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L’hygiène est, chez les chiffo
On le fait, il est vrai, le plus rarement possible, car il n’est perso
Lorsque la veille, Juve, en revenant de l’enquête faite au domicile d’Ellis Marshall assassiné, avait conclu que le Camelot, le Camelot ami des chiffo
***
Les malheureux chiffo
À pas précautio
De distance en distance, un agent avait été placé, revolver au poing. Il avait reçu la consigne stricte de ne laisser passer perso
Moins de dix minutes après qu’il eût do
C’était le signal des opérations. C’était aussi le commencement des scènes les plus pénibles qu’il soit possible d’imaginer. De toutes parts, en effet, aux coups de sifflet du chef de la Sûreté, les officiers de paix entourés d’agents se précipitaient, heurtant à la porte des cabanes.
Il était à peu près minuit. Les chiffo
— Ouvrez, au nom de la loi.
— Mais qu’y a-t-il ?
— On vous le dira tout à l’heure.
Les portes s’entrebâillaient, des faces effrayées dévisageaient avec des yeux d’épouvante l’uniforme des gardiens de la paix, puis des protestations s’élevaient.
— Mais qu’est-ce qu’on nous veut ?
— Nous sommes d’ho
— Alors, on ne peut plus dormir tranquilles.
Les agents n’avaient point le temps de s’attarder à do
— Allez, criaient-ils, dépêchez-vous. Par ordre du service sanitaire, on va mettre le feu à votre cambuse. Emportez ce que vous avez de plus précieux.
Et, à ces paroles, des lamentations éclataient, des pleurs, des grincements de dents. Les agents venaient d’allumer des torches de résine dont la flamme fumeuse avait des éclats rougeoyants.
En moins d’un quart d’heure, tout le camp des chiffo
Il y avait là de pauvres vieux, à demi infirmes, qui s’éloignaient en s’appuyant sur des béquilles branlantes et qui n’emportaient pour tout bien que leur crochet, leur hotte, il y avait des enfants qui pleuraient, terrifiés, s’accrochant aux jupes de leurs mères qui, blêmes, à moitié vêtues, avec des figures de haine et de colère, s’en allaient, abando
Le désespoir pourtant qui se lisait sur certaines figures n’était pas général heureusement.
Si certains chiffo
— Bah, disaient-ils, on nous chasse, cette nuit, mais on sera revenu demain. Ce n’est pas la peine de se faire du mauvais sang.
***
Deux heures plus tard, le campement des chiffo
Les agents ayant chassé les derniers retardataires, torche en main, mettaient le feu aux baraques.
— Juve ? Savez-vous que c’est une affaire ratée ?
— J’en ai bien peur.
— Notre investissement était parfait, tous les chiffo
Juve hochait la tête, vexé.
— Vous avez raison, monsieur Havard, c’est une affaire ratée. Il ne reste plus perso
— Non, je ne crois pas.
— Vous restez encore, monsieur Havard, ou vous regagnez la Préfecture ?
— Bah, je n’ai plus rien à faire, nous n’avons plus rien à faire ici. Venez-vous, Juve ?
— Je viens, monsieur Havard.
M. Havard s’était lourdement trompé en affirmant à Juve que l’affaire était manquée, qu’il ne restait plus perso
Quelqu’un se trouvait encore au centre même des baraquements qui flambaient de toutes parts et dont s’étaient retirés, peu à peu, tous les chiffo
Qui était-ce ?
Alors que les agents frappaient rudement à la porte de la cabane habitée par l’Accapareur, la fille de Fantômas, souple et rapide, avait bondi hors de son lit, puis sauté par la fenêtre, courant à toute vitesse vers le fond du jardinet où l’on entassait les matériaux.
La fille de Fantômas, en effet, ne se trompait nullement sur la nature des événements qui survenaient.
— Une rafle, murmura-t-elle, c’est une rafle.
Et immédiatement, avec cette présence d’esprit dont elle avait maintes fois do
— Je parie, murmurait-elle, je parie que c’est encore Juve qui est la cause de cette aventure. Mais il ne l’aura pas.
Elle était superbe à voir en ce moment, l’extraordinaire jeune fille. À peine vêtue, ses longs cheveux flottant au vent, le visage contracté par une expression de volonté farouche, avec une force que décuplait son énervement, elle remuait les lourdes pièces de fer.
Et soudain, comme elle déplaçait une énorme plaque de tôle qui gisait là, elle eut un cri de triomphe :
— Le voilà. Ils ne l’auront pas. Je le sauverai ou je périrai.
Hélène, agenouillée, ramassa, caché sous une pierre, le fameux portefeuille rouge qui devait décider du sort de la Russie, le portefeuille repris chez l’équarrisseur.
Il lui avait fallu cependant près de vingt minutes d’un travail affolé pour déplacer le tas de ferraille, pour parvenir jusqu’à la cachette du portefeuille. C’était miracle que les agents ne l’eussent point entendue. C’était miracle qu’on ne se fût pas précipité sur elle. Mais sa situation, à vrai dire, n’était pas meilleure pour cela.
De tous côtés, les agents couraient, les chiffo
— La rafle, répéta Hélène, si j’essaie de franchir le cercle des gardiens de la paix, j’ai grande chance d’être arrêtée. Que faire ?