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Et, en même temps, le chemineau tira des profondeurs de son vêtement des petites herbes vertes et des bouts de cigarettes.
— Gauche, alimentation, insista-t-il, vous voyez ce que je tiens là dans la main, eh bien, c’est du mouron, du mouron pour les petits oiseaux, j’vends ça un sou la botte, et quand j’en aurai débité deux ou trois to
— Pas mal, dit Fandor, pour une blague, c’en est une, mais je m’éto
— Ah çà, monsieur Fandor c’était le bon temps mais il n’existe plus, c’est d’ailleurs la faute à votre ami, à monsieur Juve.
Bouzille, prenant sans façon le journaliste par le bras, lui rappelait alors par suite de quelles aventures il avait été enfermé sur l’instigation du policier à la prison de Monte-Carlo, puis oublié par la justice locale et finalement expulsé :
— Ce ne sont pas des gens comme il faut, monsieur Fandor, conclut-il et ils ne co
— Qu’est-ce que tu as donc vu comme villes ?
— J’ai vu la prison d’Avignon, pas mal bâtie, mais un peu sale. Puis j’ai fait huit jours à Lyon, mais ça ne m’a pas plu. Il y a trop de monde, alors j’ai été chercher à Chalon-sur-Saône un billet de logement pour trois mois que m’a délivré le président de la police correctio
— En effet, Bouzille, en effet, je suis dans le gaz en ce moment.
— Ça m’a tout l’air d’une blague, cette profession-là.
Fandor, désormais avait tiré Bouzille à l’écart :
— Naturellement, Bouzille, que c’est une blague. Je ne suis pas plus dans le gaz que toi dans le commerce, mais cela ne te regarde pas et puisque je te rencontre, tu vas pouvoir me do
Fandor avait fouillé dans son gousset. Bouzille tendit la main et y hospitalisa une belle pièce de cinq francs :
— J’ai fait ma journée, dit-il, je suis à vos ordres, je vous écoute.
Les deux hommes entrèrent chez le marchand de vins. Depuis plusieurs jours déjà Jérôme Fandor rôdait dans le quartier de Belleville, à la recherche, semblait-il, d’une piste mystérieuse et difficile à retrouver, à laquelle il do
À deux ou trois reprises, dans le quartier, Fandor avait aperçu la mère Toulouche et le terrible Bedeau.
Fandor s’était dit qu’il fallait trouver un moyen pratique et naturel de s’introduire dans toutes les habitations du quartier. D’où la tenue d’homme du gaz.
Depuis une bo
— Mais, ajoutait-il, fier de la rémunération que Fandor lui avait do
Sur ce, le chemineau se leva brusquement et il sortit du cabaret.
Fandor, par la fenêtre le regardait et, avec une surprise non dissimulée, il constata que le chemineau, après avoir traversé la rue, abordait une dame à la démarche élégante, toute vêtue de noir, au visage dissimulé derrière une épaisse voilette. Bouzille et l’inco
— Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda Fandor.
— Ça veut dire que je viens de payer mon terme et pour pas cher, pour la moitié du prix, déclara Bouzille.
— Ah ? et comment ça se fait ?
— Mais c’est M me Gauthier.
— M me Gauthier ?
— Voyons, m’sieur Fandor, vous ne co
— Ta propriétaire, sans doute, puisque tu lui as do
— Très peu, m’sieur Fandor, des propriétaires, n’en faut plus, au lieu que des dames Gauthier, vous pouvez en fabriquer à la douzaine, on ne se plaindra jamais qu’il y en ait de trop sur le pavé de Paris. Ça, voyez-vous, c’est le bon Dieu en perso
Longuement, confusément, en émaillant son discours de saillies pittoresques, Bouzille expliqua à Fandor intéressé, le rôle que jouait cette dame mystérieuse.
Elle faisait partie d’une société charitable de femmes du grand monde riche, qui avait pour but de venir en aide aux familles pauvres et nombreuses, de même aux ouvriers, aux malades. Cette société charitable payait les loyers des miséreux, mais en partie seulement. Chacun, pour faire preuve de bo