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Mais soudain Fandor eut un sursaut.

La porte que défendait Hélène s’entrebâilla, une main passa et s’emparant du bras de la jeune fille, elle attira celle-ci dans la pièce interdite à Fandor.

Puis la porte se referma. On entendit le bruit d’un verrou. Cela dura quelques secondes à peine et Fandor, abasourdi, demeura immobile, stupéfait, mais se ressaisissant soudain, il bondit sur la porte fermée, et essaya en vain de l’ébranler. Elle lui résistait.

Un autre drame se jouait désormais entre la fille de Fantômas et le perso

L’homme qui était en face d’elle était Fantômas. Le bandit avait son mauvais regard et il tenait un long poignard dont la lame brillait à la lueur blafarde du clair de lune.

— Je veux en finir, grommelait-il. Fandor est là, je veux le tuer.

— Non, je vous le défends !

— Ma fille ! s’écria Fantômas.

— Mon père, je vous le défends, répétait Hélène, qui ne tremblait pas sous la menace du sinistre bandit et qui au contraire, soutenait son regard avec une hautaine arrogance.

Fantômas parut soudain se calmer.

— Que tu es belle, fit-il d’une voix adoucie, et que je t’aime ! Ah, tu es bien ma fille et je reco

— Quoi donc ?

— Si tu voulais, poursuivit le bandit, qui baissait la voix pour n’être pas entendu de Fandor, nous serions à nous deux les maîtres incontestés. On t’a surnommée « La Guêpe [10] » parce que, ma chère Hélène, tu as la taille la plus fine et la plus élégante qui soit au monde. Veux-tu devenir mon associée ? Je suis le Roi du Crime, n’hésite pas à exercer tes vengeances. Tu tremperas tes mains dans le sang de mes e

— Misérable, hurla Hélène, bandit, fuyez ! Je ne veux pas vous entendre !

Fantômas, cependant, insistait :

— Je t’en supplie, Hélène, ne me repousse point, viens avec moi, vivons ensemble. Tu sais bien que tout ce que je fais, c’est pour assurer ton bonheur.

— Il n’y a pas de bonheur pour moi, s’écria Hélène, tant que mon père sera Fantômas et je sais, comme l’a dit Fandor, que tu le seras toujours.

Le bandit ricanait :

— Oui, hurla-t-il, je le serai toujours, jusqu’à ce que j’aie écrasé autour de moi cette vermine immonde de policiers qui s’acharnent sur mes traces et qui m’insultent sans cesse, qui me tracassent sans jamais m’atteindre. Mais alors, lorsque tout cela sera fini, je serai pour toi le père lé plus dévoué, le plus tendre. Alors, Hélène, tu comprendras, tu sauras…

— Je sais que je vous exècre, hurla, frémissante, la jeune fille, et que je vous détesterai toujours. Oh ne parlez pas de la voix du sang, elle n’existe pas, si ce n’est que pour m’inspirer le plus immense dégoût, une horreur insurmontable.

— Mais Hélène, tu m’aimes, puisque tu me défends, puisque tu me protèges ?

Hélène hurla :

— Je ne vous aime pas, je vous déteste ! Si j’agis comme je le fais, c’est parce que c’est mon devoir, uniquement.

La jeune fille n’acheva pas.

Un craquement formidable venait de retentir. Sous les efforts de Fandor, la porte cédait.

Mais Fantômas, plus rapide que la pensée, plus vif que l’éclair, s’en était aperçu et, sans doute, après avoir voulu tuer Fandor, estimait-il qu’il fallait pour le moment renoncer à la lutte.

Fantômas s’élançait par la fenêtre de la pièce qui do

— Mon Dieu ! murmura Hélène, il va se tuer. Ils vont se tuer tous les deux.

Car Fandor, qui venait de bondir dans la pièce, s’élançait sur les traces du bandit.

La fenêtre do

Hélène, dont les jambes se dérobaient sous elle, se traîna jusqu’à la croisée par laquelle les deux hommes s’étaient enfuis. Son regard plongea dans l’obscurité ; elle ne vit rien.

Fantômas, cependant, faisait preuve d’une agilité surprenante. Il avait bondi du toit, bientôt il arriva sur la crête d’un mur le long duquel affleuraient les branches touffues d’un arbre. Il s’élança sur une branche. Celle-ci craqua. Fantômas tomba à terre et sa chute le sauva.

Le bandit n’avait aucune blessure. Il se releva et s’enfuit par les jardins, gagna la rue, puis disparut.

Fandor l’avait vu, mais il passa quelques instants à atteindre le sol et lorsqu’il y parvint, le journaliste avait encore une fois perdu la trace du bandit.

En toute hâte, cependant, Fandor revint rue Ravignan, sans difficultés il pénétra à l’intérieur de la maison, remonta jusqu’au quatrième étage dans le logement d’Hélène.

La porte en était ouverte, mais l’appartement était vide. Hélène avait disparu.

17 – DÉPOSÉ AU VESTIAIRE

Dans le grand hall de la Compagnie d’assurances L’Épargneoù sur des bancs de bois placés en travers étaient groupés une multitude de perso

— Le numéro 7.

— Voilà.

Un homme, très élégamment vêtu, se leva du siège qu’il occupait un peu à l’écart des bancs destinés au public.

— Attends-moi là, Jacques, déclara le perso

Cet homme n’était autre que M. le bâto

M e Faramont, après quelques démarches, était parvenu sans trop de difficulté à obtenir qu’on fît droit à sa requête et que L’Épargnelui payât la somme qu’il réclamait, fort justement d’ailleurs.

— C’est à maître Henri Faramont que j’ai l’ho

— À lui-même, monsieur, répondit le bâto

— Veuillez, je vous prie, pour la bo

Le bâto

M e Faramont quitta le guichet et rejoignit son fils qui l’attendait à quelques pas de là.

M e Faramont semblait légèrement ému, et, machinalement, sa main droite se portait à la poche où il avait enfermé son portefeuille.

— Dépêchons-nous, Jacques, déclara M e Faramont, j’ai grand hâte de rentrer. Vraiment je ne serai pas tranquille tant que cette somme ne sera pas enfermée dans mon coffre-fort. Songe qu’il s’agissait là d’une grosse somme, je suis vraiment heureux que cette affaire soit enfin terminée.

— Grâce à mon oncle.

— En effet, reprit M e Faramont. Keyrolles a vraiment été charmant dans cette affaire et le poste qu’il occupe à L’Épargnea joué un grand rôle dans le peu de difficultés que j’ai éprouvé pour toucher ces cinq cent mille francs.

Les deux hommes marchaient d’un pas rapide.

M e Faramont, toujours inquiet, esquissait de temps à autre un geste pour s’assurer que les bienheureux billets étaient toujours au même endroit dans son portefeuille.

Les craintes du bâto

Le bâto