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Elle battit des bras et se releva. L’eau lui arrivait aux genoux. Ne jamais se croire en sécurité. Quand on vous tirait dessus, il fallait courir et s’abriter.
Mais l’instructeur lui avait dit : Traverse. Le plus vite possible.
Elle repartit, le plus vite possible, pour être arrêtée par un mur. Elle le suivit. Le sol montait. Il était sec et réverbérait ses pas. Les bruits signalaient sa présence et son teint et ses cheveux clairs la rendaient facile à repérer dans le noir. Elle hésitait entre la rapidité et la discrétion, mais vitesignifiait viteet c’était un ordre de l’instructeur.
Elle courait avec souplesse. Elle se guidait dans le noir en laissant une main glisser le long de la paroi et tendait l’autre devant elle afin de ne pas percuter un nouvel obstacle.
Le passage tournait. Elle gravit une pente, redescendit, se retrouva sur une dalle de béton, toujours dans l’obscurité.
Là ! Quelque chose !L’Embusqué la saisit au même instant.
Elle lui do
Le tu
Un rectangle d’une blancheur aveuglante apparut devant elle.
Son instinct l’incita à plonger et elle se retrouva sur le sol de la petite pièce, avec un goût de sang dans la bouche, une lèvre entaillée et le nez ensanglanté.
Dans son dos, la porte claqua. L’autre s’entrebâilla, sur un homme qui n’était pas son instructeur. Il portait l’uniforme brun de l’E
Elle tenta de lui do
Pendant qu’elle se relevait, rouge de colère et de honte, le battant se referma et se rouvrit.
Sur son instructeur, cette fois.
— L’E
Catlin s’essuya le nez. Elle avait mal partout et se sentait toujours aussi irritée et gênée, mais elle avait traversé. Elle regrettait seulement de ne pas être arrivée à Avoir l’E
L’instructeur lui do
— Tu es très forte.
Et elle se sentit bien mieux, soulagée. Mais elle n’oublierait jamais l’E
Si Catlin était très forte, l’E
— Oui, ser, fit-elle.
Le linge était tout rouge, comme les bulles qui sortaient toujours de son nez. Elle s’éloigna en le tampo
Le med lui apprit que son nez n’avait pas été cassé et qu’elle ne devait pas s’inquiéter parce qu’une de ses dents bougeait : ça s’arrangerait tout seul.
L’instructeur lui a
Elle obtint une note excellente, pour cet exercice. Elle ne pourrait cependant s’en vanter. C’était interdit. Il lui serait également impossible de parler du tu
Une seule chose l’e
— J’aurais pu passer devant lui et m’enfuir en courant.
— Pour te faire Avoir dans le dos pendant que tu courais dans le couloir ?
Elle n’y avait pas pensé et y réfléchit, longuement.
4
— Arrête la vid.
Le concierge s’exécuta. Justin était assis sur le divan du séjour, en peignoir de bain. Grant vint le rejoindre. Il portait une tenue identique et se séchait les cheveux avec une serviette de toilette.
— Quoi de neuf, ce soir ? demanda-t-il.
Justin éprouva une étrange sensation.
— C’est l’effervescence, à Novgorod. À cause d’une découverte qu’ils vie
— C’est où, ça ?
C’était la première fois qu’il entendait parler de cette étoile. Il cilla s’asseoir de l’autre côté de la fosse du salon.
— Dans la zone de l’Alliance. Au-delà de Viking.
Le journaliste n’avait pas fourni d’autres précisions.
— Il y a une planète, là-bas. Habitée par des humains. Et tout laisse supposer que l’Union l’a colonisée en secret il y a une soixantaine d’a
— Seigneur !
— L’ambassadeur de l’Alliance a déposé une protestation officielle. Le Conseil a réuni une cellule de crise. Nous avons violé le Traité. Une bo
— Une colonie de quelle importance ?
— Ils l’ignorent. Ils ne l’ont pas dit, tout au moins.
— Et perso
— Ça se pourrait. Ça se pourrait bien. Mais ce n’est plus le cas. Ce monde serait redevenu primitif.
L’azi siffla.
— Une planète habitable ?
— Ça me paraît évident. Je ne pense pas que des hommes pourraient vivre sur un bloc de roche nue. D’après le commentateur, ce serait un projet top secret datant de la période des hostilités.
Grant ne répondit rien. Il était pensif.
La guerre remontait à la génération précédente et nul ne souhaitait que tout pût recommencer, mais la menace n’avait pas disparu pour autant. Les marchands de l’Alliance ne restaient pas inactifs. En explorant le secteur opposé de l’espace, Sol avait fait une rencontrec dangereuse. Avec une espèce extraterrestre isolatio
Une génération avait cru que ces problèmes se résoudraient d’eux-mêmes.
Mais de nombreux missiles tirés un siècle plus tôt par les vaisseaux de guerre représentaient toujours un danger pour la navigation. Parfois, le passé resurgissait avec un désir de vengeance.
Et des animosités ancestrales remontaient à la surface tels des spectres, pour troubler la tranquillité d’esprit d’une espèce qui se savait à présent concurrencée dans sa colonisation de l’espace.