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Que le projet Rubin fût exécuté à Lointaine permettrait aux militaires d’avoir accès à un grand nombre de do
— Allez-y, dit-il. Ça rendra la couverture plus facile à assurer.
Il lui faudrait encore mettre les choses au point avec Lu et les chefs de son état-major. Mais il savait que ces hommes ne s’opposeraient pas à un accord qui permettrait d’obtenir de tels avantages et mettrait les travaux d’Emory à la disposition de la Défense.
Leur bureau parrainait un grand nombre de projets. Et si certains se soldaient par des échecs, ceux qui pouvaient être menés à bon terme les compensaient largement.
9
Les allées et venues étaient nombreuses, devant la porte. L’animation lui paraissait plus intense que d’habitude. Il y avait des voix. Justin croyait en reco
S’il vous plaît,pensa-t-il. S’il vous plaît.Arrêtez-vous. Pendant un moment, il co
— Avertissez Ari, ne cessait-il de répéter. Dites-lui que je veux lui parler.
Mais ses geôliers étaient des azis et devaient suivre la voie hiérarchique, passer par leur superviseur. Et malgré ses suppliques Giraud Nye ne venait pas le voir.
Ils l’avaient enfermé dans une petite pièce capito
Pas moi,ne cessait-il de se répéter en essayant de se maintenir éveillé, de rester loin des rêves. Ce n’est pas mon choix. Je ne lui appartiens pas. Je refuse d’avoir les mêmes pensées qu’elle.
Ari le gardait en otage. Elle avait fait arrêter Justin, et peut-être Grant, pour dissuader Jordan de s’adresser au bureau des Sciences. Si elle n’avait pas ordo
Le plus vulnérable était Grant. Ari l’utiliserait contre son pèrec et se servirait également de lui. Il ne pouvait en douter.
Il attendait l’arrivée des enquêteurs de la police, des Affaires Intérieures, du bureau des Sciences. Peu importait qui.
Il espérait que c’était la raison des bruits qu’il entendait à l’extérieur.
Mais il avait déjà eu cet espoirc tant de fois.
Grant avait espéré sa visite, et reçu celle des gardes azis venus le chercher pour le soumettre à de nouveaux interrogatoiresc
Il entendit le cliquetis du verrou électronique. La porte s’ouvrit.
— Ser Nye veut vous parler, dit un des deux azis en uniforme. Veuillez nous suivre.
Il se leva. Sur des jambes de coton. Il sortit dans le couloir et réunit tout son courage en prévision d’une nouvelle séance de psychosondage. Au moins cela lui offrirait-il une opportunité de parler à Giraud, de prononcer une demi-douzaine de mots avant que la drogue n’eût raison de sa volonté.
Il fut surpris de découvrir qu’ils le laissaient libre de ses mouvements. Il avait des étourdissements, ses genoux le torturaient et tremblaient, ce qui rendait sa progression difficile.
Un nouveau flash-bande. La vision de Florianc
Vers le bas du couloir, en direction du réduit où il s’était déjà rendu pour ses interrogatoires. Il atteignit la porte, entra et se figea. Il ne reco
Pas Giraud.
Denys, qui se levait, l’air désolé.
— Où est Grant ? demanda Justin. Où est mon père ? Que se passe-t-il ?
Sa voix se brisa. Ce fut en titubant qu’il s’avança jusqu’au meuble, sur lequel il s’appuya pour se pencher vers son interlocuteur.
— J’ai le droit de voir les membres de ma famille, bon sang ! Je suis mineur ! Ne l’oubliez pas !
— Asseyez-vous, fit l’homme en agitant la main. Asseyez-vous, je vous en priec
Il se tourna vers les azis :
— Apportez-lui à boire.
— Je ne veux rien ! J’exige de savoirc
— S’il vous plaît, insista Denys d’une voix où perçait de l’angoisse.
Il désigna à nouveau le siège.
— Asseyez-vousc Apportez-lui quelque chosec Asseyez-vous, s’il vous plaît.
Justin se laissa choir dans le fauteuil. Il comprit qu’il allait pleurer et serra les dents. Il inspira, pour refouler ses larmes. Denys se carra dans son siège et croisa les mains devant lui. Il lui accorda le temps de se calmer pendant qu’un des azis apportait une boisson et la posait sur la table.
— Que contient-elle ?
— Rien. Rien. Pauvre garçon. Tout cela est bien regrettable. Vous ont-ils dit, pour Ari ?
Il trouva cette phrase étrange. Elle n’avait aucun sens. Les paroles qu’il entendait remontaient le long de ses nerfs tel un courant d’air glacé.
— Qu’y aurait-il à dire, pourAri ? Où est mon père ?
— Ari est morte, Justin.
Il eut l’impression que la pièce effectuait un écart. Pendant un instant, tout se troubla. Puis l’univers s’effondra et il ne subsista qu’un profond silence. Elle n’avait que cent vingt ans, son décès ne pouvait avoir des causes naturellesc
c un accident d’avion ?
c un déséquilibré, à Novgorod ?
— Jordan a découvert ce qu’elle vous faisait subir, précisa Denys de sa voix la plus douce. Et il l’a tuée. Il l’a enfermée dans la chambre froide et l’a laissée mourir.
Justin resta assis, paralysé. C’était faux. Son père ignorait tout des agissements d’Ari. Il avait bien pris soin de lui dissimuler la vérité. Et cette femme ne pouvait être morte. Non, il était impossible qu’on l’eûtc tuée.
— Jordan a avoué. Vous savez que la justice ne peut rien contre votre père, pas même le soumettre àc un interrogatoire, rien de ce genre. Pas de psychosondage. Et un effacement mental est hors de question. Jordie ne risque rien. Il est en sécurité. Vous pouvez me croire.
Il tremblait. Il prit le gobelet et fit tomber une partie de son contenu en le portant à sa bouche. Il en renversa encore lorsqu’il le reposa. Le liquide glacé se répandit sur son genou. Il ne trouvait aucun sens à ce qu’il entendait. Il ne pouvait faire fonctio
— Et Grant ? Je lui ai dit que je retournerais le voir. Je n’ai pu allerc
— Il est toujours à l’hôpital. En sécurité. Jordan lui a rendu visite. Votre père partira pour Novgorod, cet après-midi même. S’ils arrivent à un accord, il pourra alors quitter Reseune.
— C’est faux !
Ils voulaient jouer des tours à son esprit. C’était évident. Il se leva et se retrouva nez à nez avec les deux azis venus le retenir. Il se figea. Eux également.