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— Vous permettez que je pre

— Oui.

— Merci. Eh bien, messieurs, j’ai en effet à me plaindre, à me plaindre de Juve, de ses collègues, du procureur de la République, de la magistrature, de la police. Mais je désirerais ne parler qu’en présence de mon avocat, le bâto

Le policier se pencha vers le juge :

— Il faut lui do

Au moment même, l’huissier passait la carte de l’avocat au magistrat.

— Faites entrer M e Faramont.

Les salutations s’échangèrent, puis Fantômas reprit la parole.

— Messieurs, déclarait le bandit, vous êtes un peu mes juges, et par conséquent je sollicite de vous une impartialité absolue. Veuillez donc me promettre de m’écouter sans m’interrompre.

Fantômas parlait avec une si grande assurance, une autorité si tranquille, que Juve, tout comme M e Faramont, tout comme M. Fuselier lui-même, en frémit. Où voulait donc en venir l’extraordinaire bandit qu’ils avaient devant eux ?

— Parlez, Fantômas, commanda Fuselier. Nous vous écoutons.

Fantômas se croisa les bras :

— Messieurs, je suis ici pour accuser et pour menacer. Encore une fois, j’attire toute votre attention sur les paroles que je vais prononcer. Voici quinze jours, ou presque, que je suis empriso

Fantômas se tut, mais il jeta un regard foudroyant à Juve. Véritablement le bandit était beau, il dominait de superbe façon le policier qui, de son côté, avait pâli, se mordait les lèvres au sang.

— Répondez, commanda Fantômas.

Germain Fuselier tressaillit, regarda M e Faramont qui paraissait ahuri, regarda Juve très pâle, presque tremblant.

— Je crois, commença-t-il…

Mais Fantômas l’interrompit :

— Monsieur le juge, osa ordo

Juve, à cet instant, se leva. Lui aussi éprouvait un secret besoin d’être debout, libre de ses mouvements, de ses gestes, pour répondre à Fantômas.

Ah, sans doute, elle était inconcevable, inouïe, fantastique, l’audace du Maître de l’Épouvante, qui, tout priso

Un autre que Juve se fût contenté de lui répondre par un haussement d’épaules. Mais cela, cela que d’autres eussent pensé, le grand ho

— Allons, parlez, répéta Fantômas, toisant le policier. Que savez-vous ?

— Rien ! hurla Juve. Je ne sais rien ! Les drames se multiplient. Les mystères s’enchevêtrent. Vous êtes priso

Mais Fantômas venait de se laisser tomber négligemment sur une chaise et avait éclaté de rire.

Le bandit rit longtemps, d’un petit rire ironique, étouffé, sarcastique :

— Mon pauvre Juve, déclara-t-il enfin, accentuant le ton dédaigneux de ses paroles, vous déraiso

— Assez, hurla le juge, taisez-vous, vous n’êtes pas ici pour nous menacer ! Juve fera ce que bon lui semble et vous n’avez pas d’ordres à lui do

Mais Fantômas haussa les épaules :

— Je n’expierai pas, déclara-t-il, catégorique.

— Vous prétendez échapper au châtiment ?

Fantômas se leva, il marcha jusqu’au bureau du juge, il regarda fort sérieusement le magistrat, puis dédaigneusement, il dit :

— Monsieur Fuselier, entendez-moi bien : il m’a plu, il y a quinze jours, de tenter une expérience. Juve et vous, vous représentez les ho

— Vous n’êtes plus mon priso

— Non.

— Que voulez-vous dire ?

— Vous le comprendrez plus tard.

— Avez-vous quelque chose à ajouter ? demanda M. Fuselier.

— Absolument rien, je tenais à vous prévenir. Faites-moi reconduire au cachot.

— Pas encore.

Aux derniers mots du bandit, le magistrat s’était levé et il souffla quelque chose à l’oreille de Juve, puis glissa un ordre à un homme.

Quelques instants plus tard, une jeune femme, qui n’était autre que Sarah Gordon, fit son apparition dans le cabinet du juge.

— Madame, demanda le magistrat, madame, reco