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Arsène Lupin gentleman-cambrioleur
Maurice Leblanc
Pierre Lafitte et Cie, Paris, 1907
Exporté de Wikisource le 09/11/2015
Dédicace
Préface
L’arrestation d’Arsène Lupin
Arsène Lupin en prison
L’évasion d’Arsène Lupin
Le mystérieux voyageur
Le collier de la Reine
Le sept de cœur
Le coffre-fort de Madame Imbert
La perle noire
Herlock Sholmès arrive trop tard
À Pierre LAFITTE.
Mon cher ami,
Tu m’as engagé sur une route où je ne croyais point que je dusse jamais m’aventurer, et j’y ai trouvé tant de plaisir et d’agrément littéraire qu’il me paraît juste d’inscrire ton nom en tête de ce premier volume, et de t’affirmer ici mes sentiments d’affectueuse et fidèle reco
M. L.
PRÉFACE
— Racontez-nous donc, vous qui contez si bien, une histoire de voleurs…
— Soit, dit Voltaire (ou un autre philosophe du XVIIIe siècle, car l’anecdote est attribuée à plusieurs de ces causeurs incomparables).
Et il commença :
— Il était une fois un fermier général…
L’auteur des Aventures d’Arsène Lupin, qui sait si joliment conter, lui aussi, eût commencé tout autrement :
— Il était une fois, un gentilhomme cambrioleur…
Et ce début paradoxal eût fait dresser les têtes effarées des auditrices. Les aventures d’Arsène Lupin, aussi incroyables et entraînantes que celles d’Arthur Gordon Pym, ont fait mieux. Elles n’ont pas seulement intéressé un salon, elles ont passio
Ces histoires de détectives et d’apaches du high lifeou de la rue ont toujours eu une singulière et puissante attraction. Balzac, en quittant Mme de Morsauf, vivait l’existence dramatique d’un limier de police. Il laissait là le lys de la vallée pour le réfractaire du ruisseau. Victor Hugo inventait Javert, do
Il arrive ainsi à l’écrivain de rencontrer sur son chemin un perso
Le succès des récits de M. Leblanc a été, on peut le dire, foudroyant dans la revue mensuelle où le lecteur, qui se contentait jadis des vulgaires intrigues du roman feuilleton, va chercher (évolution significative) une littérature qui le divertisse, mais qui reste pourtant de la littérature.
L’auteur avait débuté, il y a une douzaine d’a
Il faut avoir un don particulier d’imagination pour trouver de ces drames en raccourci, de ces nouvelles rapides qui enserrent la substance même de volumes entiers, comme telles vignettes magistrales contie
C’est alors qu’il fit la co
— Vous pouvez comparer, me disait M. Marcel L’Heureux en m’apportant les épreuves de l’œuvre de son confrère et les numéros où Je sais tout illustrait les exploits d’Arsène Lupin, vous pouvez comparer Sherlock Holmes à Lupin et Maurice Leblanc à Conan Doyle. Il est certain que les deux écrivains ont des points de contact. Même puissance de récit, même habileté d’intrigue, même science du mystère, même enchaînement rigoureux des faits, même sobriété de moyens. Mais quelle supériorité dans le choix des sujets, dans la qualité même du drame ! Et remarquez ce tour de force : avec Sherlock Holmes on se trouve chaque fois en face d’un nouveau vol et d’un nouveau crime ; ici, nous savons d’avance qu’Arsène Lupin est le coupable ; nous savons que, lorsque nous aurons débrouillé les fils enchevêtrés de l’histoire, nous nous trouverons en face du fameux gentleman-cambrioleur ! Il y avait là un écueil, certes. Il est évité, il était même impossible de l’éviter avec plus d’habileté que ne l’a fait Maurice Leblanc. À l’aide de procédés que le plus averti ne distingue pas il vous tient en haleine jusqu’au dénouement de chaque aventure. Jusqu’à la dernière ligne on reste dans l’incertitude, la curiosité, l’angoisse, et le coup de théâtre esttoujours inattendu, bouleversant et troublant. En vérité, Arsène Lupin est un type, un type déjà légendaire, et qui restera. Figure vivante, jeune, pleine de gaîté, d’imprévu, d’ironie. Voleur et cambrioleur, escroc et filou, tout ce que vous voudrez, mais si sympathique, ce bandit ! Il agit avec une si jolie désinvolture ! Tant d’ironie, tant de charme et tant d’esprit ! C’est un dilettante. C’est un artiste ! Remarquez-le bien : Arsène Lupin ne vole pas ; il s’amuse à voler. Il choisit. Au besoin, il restitue. Il est noble et charmant, chevaleresque, délicat, et je le répète, si sympathique, que tout ce qu’il fait semble juste, et qu’on se prend malgré soi à espérer le succès de ses entreprises, que l’on s’en réjouit, et que la morale elle-même a l’air de son côté. Tout cela, je le répète, parce que Lupin est la création d’un artiste, et parce qu’en composant un livre où il a do