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Mario Isolino devait se jeter sur l’homme à terre et lui fouiller les poches.

Malgré l’émotion, Nadia, qui était également terrorisée par l’attitude de son amant, avait réalisé sans trop de difficulté la première partie du programme. Et alors que le bâto

— Du moment que j’ai réussi à le renverser, Mario Isolino ne le tuera pas.

En précipitant à terre le bâto

Et Mario Isolino, d’une voix contractée par l’angoisse, articulait cependant qu’il geignait, lui aussi :

— Sauvons-nous, sauvons-nous, c’est du sortilège.

***

— Eh bien, comment vous sentez-vous, mon pauvre Faramont ?

Le bâto

Il se sentait immensément las, fatigué, brisé, comme après un violent effort ou une grande maladie. Il se rendit compte qu’il était étendu sur quelque chose de souple et de doux, une chaise longue ou un canapé. Puis, il éprouva une sensation réconfortante, deux lèvres s’appuyaient sur son front, cependant qu’il percevait la voix angoissée de sa femme qui murmurait :

— Mon pauvre Henri, que vous est-il donc arrivé ?

Le bâto

— Le médecin, dit M. de Keyrolles à son beau-frère.

Et le bâto

Au moment où il pénétrait dans la propriété voisine, il avait éprouvé un choc violent, une secousse, puis un blanc. Le bâto

— C’est une attaque, n’est-ce pas ? De la congestion ? Oh, il vaut mieux me le dire, je suis fort, je n’ai pas peur de mourir.

Mais le médecin le rassurait :

— Pas le moins du monde, monsieur.

— Une attaque, peut-être, mon cher beau-frère, lui dit Keyrolles, mais pas du genre de celle que vous croyez. Vous avez été victime d’une attaque au sens propre du mot, mon pauvre ami. Qu’alliez-vous faire dans cette maison voisine de la nôtre ?

— J’allais voir une potiche ancie

Dans son entourage on s’entre-regarda. M me Faramont, nettement déclara :

— Vous le voyez, je m’en doutais, c’est un guet-apens.

Jacques était venu embrasser son père. Se tournant vers son oncle, il déclara :

— J’ai bien fait de prévenir la police, par téléphone. Nous allons avoir tout à l’heure la visite d’un inspecteur de la Sûreté. C’est Juve qui doit venir.

M. Faramont cherchait en vain à rassembler ses souvenirs, il se rendait compte qu’il y avait une lacune dans sa mémoire, il interrogea :

— Enfin, expliquez-moi ce qui s’est passé. Quelle heure est-il ?

On lui répondit :

— Dix heures et demie.

— Ce n’est pas possible, s’écria le bâto

M. de Keyrolles interrogea d’abord le médecin du regard ; mais le praticien comprenait la question :

— Vous pouvez lui parler, dit-il, M. le Bâto

— Eh bien voilà, fit M. de Keyrolles en s’adressant à son beau-frère. Ma femme et moi nous étions dans le jardin à respirer l’air frais, nous vous attendions tous trois, vous, votre femme et votre fils par le train de huit heures et demie lorsque, vers huit heures moins le quart, des bruits suspects provenant de la propriété voisine ont attiré notre attention. Et nous nous demandions ce que cela pouvait être, lorsque notre bo

— De poivre ? s’écria le bâto

Puis il eut un brusque sursaut, porta la main à sa poitrine :

— Mon argent, s’écria-t-il.

Le bâto

— Je n’ai pas été volé, fit-il, et c’est heureux, j’avais trente-deux mille francs sur moi. Alors, interrogea-t-il en regardant son fils, tu as prévenu la police, mon petit Jacques ?

— Oui, mon père, fit le jeune homme.

M me de Keyrolles, dans un angle de la pièce, s’efforçait de calmer sa belle-sœur. M me Faramont était en effet toute tremblante, terrifiée.

— Depuis qu’Henri a accepté de défendre ce sinistre bandit, murmurait-elle, j’y pense tout le temps, je ne vis plus. Ne dirait-on pas là une agression à la Fantômas ?

Doucement, M me de Keyrolles rassura sa belle-sœur.

— Puisque Fantômas est en prison… commença-t-elle.

Mais d’un geste, M me Faramont l’interrompit et la femme du bâto

— Ce n’est pas l’avis d’Henri. Henri croit que son client n’est pas le vrai Fantômas.

8 – UNE ENQUÊTE DE JUVE

Une petite voix flûtée criait à travers la porte :

— Il est cinq heures, monsieur, levez-vous !

Juve s’éveilla. Cependant il était encore plongé dans un demi-sommeil car, machinalement, il s’écria :

— C’est compris, Jean, je me lève.

Or ce n’était évidemment pas Jean, son vieux domestique, qui venait de lancer cet appel. Jean n’avait pas une voix de femme aussi fluette, aussi pointue.

Pour éviter d’être repris par le sommeil, l’inspecteur de la Sûreté ne se posa pas de questions. Il bondit hors du lit mais ses genoux heurtèrent le plancher, le matelas sur lequel Juve reposait était en effet au niveau du sol et, tandis qu’il se frottait les rotules qu’il s’était violemment heurtées, Juve se souvint qu’il n’était pas chez lui, mais à Ville-d’Avray, dans la villa de M. de Keyrolles.

Il y était arrivé la veille à minuit sur un appel téléphonique du fils du bâto

Juve, toutefois, n’avait pas pu interroger le principal intéressé, la victime de l’attentat. M e Henri Faramont dormait à ce moment, et le médecin qui l’avait soigné avait défendu qu’on le troublât.

Juve, alors, au grand ébahissement de toute la famille qui l’entourait et le pressait de se rendre sur les lieux de l’agression, a