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Des minutes interminables passèrent. L’homme n’osait bouger, n’osait respirer. Bientôt il se calma un peu. La pendule sur la cheminée so

Or, on eût dit que ce petit bruit familier et paisible tirait le cambrioleur de la torpeur où la stupéfaction l’avait jeté.

— Que diable s’est-il passé ? murmura-t-il.

Il quitta l’encoignure où il s’était tapi, il avança au centre de la pièce, prit la lampe électrique, examina le bureau dans tous les sens.

— Je ne vois rien, murmura-t-il encore. Perso

En se baissant, en regardant sous le bureau, il tressaillit :

— Ah fichtre, je comprends. Deux fils électriques ! Parbleu, il y avait un signal destiné, je suppose, à faire réso

L’explication était plausible, elle ne rassura cependant qu’à demi celui qui l’inventait.

Pour qu’un simple court-circuit eût produit une lueur aussi vive, il aurait fallu en vérité supposer un énorme courant électrique. Ce qui s’accommodait mal avec l’hypothèse d’une simple so

L’homme ne pouvait, sans doute, s’attarder dans ses recherches.

— Faisons vite, dit-il encore. Ils peuvent rentrer d’un instant à l’autre et ceci m’obligerait à des choses dont je ne veux point.

Le beau calme de l’inco

— Pas intéressant, murmura-t-il, en rejetant l’une après l’autre les chemises de carton sur lesquelles l’écriture de Juve indiquait des titres impressio

Puis, soudain, il tressaillit.

— Enfin ! dit-il.

L’homme venait de soulever, du fond du tiroir, une sorte de petit étui d’acier, mince, plat, dont il retira un vieux parchemin jauni, couvert d’une écriture fine, serrée, d’une écriture dont l’encre avait pâli, jauni, était presque effacée par endroits.

— Voilà ce que je cherchais, murmura l’homme.

Il eut un éclat de rire, puis, dédaignant désormais de remettre quoi que ce fût en ordre, il reprit sa course, se rhabilla, et, éteignant sa lampe électrique, se glissa dans l’ombre vers la porte de l’appartement, puis l’ouvrit et referma sans bruit.

Au bas de l’escalier, en passant devant la loge de la concierge, l’inco

— Cordon, s’il vous plaît !

Mais au même moment, il réprimait mal un sursaut de frayeur. La porte de la loge était vitrée, en effet, et à travers cette vitre, un rayon de lumière venait d’être projeté, cependant que la concierge demandait :

— Qui va là ?

Il hésitait à répondre, lorsque d’une voix ensommeillée, la concierge ajoutait :

— Ah c’est vous, monsieur Juve ! Vous ne voulez pas votre courrier ? J’ai justement une lettre pour vous.

Il hésita une seconde, mais à ce moment la portière tirait le cordon. Sous la voûte proche de l’immeuble, la porte réso

Or, il y avait à peine cinq minutes, il y avait moins peut-être que l’inco

Le policier songeait que les affaires de Ville-d’Avray, auxquelles il venait d’être mêlé, étaient des plus inquiétantes. Fandor oubliait les affaires, pour ne penser qu’à Hélène, et il se demandait si la jeune fille qu’il aimait n’avait pas couru, dans la mystérieuse maison, quelque grave danger, si elle était à l’heure actuelle saine et sauve.

Il était tard. Il importait avant tout que les deux hommes prissent du repos. Dans l’existence aventureuse qu’ils menaient, les jours se succédaient, perpétuellement dramatiques, et ils devaient savoir, par moments, tenir bon pour pouvoir lutter encore, faire taire leurs préoccupations morales, accorder quelques instants de tranquillité à leur corps harassé.

— Viens coucher chez moi, avait dit Juve.

Fandor n’avait pas refusé. Le wattman du taxi-auto payé, Juve fit passer Fandor sous la porte cochère de l’immeuble. Le journaliste et lui avançaient dans le noir jusqu’au pied de l’escalier. Juve en passant devant la loge de la concierge cria son nom, en locataire bien tranquille, et respectueux des règlements.

— Ne vous dérangez pas, criait-il, c’est moi Juve.

La voix de la portière, au même instant, s’informa :

— Ah c’est encore vous, monsieur Juve ? Eh bien vous voulez-t’y vot’ lettre ?

Juve était déjà à moitié du premier étage, il s’arrêta interrogeant :

— Vous avez une lettre pour moi ?

— Mais oui, bien sûr, vous n’avez pas entendu que je vous le disais tout à l’heure ?

— Quand m’avez-vous prévenu ? demanda-t-il.

— Dame, il y a cinq minutes, quand vous êtes sorti !

La voix de la concierge, de la complaisante femme qui s’arrachait au sommeil pour do

Il frotta une allumette-bougie, et redescendit l’étage, marchant vers la porte de la loge que la concierge entrebâillait pour passer la lettre.

— Vous m’avez prévenu tout à l’heure ? répétait-il en insistant sur les mots. Il y a combien de temps ?

— Cinq minutes, peut-être.

— Je suis donc sorti il y a cinq minutes ?

La question émut définitivement la brave femme. Elle considéra Juve avec des yeux ronds que l’éto

— Mais pourtant je n’ai pas la berlue ! insista-t-elle. Est-ce que vous vous moquez de moi, monsieur Juve ? Il y a cinq minutes, c’est bien vous qui êtes sorti ? C’est bien vous puisque j’ai reco

Juve ne comprenait rien à ce qu’on lui disait. Pourtant, il ne perdit point son calme :

— En effet, répondit-il, c’est bien moi qui suis sorti tout à l’heure, mais je ne pensais pas que vous aviez eu le temps de me reco

Et comme la concierge se confondait en remerciements pour un compliment qui la touchait au cœur, venant de Juve, le policier recommença à monter, rejoignant son ami qui l’attendait au premier étage.

— Fandor, interrogeait Juve, tu as entendu ?

— Oui, répliquait Fandor, mais je ne comprends rien à cette histoire. Cette femme a rêvé ?

— Peut-être, répliqua Juve.

Et rien qu’à la façon dont Juve prononçait ces mots, Fandor se prenait à tressaillir. Quelques instants plus tard, cependant, les deux amis étaient à la porte de l’appartement de Juve. Le policier prit sa clé, l’introduisit dans la serrure, ouvrit. Mais comme tout naturellement Fandor allait passer devant lui, Juve l’empoigna par le bras :

— Reste derrière, petit, commanda-t-il.

— Et pourquoi ?

— Ça sent l’ail.

La réponse pouvait paraître incohérente, pourtant elle glaça d’effroi Fandor. Juve, original comme toujours, aimait intriguer ses interlocuteurs en les entretenant par phrases énigmatiques. Mais il avait cependant un ton de voix qu’il ne savait pas déguiser. Ceux qui le co

Or, Juve, à ce moment, évidemment était sérieux. De plus, Fandor se rendait compte que le policier n’avait point menti. La porte de l’antichambre ouverte, Fandor en reniflant, en humant l’air, se rendait compte que Juve avait parfaitement raison. L’appartement sentait l’ail. Il y avait une odeur d’ail intolérable qui flottait dans l’antichambre.