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– Oh ! je sais bien qu’on ricane dans mon dos ! grogna-t-il un soir en s’asseyant près du feu (la température était de 75°à l’ombre !). Mais va ! Je sais ce que je fais. L’âge m’a appris bien des choses, et j’ai co

Pris d’une soudaine inspiration, il se leva et saisit la jeune fille par le poignet.

– Viens ! ordo

Mi excité mi effrayé, il traîna Boa au long d’un boyau rocheux avec l’obstination d’un prêcheur gagné par la rage de convaincre. Ils descendirent ainsi de trois niveaux, s’enfonçant dans le ventre de la falaise par un tu

– Regarde ! gloussa-t-il, heureux de sa plaisanterie. Regarde ce qu’il est advenu d’anciens ricaneurs ! Des esprits forts, tous, mais que le brouillard a ramenés à plus d’humilité. Ils ne sont pas morts, non ; leur chair a été humectée superficiellement et la mutation s’est bornée à une dilatation épidermique irréversible. Une nuit ! Il a suffi d’une nuit ! Comme leurs familles sont riches et influentes, on ne les a pas supprimés, on s’est contenté de les… isoler. Ils ne sortent jamais de leur trou, d’ailleurs en auraient-ils la force ? Une fois l’an on leur abando

Boa aurait voulu hurler, mais son moignon de langue s’agitait dans sa bouche sans parvenir à moduler un son. Maltazar sortit enfin de son hypnose.

– Secoue-toi ! On remonte. Il fait terriblement humide ici. Dis au revoir aux ricaneurs, après tout ils n’ont pas beaucoup de visites !

Avant de regagner le tu

– Gâcher tant de bon charbon pour de pareils débris ! Quelle honte !

Une semaine après, les orages éclataient et Boa sentit ses seins devenir douloureux. Le moindre choc se traduisait par un élancement sourd. Elle entamait son travail « d’éponge ». Pour comble de malheur, Maltazar eut la déveine d’être désigné comme guetteur par le hasard du tirage au sort. Cet « ho

– C’est un complot ! vociférait-il le soir sous ses fourrures. Le tirage était truqué. Ils veulent m’éliminer c’est sûr. Mon âge aurait dû me dispenser de tout service actif. C’est une besogne de jeune coq, pas un travail de vieux sage ! Une cabale, rien d’autre te dis-je !

Boa hochait la tête, un nœud au creux de l’estomac. Elle avait en effet acquis la certitude que le vieillard ne renoncerait pas à la traîner là-haut, au milieu des rafales et du crachin. Il lui avait déjà expliqué comment il conviendrait de monter l’abri de toile goudro

Elle ne se trompait pas. Dès le lendemain, elle se vit contrainte de l’accompagner au bord du vide, là où la caverne s’ouvrait sur l’abîme. Maltazar s’était bardé de caoutchouc de la tête aux pieds, colmatant les interstices de la cuirasse avec des chiffons goudro

– Dragons ! Dragons ! rugissait Maltazar quand il venait se reposer sous la tente. Un prétexte ! Ces monstres ne rentrent pratiquement jamais dans les tu

Maltazar ne cessait de tempêter que pour examiner le tranchant des armes rouillées que Boa avait affûtées en hâte le soir du tirage au sort.

– Tu n’en as jamais vu, toi, de dragon ! lançait-il ironiquement à l’adresse de la jeune fille. On t’en a sûrement raconté de belles ! En vérité ce sont des lézards, de simples lézards à peau verte. Ils mesurent trois mètres de long, et leurs pattes sont munies de ventouses, ce qui leur permet de se déplacer à la verticale. Il s’agit de mutants provenant d’une race ancie

Boa suivait mal les détours de l’interminable monologue. Trop de mots inco

Alors Boa cessait de l’écouter et reportait son regard vers le rideau argenté de la pluie derrière lequel se devinait les entrelacs végétaux d’une monstrueuse forêt, et il lui fallait accomplir un effort d’imagination pour parvenir à se persuader que l’endroit était encore un désert trois semaines auparavant.

Le drame se produisit au terme du premier mois de garde. Il fut si rapide que Boa eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait. Depuis un moment déjà, Maltazar effectuait sa ronde mécaniquement, les yeux mi-clos, absorbé par l’échafaudage d’une mystérieuse combinaison politique censée lui assurer une prompte remise en selle. Il ne vit pas la bête couler son mufle écailleux entre les rocs, étirer ses mâchoires en un bâillement jalo