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— M. Backefelder savait-il donc où il pourrait vous rencontrer au Havre ?

— Je l’avais avisé par radiotélégramme que je serais au Grand-Hôtel.

— Et il n’est pas venu ?

— Non.

— Qu’avez-vous fait ensuite ?

— Ensuite, monsieur Juve, je vous ai télégraphié.

— J’imagine, monsieur Marquet-Mo

— J’ai essayé de le faire tout au moins. J’ai vu le lieutenant de vaisseau qui commande La Touraine. Cet officier était très pressé de retourner chez lui, dans sa famille, et n’a pu que me raconter ce que je vous ai dit. Toutefois, il m’a conseillé de voir le commissaire du bord.

— L’avez-vous vu ?

— Le commissaire du bord, sitôt que La Touraineaccostait le quai, en était descendu ayant, paraît-il, des documents administratifs à transmettre d’urgence au siège de sa Compagnie. Je n’ai pas pu le joindre, mais on m’a promis qu’il serait à bord demain matin dès huit heures et qu’il me recevrait volontiers.

— Bien, si vous voulez, nous irons le voir ensemble. Ce M. Backefelder, le co

— Je ne l’ai jamais rencontré, déclara M. Marquet-Mo

— Faudrait-il donc envisager l’éventualité d’un crime ?

— Ah, monsieur, Dieu veuille que cela ne soit pas. Nous sommes, dans ma famille, bien durement frappés depuis quelque temps.

Le banquier s’interrompit. Juve, s’étant levé, tendit la main à M. Marquet-Mo

— Que comptez-vous faire ? demanda le banquier.

— Je compte aller me coucher, monsieur, il est deux heures du matin et si je ne m’abuse, nous devons être demain dès huit heures précises à La Touraine. Il faut que nous prenions un peu de repos l’un et l’autre, n’est-ce pas votre avis ?

Juve, rapidement dévêtu, n’avait pas plutôt éteint l’électricité qu’il fermait les yeux et s’endormait profondément.

***

— Vous avez une autorisation, messieurs ?

— Voici, mon ami, c’est un laissez-passer pour deux perso

Le marin esquissa un salut militaire, puis renseigna les visiteurs :

— Pour les bureaux de M. le commissaire, il faut traverser le pont dans toute sa largeur. Vous trouverez un escalier près du manchon d’air à droite de la première cheminée. Vous descendrez deux étages, vous suivrez le couloir intérieur, quelqu’un vous renseignera lorsque vous en serez là. C’est d’ailleurs tout près.

M. Marquet-Mo

Néanmoins, malgré leur attention, ils se seraient assurément perdus dans le dédale de La Touraine, si précisément, un officier aux manches galo

Et Juve, à ses insignes, avait reco

— M. le Commissaire ? demanda Juve.

— C’est moi, monsieur, répondit l’officier. À qui ai-je l’ho

Le fonctio

— Monsieur le commissaire, dit Juve, j’ai été invité à venir ici par M. Marquet-Mo

— Monsieur, répondit le commissaire, je suis à votre entière disposition.

— Monsieur, n’attendez pas de nous des interrogations, dites plutôt ce qui s’est passé.

— Je ne demande pas mieux, monsieur Juve.

Le commissaire alors se leva, alla à une armoire fermée à clef, en tira un gros livre, en feuilleta plusieurs pages. Puis il parla :

— Lorsque j’ai fait transcrire la liste des passagers qui prenaient place, il y a sept jours exactement, à bord de La Touraine, il m’a été do

— C’est en effet, approuva M. Marquet-Mo

— Bien. M. Backefelder est monté à bord deux heures avant le départ de La Touraine. Le fait est incontestable. On vous décrira M. Backefelder comme un homme très robuste, sanguin, complètement rasé, à la face ronde, un peu replète, aux yeux vifs, aux cheveux blancs coupés très ras, comme s’ils étaient passés à la tondeuse. M. Backefelder parle français, mais difficilement et avec un fort accent américain. C’est un fumeur acharné, qui a perpétuellement le cigare à la bouche et dont deux doigts de la main droite sont jaunis, brunis même par la nicotine. M. Backefelder est élégant, soigné de sa perso

« — Monsieur le commissaire, je viens d’être victime d’un vol important, on m’a pris dans ma malle pour un million de valeurs en billets de banque français.

« — Un million, m’écriais-je, comme vous y allez ! mais c’est donc une fortune entière que vous transportez ?

« — C’est possible, me répondit Backefelder, toujours est-il que ce million a disparu.

« Je trouvais l’attitude de ce passager au calme imperturbable, si éto

« — Ce malheur qui vous frappe, monsieur, nous ne saurions en être responsables. La somme importante que vous aviez sur vous, si j’en crois votre déclaration, ne nous a été ni a

« M. Backefelder m’a interrompu d’un geste de la main :

« — Inutile d’insister, monsieur le commissaire, fit-il, je n’ai aucunement l’intention de demander à votre Compagnie le remboursement de l’argent qui m’a été volé. Je viens uniquement vous mettre au courant de ce qui s’est passé et vous demander votre précieux concours pour m’aider à découvrir le voleur.