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La mère Zizi, plus jeune que son mari d’une dizaine d’a
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D’une foire à l’autre, le père Zizi conduisait la roulotte marron attelée de son vieux cheval blanc. On campait à l’abri de quelque baraque plus importante, le père Zizi dressait les tréteaux, et la mère Zizi, alors costumée en chasseresse, émerveillait les badauds par un exercice de tir à la carabine. Le public affluait à l’entrée de la petite tente du couple.
Hélas, le malheur est vite venu. Ce jour-là, précisément, le père et la mère Zizi venaient de faire co
— Sang de Dieu, jurait de temps à autre le père Zizi, qui s’était tout juste assez civilisé au cours de ses voyages pour apprendre quelques jurons bien français, sang de Dieu, comment allons-nous faire, la mère ? Jamais tu ne pourras ces jours-ci tenir la carabine.
La mère Zizi, qui regardait son bras enflé, et qui, de plus, ressentait de vives douleurs dans toute l’épaule, hocha tristement la tête :
— Parbleu, le père, tu as raison. Il faudrait que tu me fasses remplacer par quelqu’un. Plus facile à dire qu’à faire.
Le « quelqu’un » que la vieille Bohémie
Or, le hasard allait bien faire les choses.
Alors que le père Zizi se lamentait et criait à tous les échos sa douleur de voir la mère Zizi hors d’état de tenir son rôle, il eut la surprise de voir déboucher brusquement d’un sentier voisin une jeune fille qui, tout naturellement, – et ayant certainement entendu les plaintes des deux Bohémiens – s’offrit à remplacer la mère Zizi, si toutefois on voulait lui assurer le vivre et le coucher.
Le père Zizi s’empressa d’accepter.
Même, il voulut que la jeune fille prit tout de suite ses premières leçons de tir, et ce n’est pas sans surprise qu’il s’aperçut que sa nouvelle recrue maniait expertement la carabine de tir qu’il lui avait confiée.
Le Bohémien, dès lors vit l’avenir en rose.
Ce n’était que le commencement de ses e
12 – LA BELLE HOMICIDE
Fandor venait à peine de quitter Juve que, descendant les rues de Morlaix, il tombait à l’improviste sur une petite place transformée en champ de foire.
De toutes part, des bateleurs faisaient leur boniment, brutalement éclairés par des lampes à acétylène.
— Entrez, entrez, messieurs, dames, criait sur une estrade transformée en tribune, une sorte de gentleman comiquement habillé d’une redingote trop longue. Entrez, il n’y a pas de premières, et pas de secondes, et pas de troisièmes. Ici, toutes les places sont au même prix. On voit aussi bien d’un bout à l’autre de la salle. Et le spectacle en vaut la peine, messieurs et dames. Entrez, Les artistes de la troupe vont avoir l’ho
Le journaliste, toutefois, n’était guère disposé à s’amuser plus longuement de l’aspect du champ de foire.
Il allait donc poursuivre son chemin, revenir à l’hôtel, regagner la petite chambre si expertement perquisitio
— Diable de diable dit Fandor, qui soudain, s’était immobilisé et fixait un perso
Et délibérément dès lors, Fandor se hâta pour rejoindre le passant et le regarder à loisir.
Le passant, bien évidemment, ne se doutait nullement qu’il était suivi par Fandor.
Peut-être n’avait-il aucune raison de vouloir éviter que l’on observât ses démarches ?
Très naturellement, après avoir traversé le champ de foire, il alla s’arrêter à l’entrée d’un humble baraquement dont l’enseigne, éclairée à giorno par une abondance de lampions, portait ces mots alléchants :
« À la femme qui tue, sans tuer. »
Évidemment, l’homme allait entrer à la suite de la foule pour assister à la séance.
Fandor arriva tout juste pour le voir passer de l’autre côté du petit bureau servant de contrôle, où siégeait, imposant et digne, vêtu d’un extraordinaire uniforme de vieux général, un mince vieillard, patron de l’établissement…
— Miséricorde songea Fandor, que dirait Juve, dans son wagon, probablement endormi, s’il me voyait en train de baguenauder dehors à la poursuite d’un inco
Le journaliste était toutefois trop têtu pour renoncer à sa poursuite.
À son tour, il franchit les degrés de l’estrade, à son tour, il entra voir la femme qui « tuait sans tuer ».
Debout sur la scène ménagée au fond de la tente, le journaliste aperçut une femme, une jeune fille plutôt, une jeune fille qu’il reco
Oui, Hélène, la fille de Fantômas, la malheureuse et i
Comment Hélène se trouvait-elle là ?
Le jeune homme, toutefois, était bien trop maître de lui-même pour trahir ses impressions.
À peine avait-il reco
— Morbleu, songeait Fandor à ce moment, je vais laisser finir le spectacle et il faudra bien, coûte que coûte, la toile tombée, que j’obtie
Mais le spectacle débutait. La mère Zizi – car l’établissement dans lequel Fandor venait de pénétrer était l’établissement forain du père Zizi – s’avançait et a
— Messieurs et Mesdames et vous aussi, militaires la jeune femme, merveilleusement belle, que vous avez devant vous va avoir l’ho
Et subitement, avec cet esprit de décision qui lui était particulier, voilà que Fandor, en bon gavroche qu’il était, se sentit pris du désir de faire une bo
La mère Zizi, à ce moment, demandait :
— Un amateur qui veut éprouver la vertu du sabre magique ?