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- Sibylla. Tu sais très bien que, le mercredi soir, je vais à mon club. Quand apprendras-tu à t'en souvenir?
- Pardon.
Sibylla alla do
- Si tu as besoin de quelque chose, demande-le à Gun-Britt.
Gun-Britt était la bo
Sibylla se souvenait comme elle enviait ces enfants qui habitaient très loin et qui avaient peur à tel point que des dames vivant à l'autre bout du monde prenaient le temps de se consacrer à eux. À l'âge de six ans, elle avait décidé de tenter de remédier à cela et, une nuit, était allée dormir dans l'affreux grenier ténébreux de la maison, dans l'espoir d'avoir peur, elle aussi. Elle avait pris son oreiller et était allée s'allonger sur un tas de vieux tapis, à l'insu de tous. Naturellement, Gun-Britt l'avait trouvée, le matin, et avait aussitôt raconté cela à sa mère. Il en était résulté un savon qui avait duré plus d'une heure et après lequel sa mère avait été prise de migraines qui avaient duré plusieurs jours, elles. Par la faute de Sibylla, bien entendu.
Pourtant, elle devait être reco
L'eau du bain commençait à tiédir. Elle se leva et se secoua pour se débarrasser des gouttes d'eau aussi bien que de ses souvenirs. Un gros peignoir très doux était suspendu à une conduite d'eau chaude, près de la baignoire. Elle se drapa dedans et gagna la chambre. La télévision passait une sitcom américaine avec rires enregistrés. Elle s'assit pour la regarder quelques instants tout en ôtant soigneusement son vernis à ongles.
Règle numéro un: toujours rester propre.
C'était ce qui la différenciait désormais des SDF de sa co
L'important, c'était ce que l'on paraissait être.
Et rien d'autre.
Le respect était réservé aux gens do
Car c'est vraiment affreux qu'il y ait des gens qui n'aient nulle part où habiter.
Elle s'enduisit d'une crème de beauté bleutée et regarda ce lit qui n'attendait qu'elle. C'était un sentiment magnifique que d'être assise là, propre et bien au chaud, et de savoir qu'on allait bientôt pouvoir se coucher dans un vrai lit et dormir toute la nuit sans être dérangée.
Elle décida de rester encore un peu debout pour profiter de ce délicieux sentiment.
Maman savait que je n'étais pas comme les autres. C'est pourquoi elle avait toujours peur de me décevoir. Chaque fois que je désirais vraiment quelque chose, elle faisait de son mieux pour me préparer à ce que je ressentirais si je ne l'obtenais pas. Pour me protéger de la souffrance, elle s'efforçait de m'habituer à ne pas trop espérer.
Mais si, à chaque fois, on se prépare à échouer, l'échec finit par devenir votre véritable but.
Je ne peux plus vivre ainsi. Plus maintenant.
Rune a été ce que j'ai le plus désiré, dans ma vie. J'avais toujours espéré rencontrer quelqu'un comme lui et, soudain, il a été là. Pour moi, il était plus grand que la vie.
Je T'ai demandé bien des fois si c'était pour cette raison que je méritais le châtiment.
Le péché de la chair que nous avons commis était si grand, Seigneur, que Tu ne pouvais fermer les yeux et Te réjouir de notre amour. Tu me l'as pris, mais Tu ne l'as pas accueilli dans Ton royaume.
Je T'ai demandé, mon Dieu, ce qu'il fallait pour que Tu lui accordes le pardon.
Car, lorsqu'il existe un testament, il faut qu'il soit attesté que celui qui l'a rédigé est mort. Seule la mort lui confère sa validité. En revanche, il n'est pas valable tant que son auteur est vivant. C'est pourquoi l'alliance précédente n'a pas été scellée sans qu'il soit versé de sang, non plus. La loi stipule que presque tout doit être lavé dans le sang et, s'il n'en est pas versé, il n'est pas accordé de pardon.
Je te remercie, Seigneur, de m'avoir permis de comprendre ce que je dois faire.
Elle se réveilla en entendant quelqu'un cogner à la porte. Prise de court, elle se leva et se mit à chercher ses vêtements. Bon sang, comment avait-elle pu laisser passer l'heure? Le radioréveil indiquait neuf heures moins le quart. Toute la question était de savoir si Grundberg avait compris qu'elle l'avait mené en bateau ou s'il s'était réveillé avec une érection encore plus pénible que d'habitude.
- Un instant!
Elle se précipita dans la salle de bains et rassembla en hâte ses vêtements.
- Ouvrez, s'il vous plaît. Je voudrais vous poser quelques questions.
Merde alors. Ce n'était pas Grundberg, c'était une voix de femme. Sans doute un membre du perso
Merde. Merde. Merde.
- Je ne suis pas encore habillée.
Pas de réponse. Elle traversa rapidement la chambre et alla regarder par la fenêtre. Impossible de quitter l'hôtel par là.
- C'est la police. Si vous voulez bien avoir l'amabilité de vous dépêcher.
La police! Bon sang de merde!
- Je suis presque prête. Dans une ou deux minutes.
Elle alla coller l'oreille à la porte et entendit des pas qui s'éloignaient. Juste devant son nez était affiché un petit avis plastifié indiquant les issues de secours. Elle l'étudia soigneusement tout en attachant l'épingle de nourrice de sa jupe. D'après son numéro de chambre, elle n'était qu'à deux portes de l'escalier de secours. Elle entrouvrit prudemment et regarda dans le couloir. Perso