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– Do

– Tu devais t’en servir pour te do

Il se tut, conscient de l’incohérence de ses paroles.

–  On ne peut pas survivre à la pluie ? ricana l’inco

Il se tut. Sur un signe de Nath, Boa lui lança une poignée de charpie dont il s’empara sans un remerciement. Pendant qu’il s’activait sur sa jambe blessée, la lumière de la torche détailla son profil. Nath se mordit la lèvre, troublé. Ce front bas, ce nez aux narines épatées éveillaient un écho lointain dans ses souvenirs. Les mains surtout… Epaisses, noueuses. Brusquement il fut certain d’avoir, à un moment ou à un autre, côtoyé le renégat.

– C’est gagné ! grogna l’autre. Je ne pourrai pas tenir debout avant un sacré bout de temps, avec la pluie qui vient c’est comme si tu me condamnais à mort.

– Tu devrais déjà l’être, coupa Nath en plongeant sa lame dans le sable.

– Tu parles de ce que tu ne co

– Tu blasphèmes ! Tais-toi !

– Ce que je raconte te gêne, hein, petit ? Tes copains, ceux qui sont partis en même temps que toi, combien crois-tu se feront sauter la tête ? Tu penses : tous ! Et moi je te dis : trois ou quatre sur la dizaine, pas davantage ! Ça n’implique pas qu’ils survivront longtemps, loin de là ! Il faut passer la saison des pluies, et ça c’est difficile. Il faut de la chance, beaucoup de chance, et de l’habileté… Moi, le hasard m’a servi. Si on ne trouve pas le truc, survivre aux averses relève du miracle…

Nath crispa les poings.

– Tes histoires ne m’intéressent pas, siffla-t-il. Tu veux gagner du temps. C’est inutile, il faut respecter le dogme. Demain tu devras choisir : ou tu te suicides ou je te tue. Il n’y a pas d’autre solution !

Le visage du renégat se convulsa de rage.

– Qui es-tu pour décider ! Pour jouer à l’intransigeant ? Tu sais que j’ai toujours mon sifflet ? Tiens : regarde ! Tout à l’heure, quand tu coupais ta gélatine, j’aurais pu siffler dans ton dos ! J’étais là à vous observer. J’aurais pu te volatiliser. Tu n’aurais même pas eu conscience de mourir ! J’aurais pris la fille et le cheval sans avoir à t’affronter… C’était simple, pourquoi crois-tu que je ne l’ai pas fait ?

– Parce que ton sifflet ne fonctio

– Crétin ! Je pouvais siffler alors que tu te trouvais sur le socle des statues, loin du cheval de bât, ta boule d’explosif à la main… Non, je ne t’ai pas tué parce que j’ai pitié des pantins de Razza. Il m’a berné, comme toi. Il a fait de moi une mario

– Tu veux rire !

Nath se redressa, la main droite serrée sur la garde du glaive. De la gauche il arracha le sifflet pendu au cou de l’inco

– Enchaîne-le ! ordo

L’homme voulut ruer, mais la lame frôlant sa gorge le dissuada de toute révolte. Boa fit claquer sur ses poignets une paire de bracelets d’acier qu’elle relia par une chaîne cadenassée au pied d’une statue. Ils s’éloignèrent ensuite, dédaignant les injures du priso

– Je t’ai reco

Nath tressaillit, foudroyé par la coïncidence. Olmar ! Alors que quelques heures auparavant il avait justement évoqué l’image de la jeune brute… Il faillit se relever, mais le regard de Boa l’en dissuada.

– J’aurais pu te supprimer ! vociférait Olmar. J’aurais pu siffler ! Je ne l’ai pas fait !

Un silence de mort succéda aux cris du priso

Nath s’endormit, le poing serré sur le sifflet dont les ciselures s’incrustaient dans sa paume.

Les naufragés des pyramides

Le jour se leva sur un soleil de flammes, une boule incandescente à la chaleur insoutenable ; Nath en fut heureux. Secondé par Boa, il travailla jusqu’à une heure avancée de l’après-midi. La caresse de l’astre de feu déchaînait les échanges chimiques sous leur épiderme, rechargeant leur organisme épuisé.

Ils firent sauter dix-huit sculptures. Des dragons ornementant une rampe d’accès, mais aussi plusieurs « divinités » trônant au-dessus d’autels factices, ainsi qu’une statue équestre marquant le centre d’un carrefour. Neuf cibles laissèrent derrière elles des traces de sang, pour les autres il fut difficile d’établir un diagnostic, mais c’était tout de même un bon score.

Pourtant Nath se sentit gagné par une lassitude qui ne tarda pas à se changer en dégoût. Il tenta de se fustiger, puis de s’exalter. Il se répéta que chaque victoire remportée ici se traduisait par une chance supplémentaire de survie pour le peuple du soleil, mais une petite voix ironique chuchotait au fond de sa conscience : « Une goutte d’eau arrachée à la mer… Une goutte d’eau ! »

Comble de malchance, le vent se leva soudain et une nappe de brume voila le soleil, faisant chuter la température de près de 30 degrés. Ce brusque changement le fît frisso