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— Eh bien, ça n’est pas mon cas, répartit Juve, et moi qui le co

Le policier, toutefois, comme s’il pensait tout haut, ajoutait :

— Évidemment, il se peut que l’agression dont vous avez été victime soit, dans une certaine mesure, imputable à des complices de Fantômas. Tout au moins à des gens de sa bande. Mais je me demande quel intérêt le bandit pourrait avoir à vous faire attaquer, dépouiller. Votre existence, au contraire, doit lui être sacrée.

— Sait-on jamais ?

Mais Juve, d’un geste, lui imposa silence. Un groupe d’agents se présentaient à l’entrée de la villa, poussant devant eux un homme les menottes aux mains.

— Voici, dit Juve, quelqu’un que l’on a arrêté cette nuit.

M e Faramont poussa un cri de surprise :

— Mais, s’écria-t-il, c’est Sunds !

C’était, en effet, le Danois que les agents conduisaient à Juve.

Le réparateur d’objets d’art, le bizarre négociant était très pâle. Son visage exprimait l’inquiétude la plus grande et il avait dû passer une fort mauvaise nuit, car ses traits étaient contractés.

Il aperçut le bâto

— Une minute, et répondez-moi ! Je suis l’inspecteur de la Sûreté, Juve. Votre nom ?

— Je m’appelle Sunds. Érick Sunds, commerçant patenté, fabricant d’objets d’art, réparateur de curiosités, peintre et sculpteur, domicilié place du Tertre à Montmartre.

Fandor qui s’était approché, hochait la tête ; il murmura à l’oreille de Juve :

— C’est exact, je le co

Juve poursuivait son enquête :

— Que faisiez-vous, hier soir, aux abords de cette maison ?

Tout d’abord, Sunds se troubla, mais on se rendait compte que c’était plus l’émotion que la crainte qui rendait ses propos inintelligibles. Enfin il parvint à s’expliquer :

— J’avais un rendez-vous avec M e Faramont, j’avais pris un taxi pour venir à Ville-d’Avray, mais, en cours de route, nous avons eu pa

— Pourquoi veniez-vous voir le bâto

— Pour lui montrer un objet d’art qu’il pouvait peut-être acheter.

— Décrivez-moi cet objet.

— Je ne l’ai pas vu moi-même, mais j’en ai eu la photographie entre les mains. C’est une fort belle pièce. Un brûle-parfums chinois du XV e siècle de la famille verte, mesurant environ soixante centimètres de haut.

— C’est bien, interrompit Juve qui, se penchant à son tour à l’oreille de Fandor, lui déclara :

— Ce que dit cet homme est vrai. J’ai vu l’objet qu’il me décrit dans une pièce de la maison.

— D’où saviez-vous que ce brûle-parfums était à vendre ?

— Une dame est venue chez moi, déclara Sunds. Elle habitait ici, m’a-t-elle dit.

— Comment est cette perso

— Grande, mince, assez élégante, mais âgée.

Fandor, étourdiment, l’interrompait :

— Elle a des cheveux blancs, n’est-ce pas ?

— Comment le sais-tu ? demanda Juve, éto

Mais le journaliste, mystérieusement, disait à son ami :

— Je vous l’expliquerai tout à l’heure.

Et Juve, comprenant qu’il ne voulait pas parler devant des tiers, poursuivait son interrogatoire :

— Avez-vous parlé de cette affaire, demanda-t-il, à d’autres perso

— Ma foi, reco

— Devant qui ?

— Devant des tas de gens, des amis, des habitués.

— Quels sont ces habitués ?

— Il y a Boissard le mécanicien, Calastarès, un dessinateur humoriste, une espèce de modèle co

Juve et Fandor avaient sur les lèvres le seul nom qui leur venait aussitôt à l’esprit, c’était celui d’Hélène. Ils ne le prononcèrent pas.

Le Danois énumérait d’autres perso

— Mario Isolino, disait-il, devait être là avec Nadia, mon ancie

— Votre ancie

— Mon ancie

Juve avait relevé tous ces noms sur son calepin :

— Ça va bien, fit-il.

Puis il tourna le dos au malheureux Érick Sunds, qui jetait sur le bâto

Juve était allé trouver le commissaire.

— Vous savez, déclara-t-il, vous pouvez relâcher votre homme, il n’est pour rien dans cette affaire.

— En êtes-vous bien sûr ?

— Oui, dit Juve, c’est peut-être un imbécile, mais assurément un i

— Vous prenez la responsabilité de cette libération, monsieur Juve ?

— Je la prends pleine et entière, monsieur le Commissaire.

— C’est bien, lâchez cet homme !

À peine lui avait-on enlevé les menottes que le Danois courait vers Juve :

— Ah monsieur, fit-il, je vous remercie de me remettre en liberté, mais, je vous en conjure, expliquez-moi ce dont il s’agit. J’ignore absolument tout.

— Cela m’est fort égal, déclara Juve. Vous n’avez pas besoin de savoir et de comprendre, tout ce que je veux c’est que vous rentriez chez vous. Si l’on vous demande s’il s’est passé quelque chose, vous direz tout simplement qu’il ne s’est rien passé du tout.

Interloqué, le Danois se retira, quitta la villa. Sur le trottoir, il rencontra M me Faramont qui venait rejoindre son mari.

— Ah madame, s’écria Sunds, quelle bo

M me Faramont ignorait absolument tout de l’arrestation d’Érick Sunds, qu’elle considérait d’ailleurs comme un fort brave homme.

Moins discrète que Juve, et naturellement bavarde, elle commençait :

— Mon cher monsieur Sunds, c’est une affaire épouvantable. Figurez-vous que mon mari a été attaqué hier soir, ici même.

Et elle ajouta tout bas :

— Je suis sûre que c’est un guet-apens de Fantômas.

Juve surgissait à ce moment avec le bâto

Il vit le Danois en conversation avec M me Faramont. Le policier fronça le sourcil, et, se tournant vers Fandor qui marchait derrière lui, il murmura :

— En voilà une qui est certainement en train de tout gâter.

9 – LES PLUS MAL CHAUSSÉS

Le soir du jour où Juve et Fandor enquêtèrent à Ville-d’Avray, un homme vêtu de noir, semblait-il, prenant garde à faire le moindre bruit, montait l’escalier de la rue Tardieu, se dirigeant vers l’appartement du policier.

Quel était-il ? Que voulait-il ?

Passant devant la loge de la concierge, au rez-de-chaussée, il avait crié un nom de façon à peu près inintelligible. Dix heures et demie venaient de so