprenait l’offensive, et du premier coup, partout et sur tous les points, demeurait victorieuse. Les deux grands adversaires de Lupin, Sholmès et Ganimard supprimés. Beautrelet, hors de combat. Plus perso

Six semaines après, un soir, j’avais do

On ne s’en privait pas. Spécialistes et techniciens du crime, romanciers et dramaturges, magistrats et anciens chefs de la Sûreté, MM. Lecocq retraités et Herlock Sholmès en herbe, chacun avait sa théorie et la délayait en copieux articles. Chacun reprenait et complétait l’instruction. Et tout cela sur la parole d’un enfant, d’Isidore Beautrelet, élève de rhétorique au lycée Janson-de-Sailly.

Car vraiment, il fallait bien le dire, on possédait les éléments complets de la vérité. Le mystère… en quoi consistait-il ? On co

Donc, Lupin mort, le cadavre de Mlle de Saint-Véran reco

Il ne l’était pas. Il ne l’était pour perso

Aussi avec quelle anxiété on attendit, au début, les bulletins de santé que publiaient les médecins de Dieppe auxquels le comte confia le malade ! Quelle désolation, durant les premiers jours, quand on crut sa vie en danger ! Et quel enthousiasme le matin où les journaux a

Après, ce fut la convalescence rapide et joyeuse. Enfin on allait savoir ! On saurait ce que Beautrelet avait promis de révéler à M. Filleul, et les mots définitifs que le couteau du criminel l’avait empêché de prononcer ! Et l’on saurait aussi tout ce qui, en dehors du drame lui-même, demeurait impénétrable ou inaccessible aux efforts de la justice.

Beautrelet, libre, guéri de sa blessure, on aurait une certitude quelconque sur le sieur Harlington, l’énigmatique complice d’Arsène Lupin, que l’on détenait toujours à la prison de la Santé. On apprendrait ce qu’était devenu après le crime le greffier Brédoux, cet autre complice dont l’audace avait été vraiment effarante.

Beautrelet libre, on pourrait se faire une idée précise sur la disparition de Ganimard et sur l’enlèvement de Sholmès. Comment deux attentats de cette sorte avaient-ils pu se produire ? Les détectives anglais, aussi bien que leurs collègues de France, ne possédaient aucun indice à ce sujet. Le dimanche de la Pentecôte, Ganimard n’était pas rentré chez lui, le lundi non plus, et point davantage depuis six semaines.

À Londres, le lundi de la Pentecôte, à quatre heures du soir, Herlock Sholmès prenait un cab pour se rendre à la gare. À peine était-il monté qu’il essayait de descendre, averti probablement du péril. Mais deux individus escaladaient la voiture à droite et à gauche, le renversaient et le maintenaient entre eux, sous eux plutôt, vu l’exiguïté du véhicule. Et cela devant dix témoins, qui n’avaient pas le temps de s’interposer. Le cab s’enfuit au galop. Après ? Après, rien. On ne savait rien.