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Il y avait là les deux inspecteurs Léon et Michel, le chef de la Sûreté, et enfin M. Mix.
— Alors ? interrogea Havard triomphant en se tournant vers M. Mix, que concluez-vous de ces traces ?
— Que voulez-vous ! fit M. Mix d’un air qui paraissait accablé, je suis obligé de me rendre à l’évidence. Les traces que vous avez relevées, ces empreintes de pas concordent évidemment de la façon la plus exacte avec celles de M. Léon Drapier, le directeur de la Mo
— N’est-ce pas ? s’écria Havard. Il apparaît donc bien certain que M. Léon Drapier est venu dans cette cave après six heures du soir, que c’est lui et lui seul qui a fait disparaître les louis d’or, et que c’est encore lui qui s’est sauvé sur les toits ou, pour mieux dire, dans la rue Guénégaud en y descendant par le tuyau de la gouttière, s’enfuyant devant nos poursuites !
— Je ne puis pas vous dire le contraire, articula M. Mix, cela paraît évident !
Havard ajoutait, toujours triomphant :
— J’ai une preuve de plus, que je me dois de vous faire co
— Laquelle ?
— Hier soir, expliquait Havard, j’ai téléphoné à M. Léon Drapier de rester à son domicile et de m’y attendre. Lorsque je me suis présenté à ce domicile, Léon Drapier n’y était pas. Il s’est donc enfui, il est venu à la Mo
— Hélas ! murmura M. Mix, j’ai longtemps voulu croire le contraire ! Je m’étais mis à sa disposition pour le tirer d’affaire. Depuis, plus je co
— Qu’entendez-vous par là ? interrogea Havard.
— Rien, monsieur, c’est une parole imprudente !
Le chef de la Sûreté insistait :
— Je veux co
— Eh bien, fit M. Mix, qui paraissait de plus en plus troublé, il y a des choses qui maintenant me revie
— Ah ! s’écria M. Havard, vous songez à l’assassinat du valet de chambre Firmain…
Mix hocha la tête.
— J’y songe, en effet, monsieur.
Michel intervenait dans la conversation :
— Souvenez-vous, monsieur le chef de la Sûreté, dit-il, que cette nuit nous avons remarqué que les scellés apposés dans le cabinet de travail de M. Léon Drapier ont été arrachés, puis replacés, et que l’on a fait un faux cachet.
— Est-ce possible ? s’écria Mix, qui jouait merveilleusement la stupéfaction.
Havard, cependant, poursuivait :
— Du vol à l’assassinat, il n’y a qu’un pas. Il est prouvé, à mon avis, que Léon Drapier est le voleur de la Mo
Mix interrogea :
— Et cette malheureuse Paulette de Valmondois ?
Le chef de la Sûreté s’approchait de Mix :
— Assassinée, monsieur ! assassinée, elle aussi ! Et assassinée par son amant, j’en mettrais la main au feu désormais. Il la manqua une première fois, lorsqu’il tira sur elle le coup de revolver, il réussit à l’achever en lui envoyant, détail horrible, par son fils, ce bouquet de fleurs empoiso
Havard se tournait vers ses inspecteurs :
— Messieurs, déclarait-il, nous n’avons pas une minute à perdre. Il s’agit de nous élancer au plus vite sur les traces de Léon Drapier. Qu’on téléphone à toutes les gares ! Que l’on prévie
Havard se tournait vers Mix.
— Monsieur, fit-il, mes inspecteurs vont aller remplir les missions que je leur do
— Ah ! monsieur ! fit le détective privé, c’est une cruelle épreuve que vous m’imposez là ! J’ai cru longtemps à l’i
— Il s’imaginera tout ce qu’il voudra ! articula Havard. Lorsqu’il s’agit de démasquer un coupable, la trahison n’est pas une infamie, c’est un devoir social, c’est un ho
Puis Havard ajoutait, se penchant vers Mix :
— Vous co
Caroline venait d’ouvrir la porte ; elle reco
— Votre maître est-il là ? demanda celui-ci.
— Oui, monsieur, fit la vieille cuisinière, même que monsieur est bien fatigué, bien malade. Si monsieur savait ce qui s’est passé ! Voilà madame qui a disparu, rapport à ce qu’elle a découvert que monsieur avait une maîtresse !… Je demande un peu à monsieur si madame devait agir de la sorte !… Surtout que la maîtresse de monsieur est décédée… Là où il n’y a plus perso
Havard avait jeté un coup d’œil de triomphe à Mix, il pénétra dans la chambre de M me Drapier, où le malheureux directeur de la Mo
Lorsqu’il vit entrer le chef de la Sûreté en compagnie de Mix, Léon Drapier se leva.
— Monsieur, déclara le chef de la Sûreté, je suis heureux de vous trouver enfin à votre domicile ! Je m’aperçois que j’arrive à temps et que, décidément, la justice aura le dernier mot ! Au nom de la loi, je vous mets en état d’arrestation, car vous êtes inculpé non seulement des vols commis à la Mo
À ces paroles, Léon Drapier devint livide.
Il écarquilla les yeux, remua les lèvres, d’abord incapable d’articuler une seule parole, enfin il murmura d’une voix blanche :
— Vous avez perdu la tête ! Vous êtes fou !
— Je ne suis pas fou, déclara sévèrement M. Havard, je crois au contraire que j’ai raiso
— Mais je suis i
M. Havard rétorquait ironiquement :
— Vous le prétendez !… Et je reco
À ce moment, Léon Drapier jetait un regard inquiet et interrogateur sur son détective privé, sur Mix, qui assistait, sans mot dire, à la tragique discussion.
Havard suivit le regard de l’infortuné directeur de la Mo
— Vous vous adressez à M. Mix, dit-il, vous cherchez en lui un appui, une sauvegarde, vous espérez trouver en sa perso