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Les deux hommes, depuis quelques instants qu’ils étaient seuls, ne disaient mot. Toutefois, cependant que Fernand avait une attitude inquiète et troublée, l’oncle Baraban affectait le plus grand calme. De sa main élégante et soignée, il lissait les longs favoris de sa barbe blanche.
Alice revint avec la bo
— Laissez-nous seuls, ma fille.
Elle s’interrompit. L’oncle Baraban ordo
— Et surtout que perso
Baraban se levait d’ailleurs de son fauteuil, allait surveiller le départ de la bo
C’était désormais d’un regard froid, dur, impénétrable qu’il considérait les époux Ricard. Il croisa les bras sur sa poitrine, et d’une voix brève, énergique, commença :
— Maintenant causons.
— Oui, fit Alice, causons.
— D’abord, qui êtes-vous ? demanda son mari.
— Je suis l’homme qui vous a sauvés.
Il y eut un instant de stupeur. Les deux époux se regardèrent, puis Alice murmura :
— Je vous avais bien reco
Fernand Ricard interrompit sa femme :
— Vous êtes un imposteur, monsieur, et vous n’êtes pas notre oncle Baraban.
Le perso
— Plaignez-vous donc ! leur dit-il. Je vous ai tirés d’affaires, vous étiez gravement compromis et, sans moi, ce soir, vous couchiez en prison…
Les époux Ricard se regardaient perplexes. Cet homme avait raison, en effet, et ils se rendaient compte de l’étrangeté de la situation.
L’un et l’autre savaient parfaitement que ce n’était pas l’oncle Baraban qu’ils avaient devant les yeux. Ils avaient la certitude que ce perso
Tout d’abord, en l’apercevant à la gare, au moment où on les emmenait priso
Or, l’heure de l’explication était venue, et, désormais, les Ricard se rendaient compte de l’énorme gaffe qu’ils avaient commise.
Car, si d’une part, ils dévoilaient l’imposture de l’inco
L’inco
— Vous m’avez reco
Fernand Ricard s’était ressaisi. Il fit observer :
— Nous vous tenons aussi : à menteur, menteur et demi.
— Oh, oh, fit l’homme, je n’aime pas beaucoup que l’on plaisante avec moi. Il va s’agir de filer droit, et souvenez-vous bien que si je suis un imposteur, vous êtes, vous, des assassins.
À la grande surprise, évidemment, de l’inco
— Je m’intéresse à vous. Vous me plaisez tous les deux. Malgré votre attitude, je tiens à vous être agréable. Il vous restera quelque chose sur la fortune de l’oncle Baraban, que je prétends m’approprier, et qui me revient de droit, puisque à l’heure actuelle je passe pour être cet excellent homme : acceptez-vous ?
Fernand Ricard haussa les épaules :
— Pour le moment, nous ne pouvons refuser. Vous nous tenez.
— Bien, fit l’inco
Ce fut Alice qui répliqua :
— Ah mon Dieu, soupira-t-elle, mieux aurait valu en effet, nous entendre à ce moment. Toutes ces histoires ne seraient peut-être pas arrivées.
Mais Fernand Ricard do
— Tu es une sotte ! cria-t-il.
Puis, se tournant vers l’inco
— Je croyais que vous apparteniez à la police et que vous veniez nous tendre un piège.
Le faux oncle Baraban se mit à rire.
— Non, déclara-t-il enfin, pas la police, bien au contraire… Maintenant il faut tout me dire. Où est le cadavre ?
— Le cadavre de qui ? interrogea Alice.
L’inco
— Allons, allons que cela finisse, déclara-t-il, nous jouons cartes sur table, n’est-il pas vrai ? Il faut que je sache où est le cadavre de l’oncle Baraban.
Les deux époux se regardèrent interdits, et avec un air d’i
— Voyons, précisa-t-il, j’espère bien que vous n’avez plus de soupçons en ce qui me concerne. Je vous l’ai dit, je ne suis pas de la police, je crois même vous l’avoir prouvé par mon attitude, et si je vous demande où est le cadavre de l’oncle Baraban, c’est afin de le faire disparaître pour que ce mort ne ressuscite pas et ne vie
Fernand Ricard déclara simplement :
— Nous ne savons pas où est le cadavre de l’oncle Baraban.
L’inco
— Voyons, fit-il, c’est votre intérêt de me le dire. Parlez.
Après un instant de silence et, comme s’il triomphait d’une hésitation, Fernand risqua :
— Le cadavre de l’oncle Baraban, le cadavre de l’oncle Baraban… Après tout, sait-on jamais ? N’aurait-il pas été mis dans cette fameuse malle verte que l’on a retrouvée ?
Il s’arrêta net. L’inco
— Ah ça non, s’écria-t-il, je vous garantis bien que non !
— Pourquoi ? demandait Fernand cependant qu’Alice écoutait, anxieuse, l’entretien des deux hommes.
— Pourquoi ? reprit l’inco
C’était au tour des époux Ricard d’être abasourdis et Fernand interrogea :
— C’est vous qui avez envoyé cette malle verte, mais pourquoi ?
— Oh c’est bien simple, expliqua le faux oncle Baraban. Sitôt le scandale éclaté, sitôt que l’on a reco
— C’est formidable, murmura Fernand Ricard, cependant que sa femme ajoutait terrifiée, ne comprenant rien :
— C’est affolant.