Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 67 из 77

– Elle a dit qu’elle allait chercher son frère, fit un serveur.

– Eh bien, nous allons l’attendre…

Deux agents s’approchaient pour enlever le corps de la malheureuse Dianora, mais son époux s’interposa :

– Ne la touchez pas ! C’est moi qui vais l’emporter !

Avec une vigueur qui semblait incompatible avec son long corps mince, le banquier souleva la forme inerte et se dirigea d’un pas ferme vers le grand escalier. Sa fille voulut le suivre, mais Aldo tenta de la retenir :

– Lisa ! Je voudrais vous dire… Elle eut, pour lui, un petit sourire :

– Je sais tout ce que vous pourriez me dire, Aldo, et ce n’est pas le moment ! Nous nous reverrons plus tard. Pour l’instant, c’est lui qui a besoin de moi…

Le cœur serré, Morosini regarda sa mince forme blanche suivre la traîne de velours noir qui glissait derrière Klederma

– Vous co

– Plusieurs a

Ce policier n’imaginerait certainement jamais à quel point l’apparition de la jeune fille l’avait rendu heureux. Il n’insista pas sur le sujet :

– Votre femme n’a pas l’air de revenir. Je vais la chercher.

Aldo n’osa pas le suivre. Près de la porte, plusieurs agents recueillaient les noms et les absences de témoignage des invités avant de les laisser partir. Résignés, ceux-ci formaient une longue queue se réduisant petit à petit. Aldo prit une cigarette après en avoir offert une à son ami. Les deux hommes, conscients d’être entourés de policiers, ne disaient rien. Quand enfin l’inspecteur – il s’appelait Grüber – revint, il était d’une humeur massacrante :

– Perso

« Non sans raisons, pensa Aldo. Ils emportaient le collier que Sigismond ou Anielka elle-même ont dû subtiliser… » Il se garda bien d’exprimer son sentiment qui lui eût valu une recrudescence de soupçons. Il n’échappa pourtant pas aux questions qui suivirent. Grüber tira son carnet :

– Bon ! De toute façon c’est votre famille, alors do

– La seule adresse que je co

Le policier devint rouge vif :

– Ne vous fichez pas de moi ! C’est votre adresse ici que je veux.

– La mie

– Vous voulez me faire croire que votre femme n’habite pas avec vous ?

– Il faudra bien que vous le croyiez, puisque c’est un fait. Vous avez vu, tout à l’heure, quelles relations affectueuses nous entretenons ? J’ai été le premier surpris de la voir ici : je la croyais partie pour les Lacs italiens avec une cousine…

– On arrivera bien à les retrouver. Ont-ils des relations ici ?

– Je l’ignore. Quant aux mie

– Parfait ! Vous pouvez regagner votre hôtel mais j’aurai sans doute à vous revoir encore. Ne quittez pas Zurich sans mon autorisation !

– Pouvons-nous saluer mademoiselle Klederma

– Non.

Les deux hommes se le tinrent pour dit et allèrent à leur tour reprendre leur vestiaire. Ce fut Ulrich lui-même qui tendit le sien à Morosini. Celui-ci murmura :

– Vous savez où ils habitent ?

– Oui. Dans une heure je serai chez vous.

Le gangster à demi repenti tint parole. Une heure plus tard il frappait à la porte de la chambre où les deux amis l’attendaient après avoir prévenu le portier de nuit qu’ils devaient recevoir une visite et demandé une bouteille de whisky. Lorsqu’il lui ouvrit la porte, Aldo se demanda s’il n’allait pas s’évanouir entre ses bras. Naturellement pâle, Ulrich était blême jusqu’aux lèvres et, après lui avoir indiqué un fauteuil, Morosini lui tendit un verre bien plein qu’il avala sans respirer.

– Belle descente ! apprécia Adalbert. Mais un pur malt vingt ans d’âge mérite un autre traitement !

– Je vous promets de déguster le second ! fit l’homme avec un pâle sourire. Je vous jure que j’en avais besoin.

– Si je vous comprends, vous n’étiez pas au courant de ce qui allait se passer ?

– En aucune façon. Je ne savais même pas que les Solmanski devaient venir à la fête. Alors, le meurtre ! …

– Je vous ai co

– Je ne crois pas avoir tué qui que ce soit, cette nuit-là ? Sachez-le, je ne tue que pour me défendre et j’ai horreur de l’assassinat gratuit.

– Gratuit ? ricana Adalbert. Comme vous y allez. Un collier qui vaut peut-être deux ou trois millions… Car, bien sûr, ce sont vos amis qui l’ont subtilisé ?

– Trêve de mondanités ! coupa Aldo. Vous m’avez dit que vous saviez où ils sont ? Alors, vous buvez encore un verre et vous nous emmenez !

– Hé là ! Un instant ! À propos de collier, vous m’en aviez promis un. J’aimerais le voir !

– Il est dans le coffre de l’hôtel. A notre retour je vous le remettrai. Je vous le répète : vous avez ma parole !

Ulrich ne considéra qu’un instant le regard d’acier froid du prince-antiquaire :

– C’est OK ! Au retour. En attendant, si j’ai un conseil à vous do

– Soyez tranquille ! Nous savons à qui nous avons affaire ! dit Adalbert en sortant un imposant revolver de sa poche de pantalon.

À leur retour à l’hôtel, lui et Aldo avaient, en effet, troqué leurs habits de soirée pour des vêtements plus adaptés à une expédition nocturne.

– On y va ?

Entassés dans l’Amilcar de l’archéologue, les trois hommes se dirigèrent vers la rive méridionale du lac.

– C’est loin ? demanda Aldo.

– Environ quatre kilomètres. Si vous co

– Ce qui m’éto

– Ma famille est originaire de par ici. Ulrich, ce n’est pas un prénom américain… et mon nom c’est Friedberg.

– Vous m’en direz tant !

Trois heures so

– Ça sent le chocolat ! fit Adalbert qui reniflait avec ardeur.

– La fabrique Lindt et Sprüngli est à une centaine de mètres, le renseigna Ulrich. Mais, tenez, voici la maison que vous cherchez, ajouta-t-il en désignant, au bord du lac, un beau vieux chalet dont la nuit, claire, permit d’admirer le colombage compliqué, encore enrichi par un décor peint.

Un joli jardin l’entourait. Adalbert, pour sa part, se contenta de jeter un coup d’œil et alla garer sa voiture, assez bruyante, un peu plus loin. On revint à pied et, un moment, on considéra la maison aux volets clos dans laquelle tout semblait dormir.

– C’est curieux ! remarqua Ulrich. Ils ne sont pourtant pas rentrés depuis bien longtemps et ce ne sont pas des couche-tôt ?

– De toute façon, fit Morosini, je ne suis pas venu ici pour contempler une vieille demeure. La meilleure façon de savoir ce qui s’y passe est d’y aller voir. L’un de vous saurait-il ouvrir cette porte ?

Pour toute réponse, Adalbert sortit de sa poche un trousseau comportant divers objets métalliques, gravit les deux marches du petit perron et s’accroupit devant le vantail. Sous l’œil admiratif d’Aldo, l’archéologue fit une brillante démonstration de ses talents cachés en ouvrant sans bruit et en quelques secondes une porte d’un abord plutôt rébarbatif.