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Et telle était l’autorité avec laquelle cet inco
— Vous voudrez bien présenter mes hommages respectueux à M mede Brémonval et lui affirmer que je saurai, coûte que coûte, la débarrasser d’un goujat qui se permet de parler chez elle en maître et n’en a sûrement pas le droit, puisqu’il n’ose pas se nommer.
***
— Ainsi, disait à présent l’inco
Mais Dame Brigitte se taisait toujours.
— Ton silence prouve, peut-être mieux que n’importe quoi, ton inconscience. Je t’aimais, entends-tu. Je t’aimais. Moi, moi qu’on dit incapable d’amour, moi qu’on croit impassible, moi qui passe aux yeux de tous pour une brute sans cœur, je t’aimais. J’avais pour toi des trésors de tendresse, des vertiges d’adoration. Et il faut que je m’aperçoive que tu me trahissais lâchement, bêtement, sottement.
La voix de Fantômas – car l’inco
Le bandit, bientôt, maîtrisa pourtant son émotion :
— Je t’aimais, dit-il encore, je t’aimais, mais je ne t’aime plus. Je ne veux plus t’aimer, comprends-tu ? Il faut que je ne t’aime plus.
Mais, comme il prononçait ces mots de désespoir, brusquement, d’un élan insensé, la duègne aux cheveux blancs, se jeta à ses genoux.
— Il faut que tu ne m’aimes plus, cria-t-elle. Ah, ne dis pas ça, ne blasphème pas. Gurn, mon amant, ma joie, ma vie, mon âme. Il est impossible que tu ne m’aimes plus ? c’est impossible.
— Tu m’as trahi.
— Non, ce n’est pas vrai.
— Pourquoi recevais-tu cet officier ?
— Tu sais bien que je frémis chaque fois que je sais que quelqu’un contrarie tes plans, tes projets. Écoute. Tu ne peux pas m’en vouloir ? Tu ne peux pas exiger, toi que j’aime, que je sois à ce point aveugle, que j’oublie qui tu es ? ce que tu fais ?
— Tu me reproches mes crimes ?
— Je n’ai pas la force de rien te reprocher. Mais, pitié. Écoute-moi. Ne me dis pas que tu m’aimes plus, toi que j’aime. Écoute pourquoi je recevais cet officier, ce Nikita ? Oh, pas pour te trahir, crois-le bien. Tout simplement pour le supplier de ne plus s’occuper du portefeuille rouge, pour l’écarter de ta route, pour le sauver de toi qui es le maître de tout, de toi que rien n’arrête, de toi que j’aime quand même follement, furieusement. Je te le jure.
Et, tandis que Dame Brigitte adressait à Fantômas cette prière passio
— Pardo
Fantômas convaincu par son accent passio
— Va, dit-il, je te crois, je veux te croire. Si tu m’aimes, je t’aime aussi, je ne veux pas t’arracher de moi, mais je ne veux plus de cette existence perpétuellement malheureuse qui est la nôtre. Maud, je t’en conjure, quitte Paris, ne sois plus ni lady Beltham, ni M mede Brémonval, ni Dame Brigitte, ni quoi que ce soit au monde. Accepte de ne rien être que la femme que j’aime. Pars où je te dirai d’aller, où nous vivrons tous les deux, seuls, l’un pour l’autre, à tout jamais.
Et, très doucement alors, lady Beltham répondait :
— Ordo
19 – L’HOMME AUX MAINS ROUGES
— Alors, mère Zizi, vous n’avez pas trouvé que c’était une chose épouvantable que de vendre ce brave Papillon ?
— Ma foi, non, ma fille. Qu’est-ce que tu veux, la malheureuse bête est morte sur le coup. Elle avait reçu la roulotte juste en plein ventre et sur la tête. Que voulais-tu que nous fassions de son corps, le père Zizi et moi ?
— Vous avez raison, maman Zizi. Mais, tout de même, je suis bien certaine que ce n’est pas vous qui avez eu l’idée d’appeler l’équarrisseur. Avoir vendu Papillon à l’équarrisseur. Tenez, je ne peux pas me faire à cette idée-là, mère Zizi. La pauvre bête, elle méritait un autre sort.
— Dame, qu’est-ce que tu veux, on n’est pas riche ? Les réparations vont coûter cher. Quand on nous a do
— Mais qui est-ce qui vous a do
— Je ne sais pas. N’importe qui. Quelqu’un qui était là, un camelot, il me semble. Oui, un camelot. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?
— Oh, pour rien, par curiosité. Et on a enlevé les harnais ?
— Oui. Nous avons vendu le cadavre de notre bête et puis ses harnais, et puis tout. Nous nous faisons vieux, et l’époque des grands voyages est finie pour nous deux Zizi. Nous réparerons la roulotte parce que le père et moi, nous sommes tellement habitués à vivre sous son toit que ce serait un crève-cœur d’être obligés de nous installer ailleurs. Mais voilà tout. Et toi, Hélène, qu’est-ce que tu aurais fait à ma place ?
La fille de Fantômas n’insista pas. Elle revenait du travail chez l’Accapareur.
On ne soupço
Hélène apprit d’ailleurs, avec une indifférence à peine apitoyée, que la roulotte avait subi de graves dommages au cours de sa chute. Elle se montra, en revanche, fort affectée du décès du vieux cheval, de l’excellent Papillon.
Papillon avait été enlevé le matin même par l’équarrisseur. Son corps avait été vendu pour quelques francs. On ne pouvait plus rien pour lui, sa pauvre destinée de bête de somme était terminée.
Hélène, après quelques vagues phrases de regrets, trouvait bon de ne point s’appesantir davantage sur le trépas du vieux cheval.