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— Grant, fit-il en s’asseyant au bord du lit. Grant, c’est moi. Tout va s’arranger.

L’azi ne cilla même pas.

— Sortez, ordo

Le médecin obtempéra.

Il se pencha vers son ami, afin de desserrer les sangles qui l’immobilisaient toujours. Son calme le surprenait. Il souleva le bras de Grant et le posa sur ses cuisses, afin d’avoir la place de s’asseoir, puis il redressa le lit. Il s’inclina et prit la mâchoire de l’azi entre le pouce et l’index, pour tourner son visage vers lui. Il lui semblait manipuler un ma

— Grant ? C’est Justin.

Un autre battement de paupières.

Ô Seigneur ! Il s’était attendu à voir Grant dans le coma. Il avait cru trouver un mort en sursis pour lequel ils ne pourraient rien faire, hormis le liquider. Il s’y était apprêté. Au cours des cinq minutes nécessaires pour gagner cette chambre, il était passé de l’espoir de repartir avec son ami à la résignation de le perdre.

Et à présent, il avait peur. Il eût été moins en danger, si son ami n’avait pas survécu.

Maudite pensée ! D’où me vie

Un flash-bande ?

Que m’a-t-elle fait ?

Il lui semblait qu’il se désagrégeaitc il sentait l’hystérie enfler en lui comme un raz de marée. Et c’était bien la dernière des choses dont Grant avait besoin. Il prit la main de l’azi dans la sie

Parce que cette maudite femme avait eu raison : le fait d’aimer quelqu’un rendait vulnérable. Comme Jordan, Grant constituait sonpoint faible. Naturellement. C’était pour cette raison qu’ils le lui rendaient.

Il n’était plus seul, désormais. Un jour, cet azi le livrerait à ses e

Mais en attendant cet instant il ne serait plus seul. D’ici-là, pendant quelques a

— Grant, je suis ici. Je t’avais dit que je reviendrais. Je suis là.

Son ami pouvait toujours se croire le soir de son départ. Peut-être réussirait-il à remonter le temps jusqu’à leur séparation et à reprendre son existence le lendemain matin.

Un nouveau clin d’œil, un autre.

— Allons, Grant. Cesse tes enfantillages. Tu les as bien eus. Serre ma main. Tu peux le faire.

Les doigts se raidirent. La respiration devint plus rapide. Justin secoua l’azi avec douceur et se pencha pour do

— Eh, tu l’as sentie ? Allons. Ne me fais pas marcher. C’est Justin. Je veux te parler. Prête-moi attention, bordel !

La bouche de Grant cessa d’être aussi flasquec le redevint. Il prenait désormais des inspirations hachées. Il cilla.

— Tu m’écoutes ?

Un hochement de tête.

— Parfait.

Justin tremblait, et il dut prendre sur lui-même pour se détendre.

— Nous avons un problème. Mais j’ai obtenu l’autorisation de te faire sortir d’ici. À condition que tu réussisses à te réveiller, cela va de soi.

— C’est le matin ?

Il inspira, alla pour fournir une réponse affirmative, puis se ravisa. Le moindre mensonge serait dangereux. Grant se méfiait. Il risquait de comprendre qu’il ne lui disait pas la vérité.

— Un certain temps s’est écoulé. Nous avons des e

Un mouvement spasmodique agita imperceptiblement le membre. La main se souleva.

— Je suis faible. Très faible.

— Ça va aller. Ils vont te ramener à la Maison. Ce soir, tu dormiras dans ton lit. À condition que tu leur prouves que tu es capable de t’asseoir.

La poitrine de l’azi se dilata puis redescendit. Le bras bougea et rampa sur le drap, avant de tomber sur le côté du lit ; aussi flasque qu’un serpent mort. Il avala de l’air et déplaça la totalité de son corps. Ses épaules se soulevèrent et l’oreiller glissa dans son dos.

— Ça y était presque, l’encouragea Justin.

La nourriture lui paraissait étrange. Trop consistante. Même la bouillie de céréales était difficile à mastiquer. Son ami lui avait fait manger à la cuillère la moitié du bol, quand il leva la main.

— Assez.

Justin parut e

— C’est déjà beaucoup pour moi, précisa-t-il.

Parler lui était pénible, mais il devait le rassurer. Il se pencha et posa sa main sur la sie

La nuit précédente, Justin avait mis son épuisement à profit pour tout lui expliquer, en précisant : Ça m’a secoué, et je suppose que le choc sera moins violent si tu es encore à moitié so

Ensuite, ils avaient pleuré. Justin ne voulait pas le laisser seul et s’était allongé près de lui, pour s’endormir tout habillé sur le lit.

Grant essaya de le couvrir, mais les forces lui manquaient. Il dut se contenter de rouler de côté, pour laisser la couverture sous son ami, avant de reprendre sa place.

Ensuite, il eut froid, très froid, jusqu’au moment où Justin se réveilla et alla chercher une couverture supplémentaire, avant de l’étreindre et de pleurer sur son épaule, pendant un long moment.

— J’ai tant besoin de toi, lui dit-il.

Et, parce qu’il était un azi ou parce qu’il était un humain – il n’aurait pu se prononcer –, il considéra cet aveu comme la chose la plus importante qu’on lui avait jamais dite. Il pleura à son tour, sans savoir pour quelle raison. Il avait seulement conscience que Justin était toute sa vie, qu’il était tout,pour lui.

— J’ai moi aussi besoin de toi, répondit-il.

À la faveur de l’obscurité des heures qui précèdent l’aube, quand il est possible d’exprimer des choses trop profondes pour pouvoir être dites en plein jour.

Grant s’éveilla le premier et resta allongé sans bouger, heureux d’avoir son compagnon près de lui. Puis Justin ouvrit les yeux à son tour, se leva, et lui demanda de l’excuser d’avoir dormi dans son lit.

Comme s’il avait été incommodé par sa présence, comme si Justin n’était pas ce qu’il considérait comme le plus important au monde, la seule perso

Il l’aimait, bien plus qu’aucune femme ou quoi que ce soit qu’il eût jamais désiré.

13

—  La série d’Ari est positive,a

Soulagé, Giraud Nye prit une inspiration profonde.

— C’est merveilleux. Absolument merveilleux. Et les deux autres ?

—  C’est positif, dans toutes les matrices.

— Formidable.

Schwartz coupa la liaison. Giraud Nye se pencha en arrière dans son fauteuil et soupira.

Ils utilisaient neuf cuves utérines, dans le cadre du projet. Trois essais par sujet, ce qui lui valait de subir les récriminations continuelles de Strassen. Il était rare que Reseune prît de telles précautions pour des duplications de CIT. Si une série rejetait l’implant ou si des problèmes se présentaient, il suffisait de tout reprendre de zéro et le pla