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— Oh, vous vous imaginez sans doute que je renoncerai à vous interroger. Belle affaire ! Vous devriez savoir que Fantômas n’abando
Très pâle, car la colère lui serrait le cœur, Fantômas se penchait sur Sarah Gordon : il déliait les cordes de la jeune femme, il lui rendait la liberté de ses mouvements.
— Levez-vous ! ordo
On eût dit que Sarah Gordon attendait cet ordre.
À l’injonction du bandit, la jeune femme bondit sur ses pieds. Mais au même moment, elle poussait un cri de triomphe, de sa main gauche elle arrachait sa voilette, et son bras droit se tendait brusquement dans la direction de Fantômas. Dans sa main crispée, un revolver brillait.
— Allons donc, Fantômas, raillait en même temps une voix masculine, une voix vibrante et jeune, allons donc Fantômas ! Vous vous laissez prendre vous aussi aux pièges les plus grossiers ? Haut les mains ! Haut les mains vous dis-je, ou sur ma vengeance, je vous jure que vous êtes mort.
À cet instant, Fantômas recula. Instinctivement, le Maître de l’Effroi obéissait à l’injonction qui lui était do
— Qui êtes-vous donc ?
Le perso
— Qui je suis ? Il faut que je vous le dise ? Eh bien ! apprenez-le, Maître de l’Effroi, qui goûtez à la peur. Ah parbleu vos hommes ont cru appréhender Sarah Gordon. Vous-même, n’est-ce pas, c’est à Sarah Gordon que vous pensiez tout à l’heure ? Eh bien, ils se sont trompés, et vous vous êtes trompé, ce n’est pas Sarah qui est devant vous, c’est Dick, et ce n’est pas vous qui allez vous venger, c’est moi.
— Vous allez vous venger, vraiment ? De quoi donc ? Et même de qui ?
Le silence dura. Le front contracté, les veines saillantes, Dick, à son tour, fixait Fantômas. Un duel semblait s’engager entre les deux hommes dressés l’un devant l’autre.
— Fantômas, ordo
— Non, riposta Fantômas. Vous ne me tuerez pas.
— Je ne vous tuerai pas ? Vraiment ? Pourquoi ?
— Parce que, si vous me tuiez, si vous m’assassiniez, répondait Fantômas, vous ne sortiriez pas vivant de cet hôtel. Nul ne peut sortir de ma demeure sans co
— Peu m’importe la mort. Je mourrai content, si j’ai pu me venger de vous.
— Vous oubliez encore autre chose, reprenait alors le Maître de l’Effroi, souriant presque et paraissant de moins en moins s’occuper des menaces de Dick. Vous oubliez que moi mort, et vous mort, Sarah Gordon serait irrévocablement condamnée. Aujourd’hui, certes, vous m’avez abusé, vous avez abusé mes hommes. Je reco
Fantômas parlait avec tant de calme, tant de décision, que ses menaces effrayèrent Dick. Le revolver qu’il braquait toujours sur Fantômas désarmé trembla légèrement. Lentement, l’acteur laissa tomber sa main. Il gardait le regard braqué sur Fantômas, et c’est d’une voix étrange, d’une voix douloureuse, qu’il s’écria, comme s’il se fût parlé à lui-même :
— Vous êtes donc un Génie, qu’il faille toujours se courber devant votre volonté, alors même que l’on croit vous tenir à merci ? Ah Fantômas, si vous saviez cependant comme je vous hais de toute mon âme.
— En vérité, vous me haïssez, Dick ? Pourquoi ? Que vous ai-je fait ?
Or, cette question réussissait à ranimer la colère de l’acteur. À nouveau, Dick bondit vers Fantômas, à nouveau son revolver frôlait la tempe du bandit.
— Vous me demandez pourquoi je vous hais ? cria-t-il. Eh bien, apprenez-le ! Je me nomme Dick, vous ai-je dit, c’est un mensonge, Dick est un prénom, Fantômas ! Fantômas, je m’appelle Valgrand ! Je suis le fils de l’homme que vous et lady Beltham avez envoyé jadis à l’échafaud, quand il s’agissait de sauver votre tête, la tête de Gurn. Vous étiez alors à peine co
Fantômas ne répondit pas. Le bandit était devenu livide. Il considérait Dick, maintenant, avec des yeux d’épouvante :
Le fils Valgrand ! Il était en face du fils Valgrand ! À ses oreilles, ce nom réso
— Ah Fantômas, hurla Dick, Fantômas, quoi qu’il en soit je me suis déjà terriblement vengé. Je vous tiens aujourd’hui au bout de mon revolver, je n’ai qu’à presser la détente pour verser votre sang, comme vous avez versé le sang de mon père et de ma mère, mais ne croyez pas, ne croyez pas que ce serait là ma première exécution. J’ai déjà vengé mes parents ! Allons, Fantômas, vous pleurez lady Beltham. Eh bien, apprenez-le, lady Beltham, c’est moi qui l’ai tuée. Aujourd’hui, c’est Fantômas contre Fantômas. C’est Fantômas qui se dresse. Car si vous êtes Fantômas, je l’ai été aussi. Pour m’approcher de lady Beltham, j’ai revêtu votre cagoule, j’ai pris votre maillot noir. Fantômas je l’ai été, je l’ai été aux yeux de beaucoup, aux yeux de Rose Coutureau, que vous avez tuée, sans soupço
Un éclat de rire démoniaque secouait encore Dick.
— Me suis-je assez vengé Fantômas ? hurla derechef le jeune homme. Vous avez tué mon père, mais j’ai tué lady Beltham, vous avez tué ma mère mais je vais dépouiller votre fille.
Fantômas était livide. Les effroyables révélations qu’il venait d’entendre avaient bouleversé ce cœur jusqu’alors intrépide.
Quoi ? ce que disait Dick était vrai ? C’était lui, l’assassin de lady Beltham ? C’était lui, l’autre Fantômas ? Et il s’apprêtait encore à nuire à Hélène ?