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– Tâche au moins de savoir qui est son joaillier ! On ira faire un tour chez lui. En bo

– C’est entendu. Demain, j’irai la voir à une heure où on peut supposer que Klederma

– Moi ? Je me sens frais comme un gardon. Je me demande si je ne vais pas, cette nuit même, faire une visite à Wong. On n’a pas beaucoup de temps et moins on en perdra, mieux ça vaudra…

Aldo n’eut pas à se demander longtemps quelle heure serait la plus propice à son entretien avec Dianora : sur le plateau de son petit déjeuner, une longue enveloppe d’épais papier s’épanouissait entre la corbeille à pain et le pot de miel. C’était une invitation en bo

– Enfin quelque chose de positif ! commenta Vidal-Pellicorne revenu bredouille de son expédition nocturne. Je commençais à croire que le Dieu d’Israël nous en voulait !

– Tu n’as trouvé perso

– Pas même un chat : des volets fermés, des portes bouclées et des to

– Il est peut-être parti rejoindre Aronov ?

– Si la maison est vide je le saurai. Hier soir, il se peut que Wong, s’il était là, ne m’ait pas entendu.

– Et tu n’as pas essayé d’entrer ? Les portes, d’habitude, ne te résistent pas longtemps ?

– Si Wong est parti, c’eût été du temps perdu. Et puis il vaut mieux faire un peu de repérage de jour avant de s’attaquer, de nuit, à un quelconque objectif.

– Suivant ce que tu apprendras, on pourrait y aller ensemble ce soir…

Il était exactement cinq heures quand un taxi déposa Morosini devant le perron qu’il co

Si l’appellation fronça légèrement le sourcil du visiteur, il fut vite rassuré : le salon d’un irréprochable Louis XVI où on l’introduisit ressemblait beaucoup plus à un musée qu’à un boudoir propice à toutes sortes de défaillances. Quant à la femme qui y pénétra cinq minutes après, elle était en parfait accord avec le côté somptueux mais un rien trop apprêté du décor : robe de crêpe gris nuage à manches longues dont le drapé s’achevait en écharpe nouée autour du cou et servant de présentoir à un triple sautoir de perles fines assorti à celles qui ornaient les oreilles. Jamais Dianora n’était apparue à Aldo vêtue de façon si austère, mais il se rappela que Zurich, protestante, devait obliger ses enfants catholiques, même milliardaires, à un comportement un rien sole

Dianora offrit à son visiteur une main royale, chargée de bagues précieuses, et un sourire moqueur :

– Que c’est aimable à vous, cher ami, d’avoir accepté mon invitation, si peu protocolaire qu’elle soit !

– Ne vous excusez pas. Je comptais, Madame, vous demander une entrevue. Il faut que je vous parle…

– Les grands esprits se rencontrent, dit-on. Le thé sera servi dans un instant et nous aurons tout le temps de causer.

On se contenta donc de dévider des lieux communs jusqu’à ce que le maître d’hôtel flanqué de deux caméristes eût disposé devant Dianora le plateau à thé en vermeil et porcelaines de Saxe, et, sur deux tables a

Tandis que Mme Klederma

– Laissez-moi deviner le sujet dont vous désirez m’entretenir, dit Dianora en reposant la tasse où elle venait de boire. Je parie qu’il s’agit du rubis ?

– Ce n’est guère difficile à deviner. Il faut que nous en parlions très sérieusement. Cette histoire est beaucoup plus grave que vous ne l’imaginez.

– Quel ton sinistre ! Je vous ai co

– Certains souvenirs ne s’effacent jamais et c’est justement au nom de cette amitié que je vous demande de renoncer à cette pierre.

– Trop tard ! fit-elle avec un petit rire amusé.

– Comment cela, trop tard ?

– Même si je le voulais – et il n’en est pas question ! – il me serait impossible de vous la rendre. Moritz est parti pour Paris hier matin. Seul Cartier lui paraît digne de composer le cadre qui convient à cette merveille…

– Il y a pourtant ici des artistes de valeur ?

– Sans doute, mais seule la perfection est digne de moi, vous le savez bien ?

– Je n’ai jamais dit le contraire et c’est pourquoi il me répugne que cette pierre sanglante au passé terrifiant devie

– Ne dites pas de sottises ! Nous ne sommes plus au Moyen Âge.

– Très bien, soupira Morosini. J’espère seulement qu’il n’arrivera rien à Klederma

– Oh, le séjour sera bref : il rentre cette nuit. Le bijou achevé sera rapporté à temps pour la fête par un émissaire secret. N’est-ce pas excitant ? … À ce propos je compte sur votre présence ?

– Il vous faudra inviter aussi mon ami Vidal-Pellicorne : il m’a rejoint hier.

– Vraiment ? Oh, je suis ravie. J’adore cet homme-là ! … Mais à présent, parlons un peu de vous. En fait, c’est uniquement pour cela que je vous ai appelé.

– De moi ? … Je n’en vois pas l’intérêt !

– Ne soyez donc pas modeste ! Cela ne vous va pas du tout et j’ai de grands reproches à vous faire. Ainsi, vous êtes marié ?

– S’il vous plaît, Dianora, j’aimerais autant que nous parlions d’autre chose. Ce n’est pas de bon gré que je me suis marié.

– Est-il donc possible de vous obliger à quelque chose ? Cette jeune bécasse qui avait pris dans ses filets ce pauvre Eric Ferrals opère de vrais miracles. Expliquez-moi ça, à moi qui croyais vous co

– Il n’y a rien à expliquer. Vous comprendrez quand vous saurez que j’ai introduit une action en a

Le visage moqueur de la jeune femme se fit soudain grave :

– J’en suis heureuse, Aldo. Cette femme est d’autant plus dangereuse qu’on lui do

– En effet, murmura Aldo, mal à l’aise.

– Incroyable ! s’écria Dianora en riant. Dire que j’ai failli devenir votre belle-mère ! Quelle horreur ! Je ne crois pas que j’aurais aimé ça. À l’époque tout au moins…