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Léon Drapier, qui était accablé par les successions de drames qui se produisaient autour de lui, Léon Drapier, qui, depuis la mort de sa maîtresse, mort mystérieuse et tragique, demeurait comme frappé par un coup de massue, avait perdu toute volonté d’agir et de penser.

Il se laissait guider comme un enfant et, Mix lui ayant manifesté son désir de partir le plus tôt possible pour l’hôtel des Mo

Depuis quarante-huit heures, c’était à peine s’il avait vu sa femme, s’il s’était préoccupé de ce qu’elle devenait.

Toutefois, malgré son ahurissement, Léon Drapier n’avait qu’une idée, qui persistait à la manière d’une idée fixe dans son esprit.

Il s’inquiétait uniquement de savoir si la tante Denise était ou non au courant de ce qui s’était passé, et jusqu’à présent il avait le bonheur d’apprendre que la tante Denise, dans son isolement provincial et lointain de Poitiers, ignorait absolument tout des drames survenus, à l’exception toutefois des fuites mystérieuses que l’on avait constatées à la Mo

Quelques instants après, Mix et Léon Drapier se trouvaient dans la rue de l’Université et s’acheminaient d’un pas rapide dans la direction de l’hôtel des Mo

— Le gardien va être surpris de nous voir ! articula Drapier, qui songeait qu’il était une heure avancée de la nuit et qu’on allait sûrement s’éto

À peine avait-il proféré ces paroles que Mix s’arrêtait net sur le trottoir et regardait fixement son compagnon.

— Ah çà ! interrogea-t-il, perdez-vous la tête ?

— Pourquoi donc ? demanda Léon Drapier.

— Mais, poursuivit Mix, parce qu’il n’est pas dans mes intentions, le moindrement, d’informer vos gardiens de votre venue à l’hôtel !… Il faut au contraire que celle-ci passe absolument inaperçue…

Léon Drapier ne comprenait pas le motif de cette attitude préconisée par son détective.

— Pourquoi donc ? demanda-t-il encore.

Mix haussa les épaules.

— Décidément, vous n’entendez rien aux enquêtes ! grogna-t-il d’un ton méprisant, et vous pouvez bénir le ciel qui m’a mis sur votre chemin, sans quoi j’aime à croire qu’à l’heure actuelle, bien que vous soyez aussi i

Les deux hommes se remirent à marcher en silence, car Léon Drapier n’avait rien répondu, mais en lui-même il croyait comprendre désormais l’intention de son détective.

— Assurément, pensait-il, Mix soupço

Les deux hommes arrivaient sur les bords de la Seine et ils allaient s’engager, Léon Drapier précédant Mix, sur le quai Conti, lorsque le détective toucha l’épaule du directeur de la Mo

— Pardon ! articula-t-il à voix basse, venez par ici !

Et, du geste, il lui indiquait l’étroite et sombre rue Guénégaud sur le côté droit de laquelle s’élève une des façades de l’hôtel des Mo

— Que comptez-vous faire par là ? demanda Léon Drapier.

Mix, sans répondre à cette demande, posait alors à son compagnon cette étrange question :

— Êtes-vous bon gymnaste ?

— Ma foi, s’écria Drapier, je n’en sais rien, mais je ne le crois pas ! Autrefois, au collège, je n’étais pas mauvais à la barre fixe et à la corde à nœuds, mais dame, depuis cette époque, étant do

Mix se mit à sourire.

— Eh bien, articula-t-il simplement, il faudra essayer de retrouver votre souplesse de jeune homme, car nous allons grimper sur les toits !

— De quelle façon ? demanda Léon Drapier intrigué.

— En nous aidant, fit imperturbablement Mix, des tuyaux de gouttière et des grilles qui protègent les fenêtres.

— Décidément, pensait Léon Drapier, cet homme me fait faire les choses les plus extravagantes, et je me demande où cela me conduira !…

La question que se posait le directeur de la Mo

Et, quelques instants après, si d’aventure un passant attardé de la rue Guénégaud, où ils sont heureusement rares, s’était avisé de lever la tête et de regarder le long des murs de l’hôtel des Mo

Vers une heure du matin, un violent coup de so

M me Drapier, qui demeurait dans sa chambre, assoupie dans un fauteuil, sursauta et prêta l’oreille, croyant avoir mal entendu.

Mais il n’y avait pas d’erreur possible, un deuxième coup de so

Eugénie Drapier se leva et se décida d’aller ouvrir elle-même. Au surplus, elle était seule dans l’appartement. La cuisinière Caroline couchait au septième, M me Drapier savait parfaitement que son mari avait découché.

Si le directeur de la Mo

Les craintes de la malheureuse femme étaient encore plus angoissantes que celles de son mari.

Eugénie Drapier, depuis le jour fatal où l’on avait découvert dans l’appartement le corps de Firmain si mystérieusement assassiné, vivait dans une appréhension épouvantable.

Au cours de la première enquête, elle s’était rendu compte que son mari avait menti. Elle avait acquis la nette certitude que celui-ci avait juré être dans sa chambre pendant la nuit fatale, alors qu’en réalité M me Drapier savait parfaitement qu’il avait découché, ou tout au moins que son lit n’avait pas été défait.

Pourquoi donc Léon Drapier avait-il dissimulé la vérité ?

Pourquoi n’avait-il pas osé dire qu’il n’était point là et avait-il menti alors que ce mensonge lui était plutôt nuisible qu’avantageux et qu’il pouvait faire croire que, vu sa présence dans la chambre voisine du cabinet de travail dans lequel avait été commis le crime, il pouvait y avoir participé soit à titre de complice, soit même en qualité d’auteur principal ?

M me Drapier ne s’en était pas expliquée avec son mari. Elle avait peur de l’interroger, et même, une fois que Léon Drapier avait voulu amener la conversation sur ce sujet, instinctivement inquiète, même terrifiée, M me Drapier avait éludé la question.

Résolue à sauver son mari coûte que coûte, convaincue que moins il y aurait d’oreilles indiscrètes informées, mieux cela vaudrait, M me Drapier avait refusé les offres de Caroline qui lui avait offert, après le crime, de coucher dans l’appartement.