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— Il rentre ! dit-elle enfin.

— Vous en êtes sûre ?

Le visage trop semblable à celui de la Pucelle eut un sourire mélancolique.

— Le loup blessé a besoin de sa tanière pour y lécher ses plaies !

Arnaud de Montsalvy croyait en

peut-être même qu'un moment il m'a aimée, ./lais lorsqu'il est arrivé dans cette ville, les cloches de Saint-Donat emplissaient le ciel de leurs notes joyeuses a

Puis, d'un geste si décidé qu'il en devenait brutal, elle ouvrit la porte et sortit de la chapelle. C'était fini... La victoire de Catherine était complète, aussi avait-elle des ailes en refaisant le chemin déjà suivi derrière la femme à la robe rouge réapparue comme par enchantement.

Sa mine joyeuse frappa les deux garçons qui se morfondaient, assis sur une marche de l'escalier sous l'œil dubitatif du lansquenet. Avec une allégresse enfantine, elle les embrassa l'un après l'autre, tandis que l'œil du lansquenet se scandalisait.

— Est-ce que cela veut dire que nous avons gagné ? demanda Gauthier que le baiser de Catherine avait fait virer au rouge brique.

— Entièrement, totalement ! Et nous rentrons chez nous ! Messire Arnaud nous y attend !

Cette nouvelle déchaîna l'enthousiasme de Bérenger qui dissimulait depuis trop longtemps un vif désir de revoir ses montagnes d'Auvergne, sa famille... et sa jolie cousine Hauvette. Mais Gauthier, qui n'avait pas les mêmes raisons que lui, retint une petite grimace.

L'idée de retrouver le seigneur de Montsalvy, pour lequel il n'éprouvait qu'une sympathie fort mitigée, ne lui souriait guère.

Néanmoins il était déjà trop attaché à Catherine pour envisager seulement de s'en séparer et de retourner à ses chères études parisie

Restait à savoir dans quelles dispositions ? Ses dernières relations avec sa femme ne laissaient pas augurer grand-chose de bon de l'accueil qu'il pouvait leur réserver...

On redescendit gaiement vers l'auberge à travers le tumulte et les criailleries d'un marché en plein vent où se pressaient paysans en sabots et bourgeoises emmitouflées. En dépit de la dureté des temps les cochons étaient gras et les volailles exposées suffisamment dodues pour arracher à Bérenger un regard plein d'envie.



— Allons-nous reprendre la route aujourd'hui même ? demanda-t-il avec un discret soupir. Il semblerait que l'on s'apprête à fêter dignement la Noël dans ce pays-ci.

Catherine se mit à rire.

— Nous allons rester trois ou quatre jours pour remercier Dieu de nous avoir permis de mener à bo

Celui de Montsalvy est long, et rude...

Le projet fut reçu avec enthousiasme. Cet arrêt dans leur agréable auberge redo

La veille de Noël Catherine monta jusqu'à la cathédrale pour s'y faire pardo

Vêtue simplement et perdue dans la foule, l'épouse d'Arnaud regarda sans envie se dérouler devant elle les fastes de l'entourage ducal, la beauté des costumes de fête et l'éclat des joyaux. Plus rien de tout cela ne l'attirait. Ce qu'elle souhaitait de toute l'ardeur de son cœur demeuré simple et clair en dépit de tout ce que la vie lui avait fait endurer, c'était retrouver le calme de sa maison, les rires de ses petits et les lointains bleus de la Châtaigneraie, ses eaux vives et ses pentes abruptes fourrées de sapins noirs..., là seulement les souvenirs trop pesants s'allégeraient et, peut-être, s'envoleraient loin d'elle, emportés par le vent des montagnes !

Mais Dieu, apparemment, avait décidé qu'elle n'en avait pas encore fini avec les e

Quand le malaise se retira, elle resta un long moment immobile, foudroyée sur son lit. D'abord incrédule. Puis, brusquement, elle éclata en sanglots.

Il ne pouvait être question de rejoindre son époux, maintenant ni jamais. L'ignoble scène orchestrée par le Damoiseau avait laissé des traces. Elle était enceinte...

Doucement, avec une sorte de tendresse, Catherine tira la dague de son fourreau de velours. L'épervier de la poignée trouva sa place tout naturellement au creux de sa main. C'était une vieille amie... la fidèle compagne des jours noirs et des heures dangereuses. Souvent en caressant à sa ceinture sa forme familière, Catherine avait senti sa peur s'envoler, son courage renaître parce qu'elle représentait le dernier recours, la dernière porte du salut. Mais à l'heure du pire désho

Un rayon du pâle soleil d'hiver éclos, comme une fleur des neiges, au matin de ce jour de Noël, fit luire l'acier bleu de la lame dont, d'un doigt précautio

Elle n'avait pas peur. La mort, elle l'avait rencontrée si souvent qu'elle lui était devenue familière. En mettant fin à ses jours elle allait mettre en péril du même coup le salut de son âme, mais elle ne s'y arrêtait même pas. Infinie justice, Dieu n'était-il pas aussi infinie miséricorde

? En outre, périssant de sa propre main, c'était Arnaud qu'elle protégeait d'un crime car, elle en était persuadée, le seigneur de Montsalvy n'épargnerait pas une épouse à ce point souillée. Il eût peut-être - et elle l'avait secrètement espéré - pardo

Pourtant, en quittant Dijon, elle avait désespérément souhaité mourir de sa main en échange du simple bonheur de le revoir une dernière fois. C'était, au fond, une réaction d'égoïsme, mais à ce moment-là elle ignorait quelle trace horrible le viol multiple avait laissée en elle. Le meurtre alors serait double et dans ce cas mieux valait le garder pour elle.

Bien sûr, c'eût été bon de mourir à Montsalvy, où d'ailleurs sa vieille Sara possédait certainement le moyen de la délivrer. Mais comment y retourner avec ce poids de honte au creux de son corps ?

Comment poser sur les visages i