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– Mais… dans ce cas, le rubis serait à vous ?
– Pas vraiment. Je le cherchais pour un client et je l’avais retrouvé dans un château près de la frontière autrichie
– Comment pouvez-vous être certain qu’il s’agit bien du même ? Après tout, ce n’est pas l’unique rubis cabochon…
– C’est simple ! Montrez-le-moi ! Je suppose que vous ferez suffisamment confiance à ma parole pour n’en pas douter ?
– Certes, certes… je vous le montrerai, mais d’abord allons souper ! Vous devez savoir par votre cuisinière qu’un soufflé n’attend pas. Vous me raconterez votre aventure à table.
Le maître d’hôtel venait d’a
Le soufflé était parfait et Klederma
– Si j’ai bien compris, vous me contestez la propriété du cabochon de rubis ?
– Pas en fait puisque vous l’avez acheté en toute bo
– Moi j’en vois une autre encore plus simple : c’est moi qui rembourse ce que vous l’avez payé en Bohême, en tenant compte bien sûr des peines que vous avez prises pour vous le procurer.
Morosini étouffa un soupir : il se doutait bien qu’il avait affaire à forte partie. La beauté de la pierre avait fait son œuvre et Klederma
– Comprenez donc que ce n’est pas une question d’argent ! Si mon client tient tellement au rubis, c’est pour faire cesser la malédiction qui s’y attache et qui frappe tous ses possesseurs.
Moritz Klederma
– Ne me dites pas qu’un homme du XX esiècle, sportif et éclairé, peut croire à ces fariboles ?
– Que j’y croie ou non est de peu d’importance, dit Aldo avec une grande douceur. Ce qui compte, c’est mon client qui est aussi un ami. Lui en est persuadé. D’ailleurs, après tout ce que j’ai pu découvrir du parcours du rubis depuis le XV esiècle, je lui do
– Eh bien, racontez-moi ça ! Vous savez à quel point je suis passio
– Celle-ci commence à Séville, peu de temps avant l’institution de l’Inquisition. Les Rois Catholiques règnent et le rubis appartient à un riche converso, Diego de Susan, mais il est considéré comme sacré par la communauté juive…
Dès les premières phrases, Aldo sentit qu’il venait d’éveiller la curiosité passio
– J’en ai moi-même été victime dans la synagogue et celui qui vous l’a vendue vient de le payer de sa vie.
– C’est un fait mais… votre client n’a pas peur, lui, de cette prétendue malédiction ?
– Il est juif et seul un Juif peut effacer l’anathème lancé par le rabbin de Séville…
Klederma
– Et vous l’avez cru ? dit-il enfin.
– Qui, mon ami ? Bien sûr, je le crois…
– Vous devriez pourtant savoir de quoi sont capables mes frères collectio
– L’homme qui m’a demandé ce bijou n’usait d’aucun stratagème. Je le co
– Hum ! … Il faut y réfléchir ! En attendant, je vais vous montrer la pierre en question et aussi ma collection. Venez !
Les deux hommes regagnèrent le grand cabinet-bibliothèque du premier étage dont, cette fois. Klederma
– Vous craignez que l’un des membres de votre perso
– Pas du tout. Vous allez comprendre : cette pièce n’est jamais fermée à clé sauf lorsque je désire pénétrer dans ma chambre forte. En fait, c’est en tournant cette clé que l’on permet l’ouverture de la porte blindée. Vous allez voir…
Traversant son bureau, le banquier qui avait pris une petite clé pendue à son cou sous le plastron glacé de sa chemise alla l’introduire dans une moulure de la bibliothèque occupant le fond de la pièce : une épaisse porte doublée d’acier tourna lentement sur d’invisibles gonds, entraînant avec elle son habile décor de faux livres. Klederma
– J’espère que vous appréciez votre chance. Il n’y a guère plus d’une demi-douzaine de perso
La chambre forte avait dû être d’assez belles proportions mais l’espace y était réduit par les coffres dont les parois étaient revêtues :
– Chacun a une combinaison différente, poursuivit le banquier. Moi seul les co
Rapidement, ses longs doigts manipulaient deux grosses mollettes placées sur le premier coffre suivant le code qui convenait : à droite, à gauche, encore et encore. Les chiffres cliquetaient mais, en peu de temps, l’épais vantail s’ouvrit, dévoilant une pile d’écrins.
– Il y a ici une partie des bijoux de la Grande Catherine et quelques bijoux russes.
Entre ses mains, une boîte habillée de velours violet révéla un extraordinaire collier de diamants, une paire de girandoles et deux bracelets. Morosini ouvrit de grands yeux : cette parure, il la co