Страница 53 из 75
Le policeman, toutefois s’arrêtait de mêler les cartes. Qu’allait do
Celui-ci d’un rapide coup d’œil venait de s’assurer par le judas ménagé dans la porte de la cellule que le gardien s’était éloigné :
Fantômas revint vers son partenaire :
— Laissons cela, Juve, dit-il, en repoussant les cartes d’un geste brusque…
Le policeman ne cilla pas, il se contenta de prononcer un nom :
— Fantômas !
— Appelez-moi Garrick, dit l’autre, c’est mon droit, en Angleterre. D’ailleurs, ici tout le monde me co
Les yeux de Juve flambèrent, puis s’éteignirent.
— Soit, dit-il, continuons…
Mais Fantômas s’efforçait d’être aimable :
— Juve, déclara-t-il, tous mes compliments. Ce n’est pas mal travaillé du tout. Votre visite m’enchante. Et encore une fois, mes compliments…
Juve, que ce persiflage exaspérait, ne pouvait plus tenir, il éclata :
— Que voulez-vous que je fasse de vos compliments ? Je ne sais qu’une chose, c’est que je vous tiens, et que vous ne m’échapperez pas.
D’un regard mauvais, Fantômas considéra l’inspecteur de la Sûreté.
Y avait-il, chez cet homme, du remords ou de la crainte ? Juve lui faisait-il peur ? ou Fantômas méditait-il encore quelque atroce machination pour s’échapper des mains de son redoutable adversaire ? Hélas ! toute tentative brutale devait être irréalisable, Juve, évidemment, se tenait sur ses gardes, et Garrick, condamné notable, perso
Il l’avait reco
Était-il là en vertu d’un mandat ou par subterfuge ? Voilà ce que Fantômas aurait voulu savoir, et voilà ce que Juve ne lui dirait certainement pas.
Le bandit, sentant les chances inégales, se rendait compte qu’il fallait jouer de finesse, et, pour une fois, faire patte de velours.
— Je ne vous échapperai pas, répéta-t-il, c’est vrai, Juve, je suis à votre merci… Garrick est priso
— En effet.
Mais Fantômas poursuivait :
— Il est curieux, n’est-il pas vrai, qu’un homme « comme vous », lorsqu’il se trouve en présence d’un homme « comme moi » en soit réduit à lui proposer une partie de cartes. Avec pour enjeu… mon Dieu, des haricots, sans doute.
Juve ne répondit pas.
« Certes, nous préférerions l’un et l’autre, nous rencontrer face à face les armes à la main…, car vous devez rêver, Juve, d’assouvir une terrible vengeance ?
— Je n’ai pas de vengeance à assouvir. J’ai des devoirs à remplir, j’ai à faire triompher la justice, le bon droit, la vérité. Je m’y emploierai par tous les moyens.
— J’en suis convaincu, interrompit Fantômas, je sais d’ailleurs qu’il vous est formellement interdit de toucher un seul des cheveux de ma tête. Je suis priso
— Je ne l’oublie pas…
— Il est d’usage que les gardiens ou les agents auxquels on confie l’ho
Ah ! ce Fantômas ! il était extraordinaire.
— Soit, dit Juve… Jouons donc cartes sur table… le policeman 416, c’est moi, Juve… le condamné Garrick, c’est Fantômas… nous sommes bien d’accord ?
— Hélas ! Juve,. murmura-t-il, voilà que vous insistez encore… vous savez bien qu’il est impossible que le docteur Garrick, ici présent, que Garrick, incarné par moi, soit Fantômas. Je vous en prie, Juve, ne soyez pas entêté… qu’est-ce que Fantômas ? un être multiple composé de perso
Furieux de voir que Fantômas le traitait comme un gamin, Juve do
— Suffit, s’écria-t-il, je sais mieux que perso
Machinalement le bandit baissa les yeux.
— Juve, supplia-t-il, laissez mon regard… ne vous en préoccupez pas et tenez… écoutez plutôt ceci : Deux versions opposées se sont accréditées à mon sujet depuis que je végète dans cette prison, et que j’y végète i
Tandis que Fantômas parlait, Juve l’écoutait, sans mot dire, et au fond de lui-même, il était obligé de s’avouer que pour une fois, pour la première peut-être, et dans une certaine mesure, le sinistre bandit avait raison.
Certes, deux ans auparavant, Fantômas n’avait dû sa perso
Fantômas, sous l’étiquette de Tom Bob, était depuis deux ans détective anglais, membre du Conseil des Cinq. Fantômas, qui était aussi le docteur Garrick, l’amant de Françoise Lemercier, n’était pas l’assassin de sa femme. Il était réellement i
Étrange, vraiment… Fantômas i
— Juve, reprit Fantômas, souvenez-vous qu’il y a quelques semaines, j’ai eu la plus grande confiance en vous… et que je vous l’ai manifestée…
— Que voulez-vous dire ?
Fantômas baissa la voix. Il allait aborder un sujet éminemment grave, et ne voulait pas que les gardiens pussent l’entendre…
— Je vous ai envoyé, dit-il, il y a quelques semaines, mon collaborateur, – je veux dire le collaborateur de Tom Bob, – le détective French, pour vous demander ce qu’était devenue M meGarrick ?
— M meGarrick, s’écria Juve, vous voulez plutôt dire lady Beltham ?
Le policier, en proie à une indicible émotion, se leva, croisa ses bras sur sa poitrine et regarda son adversaire, qui lui aussi s’était dressé debout en face de lui.